Les Montpelliérains pourront bientôt souscrire leur assurance habitation par l’intermédiaire de leur mairie. Le conseil municipal a adopté à l’unanimité, mardi 6 octobre, l’ouverture d’une consultation sous la forme d’un appel à manifestation d’intérêt pour désigner l’organisme qui portera cette multirisque habitation communale. Le dispositif est porté par le nouvel Office municipal du pouvoir d’achat.
Un achat groupé pour peser face aux assureurs
Le mécanisme repose sur le regroupement de la demande. La municipalité se présentera en négociateur unique devant les compagnies, avec pour objectif d’obtenir un prix et un niveau de protection hors de portée d’un souscripteur isolé, rapporte le quotidien régional Midi Libre. L’Essentiel Montpellier formule la même ambition autrement : rassembler la demande des habitants pour arracher des tarifs préférentiels.
Le cahier des charges esquissé par la municipalité réclame un socle de garanties complet. Y figurent les incendies, les dégâts des eaux, les vols, les catastrophes naturelles, la responsabilité civile et l’assistance habitation. La collectivité exige aussi un point d’accueil physique à Montpellier, une souscription simple et un excellent rapport qualité-prix. La séance du 6 octobre, qui comptait 107 affaires à l’ordre du jour, a duré près de six heures d’après le compte rendu d’Actu.fr.
Le calendrier reste suspendu à cette consultation. Les candidats ont jusqu’au 4 janvier pour déposer un dossier selon Midi Libre, soit un délai de 89 jours à compter de ce mercredi. Le projet doit ensuite être présenté au conseil métropolitain, l’offre visant les habitants de Montpellier ainsi que ceux de sa métropole.
Un niveau de vie médian de 1 787 euros par mois
La conseillère municipale Julie Frêche, déléguée à l’Office du pouvoir d’achat et troisième vice-présidente de la Métropole d’après sa fiche officielle, justifie le dispositif par la situation sociale de la commune. Elle avance un revenu médian de 1 787 euros et un taux de pauvreté de 31 % dans les colonnes de Midi Libre.
Ces deux chiffres résistent à la vérification. Le dernier millésime du fichier Filosofi de l’Insee, portant sur 2023, établit le niveau de vie médian de la commune à 21 440 euros par an, soit 1 786,67 euros par mois une fois divisé par douze. Le taux de pauvreté au seuil de 60 % de la médiane y est mesuré à 30,9 %.
La comparaison nationale mérite une nuance. Sur le même dispositif statistique, la médiane de France métropolitaine et de La Réunion s’établit à 25 840 euros par an : l’écart avec Montpellier atteint 4 400 euros sur l’année, soit 367 euros par mois plutôt que les 400 euros cités par l’élue. La différence la plus parlante tient ailleurs. Avec 16,2 % au niveau national, la pauvreté touche à Montpellier une part de la population proche du double.
« C’est un sujet qui concerne tout le monde, même ceux qui travaillent, payent tout au prix fort et pour qui le coût de la vie est devenu insupportable. »
Julie Frêche, conseillère municipale déléguée à l’Office du pouvoir d’achat, dans Midi Libre
L’élue a par ailleurs rejoint le Palais du Luxembourg le 27 septembre, élue sénatrice de l’Hérault en deuxième position sur la liste d’Hussein Bourgi. Les projections de hausse qu’elle cite pour défendre le projet proviennent de Que Choisir Ensemble, l’antenne montpelliéraine de l’UFC qui a fêté ses cinquante ans en septembre : +13 % sur les tarifs en 2025 et jusqu’à +11 % en 2026.
La mutuelle communale, un modèle à 6 700 adhérents
L’Office du pouvoir d’achat ne part pas de rien. La Ville applique depuis octobre 2024 la même mécanique à la complémentaire santé, avec une mutuelle communale confiée au groupe Mutuelle familiale et une agence au 44 place du Millénaire. Midi Libre dénombrait 6 700 adhérents en juin dernier, pour une cible de 30 000 personnes à terme.
Les conditions obtenues sur ce premier contrat donnent une idée de ce que la municipalité ira chercher sur l’habitation. La fiche officielle du dispositif détaille quatre paniers de soins, des tarifs gelés jusqu’au 31 décembre 2026 sous réserve de l’évolution de l’Ondam, l’absence de questionnaire médical, de droit d’entrée et de délai de carence, une cotisation offerte à partir du troisième enfant ainsi qu’une ouverture aux étudiants et aux agents de la Ville, de la Métropole et du CCAS même non-résidents.
Le renouvellement de cette mutuelle pour la période 2027-2029 a été voté à l’unanimité au conseil municipal du 16 juin, rapporte le média local Le Poing. Michaël Delafosse annonçait déjà la suite en juin dans Midi Libre. Le maire y relevait que la multirisque habitation est obligatoire pour occuper un logement.
« Pour celui qui doit décider en fonction du prix, la couverture est souvent très peu qualitative et vous le découvrez quand vous devez déclarer un sinistre »
Michaël Delafosse, maire de Montpellier, dans Midi Libre
Deux dates de lancement selon les comptes rendus
Reste une incertitude sur l’entrée en vigueur. Midi Libre situe l’ouverture des souscriptions au 1er juin 2027 quand Actu.fr écrit que la Ville cherche un organisme pour proposer l’assurance « dès le 1er avril 2027 ». Les deux comptes rendus portent sur la même séance et sur la même délibération.
Aucun document municipal ne permettait de trancher au moment de la publication de cet article. La plateforme en ligne qui héberge les délibérations du conseil municipal refuse l’accès à ses données hors session authentifiée. La séance est en revanche consultable dans son intégralité, la Ville diffusant chaque conseil sur sa chaîne officielle.
D’autres délibérations de la même séance touchaient au portefeuille des habitants. Les élus ont renouvelé le Bouclier Enfance destiné notamment aux modes de garde en horaires atypiques, adopté le budget supplémentaire 2026 et validé une trajectoire de souveraineté numérique, selon L’Essentiel Montpellier. Le prochain conseil municipal est fixé au mardi 8 décembre.















