Ils étaient 300 à 400 dans la nuit de samedi 10 à dimanche 11 octobre, réunis pour des rodéos motorisés sur le parking de Carrefour Grand Sud, à Lattes. L’arrivée des policiers a fait basculer la soirée : tirs de mortiers d’artifice, puis jets de projectiles sur les fonctionnaires. L’un d’eux a été légèrement touché et cinq interpellations ont été recensées.
Une foule en cercle autour des voitures
L’alerte est remontée aux policiers à 1 h 50, indique la préfecture de l’Hérault dans un communiqué publié dimanche. À leur arrivée, les équipages tombent sur des centaines de spectateurs massés en anneau autour de voitures lancées dans des drifts.
Tout dérape en quelques minutes. Des mortiers d’artifice partent en l’air, puis une fraction du public marche sur les fonctionnaires et les prend pour cible. Les policiers répliquent avec des moyens de maintien de l’ordre.
Une pierre a atteint le policier à la jambe. Un véhicule de la police a lui aussi été abîmé, selon des sources policières citées par ICI Hérault. À la sortie de la zone commerciale, une voiture a été contrôlée : un couteau chez l’un des passagers, une carabine munie d’une lunette et d’un silencieux chez le conducteur.
Des véhicules pistés depuis Saint-Jean-de-Védas
Les policiers n’ont pas découvert ce rassemblement par hasard. D’après une source policière citée par ICI Hérault, ils savaient dès le jeudi qu’un « run sauvage » pouvait se tenir dans l’Hérault ce samedi soir.
Les participants se retrouvent d’abord en début de soirée dans la zone commerciale de Saint-Jean-de-Védas. Des dizaines de véhicules sont ensuite signalés près de Béziers puis sur l’aire d’autoroute de Mèze. Les policiers surveillaient pourtant les abords du Carrefour de Lattes dès 22 heures. Le cortège n’a rejoint Lattes que vers 1 h 30.
Les voitures ont été garées aux abords de la zone commerciale et c’est à pied que les participants ont rejoint le parking. Des chariots de supermarché couchés au sol délimitaient les cercles à l’intérieur desquels les véhicules dérapaient. Tous les effectifs de nuit de Montpellier ont été envoyés sur place, appuyés par des renforts venus de Sète, d’Agde et de Béziers. L’opération s’est achevée vers 3 h 30.
👮➡️Face à la gravité des évènements qui ont eu lieu sur le parking du centre commercial de Lattes dans nuit de samedi 10 au dimanche 11 octobre, la préfète de l'#Hérault condamne avec la plus grande fermeté les violences contre les forces de l’ordre.
— Préfète de l'Hérault 🇫🇷 (@Prefet34) October 11, 2026
❗️ Dans la nuit du samedi… pic.twitter.com/5gLDVuMLrX
« Les services de l’État restent pleinement mobilisés pour prévenir ces rassemblements interdits, garantir la sécurité des personnes et faire respecter l’ordre public. »
Communiqué de la préfecture de l’Hérault, dimanche 11 octobre 2026
Un parking sous arrêté préfectoral depuis 2025
Le site n’a rien d’une découverte pour les services de l’État. Un arrêté préfectoral du 18 septembre 2025 y proscrit le stationnement lié à ces rassemblements chaque vendredi et chaque samedi, entre 18 heures et 3 heures du matin. Le rassemblement de samedi s’est donc noué à l’intérieur de cette plage horaire de neuf heures.
Cette mesure succédait à une première interdiction annoncée fin juillet 2025. Elle bannissait alors tout stationnement et toute circulation sur les parkings de Carrefour Grand Sud, à Lattes comme à Pérols, les vendredis et samedis de 18 heures à minuit, sans fermer l’accès aux clients du centre commercial.
Les précédents s’accumulent sur ce parking. Le 30 mars 2025, des centaines de participants y avaient déjà troublé l’ordre public. Un refus d’obtempérer puis des jets de projectiles avaient conduit les policiers à sortir le lacrymogène ainsi que des armes de force intermédiaire. Un fonctionnaire était ressorti blessé de cette nuit-là. Le 8 août 2026, des vidéos diffusées sur internet montraient des participants répandant un liquide inflammable au sol pour faire traverser un « mur de flammes » aux voitures engagées. Des engins pyrotechniques avaient aussi été allumés tout près d’une station-service. Ces débordements ne sont pas propres à Lattes : en avril, un cortège de mariage avait bloqué l’A709 à Montpellier et la cérémonie civile avait été annulée par la mairie.
Des peines alourdies depuis le 20 août
Le cadre pénal a changé cet été. Depuis le 20 août 2026, l’article L236-1 du code de la route, modifié par la loi du 18 août 2026, punit le rodéo motorisé de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. La loi du 3 août 2018 qui avait créé ce délit prévoyait un an de prison et 15 000 euros.
Les faits commis en réunion montent désormais à trois ans et 45 000 euros, contre deux ans et 30 000 euros jusqu’à cet été. Le texte autorise aussi l’enlèvement du véhicule en vue de sa confiscation et ouvre la voie à une amende forfaitaire de 800 euros, ramenée à 640 euros dans sa version minorée ou portée à 1 600 euros dans sa version majorée. Le plafond grimpe à cinq ans et 75 000 euros quand au moins deux circonstances aggravantes se cumulent, comme la conduite sous stupéfiants, l’état alcoolique ou l’absence de permis.
Reste à savoir ce que donneront les suites judiciaires. La préfecture fait état de cinq interpellations sans garde à vue à l’issue de l’intervention. ICI Hérault rapporte de son côté, toujours selon des sources policières, qu’un homme cagoulé arrêté alors qu’il quittait les lieux à pied a bien été placé en garde à vue. Les Montpelliérains et les habitants de la métropole, eux, ont déjà vu ce scénario se répéter : une Porsche lancée à 175 km/h dans les rues de la ville avait mobilisé la police en août.















