Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Négociant en or séquestré à Montpellier : dix-huit jours de captivité, 500 000 € envolés

Vue du village de Plaissan, dans l'Hérault, entouré de vignes

Un négociant en or de Montpellier a passé dix-huit jours aux mains de ses ravisseurs, pour l’essentiel enfermé dans un pavillon d’un village de l’Hérault. Il a été libéré le 22 septembre par la brigade de recherche et d’intervention. Ses bureaux ont été vidés, son domicile dépouillé, ses comptes ponctionnés : le préjudice est estimé à environ 500 000 €. Deux jeunes femmes ont été interpellées sur place, le commanditaire présumé à Paris.

Un rendez-vous manqué à Anvers met la police sur la piste

Tout commence loin de la capitale héraultaise. Le 17 septembre, un négociant en métaux précieux installé à Anvers s’étonne de l’absence de son interlocuteur montpelliérain à un rendez-vous d’affaires important. L’alerte remonte jusqu’à la police judiciaire de Montpellier, qui se rend dans les bureaux du disparu.

Ces locaux se trouvent discrètement installés dans une résidence du quartier Millénaire, dans la partie est de la ville. Les voisins y racontent une scène étrange. Quelques jours plus tôt, un homme disposant des clés ainsi que des badges d’accès avait emporté le contenu des locaux et celui du coffre-fort, puis repris sa voiture. « Le patron a fait un AVC, il ne reviendra pas », leur avait-il annoncé.

Le domicile du sexagénaire est retrouvé vide et en désordre. Les enquêteurs vérifient qu’aucun billet de train n’a été acheté pour la Belgique. Sa ligne, en revanche, a borné du côté de Paris, une ville qu’il ne fréquente pas. Des prélèvements réalisés dans les bureaux permettent d’identifier un premier suspect, dont le téléphone est placé sous surveillance.

READ  Lauriane Alomene, cheffe d'état-major de la police de l'Hérault

Un rendez-vous avec une cliente, puis le transfert vers Plaissan

L’exploitation des communications fait apparaître plusieurs contacts privilégiés. Au moment de la disparition, ils mènent tous vers Mauguio dans un premier temps, ensuite vers une maison de Plaissan. Ce village de l’arrondissement de Lodève se situe à 42,5 kilomètres de Montpellier par la route selon nos calculs, soit une quarantaine de minutes de trajet.

Le commerçant situe son enlèvement au 4 septembre, à l’issue d’une mise en scène préparée. Une cliente l’avait convié à un rendez-vous en promettant une grosse acquisition de bijoux. Il l’a suivie au volant jusqu’à une maison de Mauguio, à moins de douze kilomètres de ses bureaux du Millénaire. Sur place, il a été frappé ; sa mallette, son ordinateur et ses clés lui ont été pris.

Dans la nuit, un sac sur la tête, il est transféré jusqu’à Plaissan. Il y sera retenu dans une pièce aux volets clos, « nourri une fois par jour, avec l’autorisation de se laver mais dans un temps chronométré », selon son récit aux policiers. Pendant ce temps, ses ravisseurs se rendent à son domicile et raflent l’ensemble de ses valeurs.

Dix-huit jours de captivité, deux interpellations sur place

Le 22 septembre, la BRI investit le pavillon et interpelle deux jeunes femmes chargées de surveiller les lieux et l’otage. Entre l’enlèvement du 4 septembre et cette intervention, dix-huit jours se sont écoulés. Cinq jours seulement séparent l’alerte venue de Belgique de la libération.

« Il était hagard, le visage tuméfié, dans un état de fatigue avancé », décrit une source judiciaire citée par Midi Libre, qui a révélé l’affaire. Le sexagénaire a été brièvement hospitalisé. Cardiaque, il a expliqué en substance aux policiers ne pas avoir cherché à résister et s’être mis en mode survie.

READ  Grève du zèle au tribunal de Montpellier : quatre avocats pour un seul prévenu

L’appât devant la cour d’appel, le commanditaire arrêté à Paris

Ce mardi 6 octobre, la jeune femme qui avait servi d’appât s’est expliquée devant la cour d’appel de Montpellier. Devant les magistrats, elle a décrit un rôle qu’elle pensait limité.

« Pour moi, c’était une histoire qui ne devait durer qu’une heure, je devais rester dans la voiture »

La jeune femme qui a servi d’appât, devant la cour d’appel de Montpellier

Elle ajoute : « j’ai eu peur pour la vie de ma famille ». Son avocat, Me Rémi Bertrand, l’a confirmé à Midi Libre : « Elle a elle-même agi sous la contrainte et dans la crainte de représailles ». Le donneur d’ordre supposé a quant à lui été interpellé à Paris, de même qu’un autre protagoniste. Les mises en détention concernent plusieurs mis en cause, aussi bien dans l’Hérault qu’à Paris.

La juridiction héraultaise est dirigée, côté parquet général, par Eric Mathais, installé procureur général le 1er septembre. Le magistrat a succédé à Jean-Marie Beney, parti fin juin après sept années à la tête du parquet général montpelliérain.

Un butin en or, en bijoux et en virements bancaires

Le préjudice mêle plusieurs formes de dépouillement. Le stock d’or et les pièces anciennes du négociant ont disparu. Une partie du butin dérobé était constituée de bijoux ainsi que de pièces d’or. Plusieurs dizaines de milliers d’euros ont également quitté ses comptes bancaires par virements, pour un total estimé à environ 500 000 €.

Ce type d’affaire reste difficile à mesurer statistiquement. La base communale du service statistique du ministère de l’Intérieur recense quinze indicateurs pour Montpellier, sans catégorie dédiée aux enlèvements suivis d’extorsion. L’indicateur le plus proche, les vols avec armes, totalise 77 infractions enregistrées en 2025 dans la commune, contre 98 l’année précédente.

READ  Fusillade à Montpellier : tirs en rafale à l'Aiguelongue

Les locaux professionnels ont déjà été visés ailleurs dans la métropole. Un homme de 35 ans avait ainsi été interpellé à Lattes en avril pour une quinzaine de cambriolages visant quasi exclusivement des locaux professionnels et associatifs. Les suites judiciaires de la séquestration du négociant montpelliérain restent attendues.