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L’Antirouille rouvre vendredi : le club underground change de mains

Le bar de l'Antirouille, salle de concert et club du 12 rue Anatole-France a Montpellier

Les enceintes du 12 rue Anatole-France se rallument ce vendredi 28 août. Fermée depuis le mois de juin, la salle de concert et discothèque de l’Antirouille, nichée à l’étage d’un immeuble proche des halles Laissac, repart avec une nouvelle équipe aux commandes. Les fêtards retrouveront le club dès ce week-end. Les concerts, eux, sont annoncés pour le début du mois d’octobre.

Deux mois de silence près des halles Laissac

L’arrêt avait laissé un vide dans les nuits montpelliéraines. En juin, l’association Hydroxyde a mis un terme à son aventure à la tête du lieu, qu’elle animait depuis plus de quinze ans selon La Gazette de Montpellier. Le répertoire Sirene la présente comme déclarée le 14 avril 2006, avec un siège au 12 rue Anatole-France et un code d’activité consacré aux arts du spectacle vivant.

L’adresse a une histoire longue. Une première structure baptisée Antirouille Spectacles y avait été immatriculée le 15 juillet 1993, avant d’être radiée du répertoire en mars 2003. Le lieu a d’abord vécu comme café-concert, puis a accueilli du spectacle vivant, avant de devenir à partir de 2010 cette salle de concert où les soirées glissaient vers l’ambiance club, rappelle Midi Libre. Sa jauge plafonne à 200 personnes. L’immeuble se dresse entre la place Saint-Denis et la place Laissac.

L’Antirouille, 12 rue Anatole-France, à Montpellier.

Le patron de l’Insane Festival aux manettes

Le repreneur n’est pas un inconnu du secteur. Lucas Defossé est le directeur général d’Apt Musique et développement, association désignée par son sigle AMD, qui organise l’Insane Festival. Ses deux dernières éditions se sont jouées à guichets fermés, indique Midi Libre. C’est cette structure qui a repris le fonds de commerce du club montpelliérain, précisait La Gazette de Montpellier fin juillet.

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Les données publiques dessinent le profil du nouvel opérateur. AMD a été déclarée le 20 décembre 2012, son siège figure au 5 rue de la Cathédrale à Apt, dans le Vaucluse. L’association relève de l’économie sociale et solidaire. Sa licence d’entrepreneur de spectacles est enregistrée comme valide au répertoire des entreprises.

Lucas Defossé connaît le lieu de l’intérieur. Arrivé à Montpellier en 1999, à 14 ans, il a fréquenté les premières années de la salle avant de basculer dans l’événementiel et de créer plusieurs soirées par an avec Vincent Minet, avec qui il a relancé la partie dub-reggaeton. La reprise ne figurait pourtant pas à son agenda : il raconte à Midi Libre avoir été sollicité par Florence Hubert et Vincent Minet, alors que d’autres personnes envisageaient d’en faire un club commercial.

« C’est un lieu qui ne pouvait pas s’arrêter »

« Il a une forte âme qu’il faut préserver. Nous souhaitons garder le nom et perpétuer son identité en poursuivant le travail avec les collectifs habituels. »

Lucas Defossé, directeur général d’AMD, à La Gazette de Montpellier

Deux nuits d’ouverture, puis le club trois soirs par semaine

Le week-end de réouverture sert de test grandeur nature. Ce vendredi, la soirée « I love disco » ouvre le bal avec du disco, de la house et du funk. Samedi, « Noname Mania » enchaîne sur de la trap, de l’afro et du R’n’B. Les deux nuits sont annoncées de minuit à 5 heures du matin.

La salle a dévoilé son calendrier le 20 août sur sa page Facebook. À compter du jeudi 3 septembre, elle basculera en régime de croisière, ouverte les jeudis, vendredis et samedis :

  • jeudi 3 septembre : Rigal K Birthday, électronique
  • vendredi 4 septembre : Dra Ma Traca, bass et club
  • samedi 5 septembre : Endless Love, disco, latin et house
  • jeudi 17 septembre : MTP Dub Club, dub et steppa
  • vendredi 18 septembre : Magie Noire, avec Admo en live
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L’annonce de la programmation publiée le 20 août par l’Antirouille sur sa page Facebook.

Sur les tarifs, l’affiche officielle annonce le jeudi gratuit et une fourchette de 5 à 10 € les vendredis et samedis, une grille que reprend Midi Libre. La billetterie Shotgun affiche pour sa part 11 € pour chacune des deux nuits d’ouverture, puis 5,99 € sur les soirées de septembre. Quant aux concerts, absents de la reprise estivale, La Gazette de Montpellier situe leur retour au début du mois d’octobre.

Une reprise dans un secteur qui vacille

Le nouveau gérant ne cache pas la fragilité du modèle. Il décrit à Midi Libre une salle qui ne dégage pas de bénéfices et qu’on ne peut pas agrandir. Il assume avoir repris les clés pour préserver l’identité du lieu. Quelques ajustements sont prévus du côté du bar et de la sécurité à l’entrée.

« Les budgets et les subventions fondent. Les gens sortent de moins en moins, surtout dans les lieux alternatifs. On le voit à l’Antirouille depuis quelques années. »

Lucas Defossé, directeur général d’AMD, à Midi Libre

Le diagnostic résonne avec les difficultés d’autres scènes de la ville. En juin, le conseil municipal de Montpellier votait une aide de 40 000 € au Rockstore, salle historique de la rue de Verdun fragilisée depuis la crise sanitaire, dont l’activité nocturne reposait largement sur la partie discothèque. Au printemps, la municipalité confirmait le maintien de la Halle Tropisme sur son site actuel, autre pilier de la scène alternative locale.

Lucas Defossé prévient qu’il n’est pas là pour accomplir de miracle. Son objectif tient en une phrase : maintenir à flot un lieu auquel son équipe est attachée. Il se dit prêt à passer la main le jour où un plus jeune voudra reprendre le flambeau. Rendez-vous est pris ce vendredi soir, rue Anatole-France.

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