Les artisans, les infirmières et les médecins qui interviennent dans le cœur piéton de Montpellier pourront laisser leur véhicule une journée entière pour 2 € dans les parkings Comédie et Gambetta. La Métropole lance ce forfait le 1er novembre, pour une expérimentation de six mois, à la demande des organisations professionnelles. Des places seront aussi réservées aux véhicules utilitaires dans les deux ouvrages.
Deux euros la journée, du lundi au vendredi
C’est Julie Frêche qui a porté le dossier devant les élus métropolitains réunis mardi 13 octobre. Le forfait de 2 € TTC s’appliquera les cinq jours ouvrés de la semaine, entre 8 h et 19 h, dans deux ouvrages exploités par la société publique locale TaM : Comédie puis Gambetta.
La liste des bénéficiaires couvre l’essentiel des métiers qui se déplacent chez l’habitant. Infirmières, aides-soignants, médecins de garde, artisans du bâtiment, plombiers et électriciens figurent parmi les professions dites mobiles citées par la Métropole. Les intéressés devront d’abord demander l’ouverture de leurs droits auprès de TaM puis créer un profil dans le système M’Ticket, la même démarche que pour le stationnement sur voirie. D’après Midi Libre, les détenteurs d’un profil déjà valide n’auront qu’à faire reconnaître leur qualité professionnelle au personnel de l’ouvrage.
« Cela accompagne toute la stratégie de logistique urbaine et participe aux dispositifs que nous expérimentons en soutien du dynamisme du centre-ville. »
Julie Frêche, 3e vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole déléguée aux mobilités
Le code de la route interdit de se garer en aire piétonne
La mesure répond à une contrainte réglementaire que les professionnels connaissent bien. Montpellier compte plusieurs aires piétonnes : l’Écusson, Antigone, Celleneuve, Richter, Port Marianne et Odysseum. Le code de la route y interdit le stationnement, seul un arrêt limité dans le temps restant possible pour les véhicules autorisés, rappelle la Ville dans sa notice officielle. Un véhicule motorisé qui circule ou se gare sans autorisation s’expose à une amende pouvant atteindre 135 €.
Les autorisations existantes laissent peu de marge à un chantier qui dure. Celle qui couvre un chantier, délivrée par le bureau de gestion des aires piétonnes installé rue Durand, plafonne l’accès à quinze jours renouvelables, avec deux heures le matin puis deux heures l’après-midi. Un artisan mobilisé une journée entière chez un particulier dépasse donc ce cadre horaire.
Le stationnement de surface n’offrait pas davantage de solution dans ce périmètre. La Ville a bien créé un forfait voirie « Professionnel ». Il s’adresse toutefois aux seuls salariés dont l’entreprise se situe dans une zone payante de Montpellier, l’Écusson étant explicitement exclu du dispositif. Le nouveau forfait, lui, porte sur deux parkings en ouvrage.
Deux places réservées sur plus de onze cents
La capacité mobilisée reste modeste au regard de la taille des deux parkings. Le parking Comédie offre 667 places pour les voitures ainsi que 55 emplacements motos, celui de Gambetta 470 places, selon le recensement publié par la Ville. Les deux ouvrages totalisent donc 1 137 places selon ce décompte.
Sur cet ensemble, chaque ouvrage doit consacrer deux emplacements aux utilitaires d’artisans d’après Midi Libre, pour leur permettre de charger puis de décharger plus facilement. Le compte rendu d’actu.fr évoque pour sa part deux places sans préciser si le chiffre vaut par ouvrage. Le forfait à 2 € vise pour sa part l’ensemble des professions dites mobiles, précise actu.fr. Le centre-ville compte sept parkings TaM au total : celui de Saint-Roch a vu sa capacité vélo passer de 200 à 420 places en septembre.
Un bilan attendu au printemps
L’expérimentation vient d’une proposition de la CAPEB, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment. Michaël Delafosse a évoqué devant le conseil les échanges menés avec le président de l’organisation pour monter le dispositif. « On aide nos artisans », a résumé le président de la Métropole, qui a ajouté selon actu.fr que la formule serait prolongée si elle fonctionne. La délibération est passée à l’unanimité, les élus insoumis ayant voté pour eux aussi, rapporte Midi Libre.
Le bilan se fera au bout de six mois avec l’exploitant. Il doit décider de la poursuite de l’offre puis, le cas échéant, fixer les conditions de sa pérennisation dans la grille tarifaire des parkings. Le test se joue dans un centre-ville où le taux de vacance commerciale relevé par le cabinet Codata est monté de 10,4 % à 11,1 % en un an.
Le vote avait une résonance particulière pour Julie Frêche. Il s’agissait du dernier dossier qu’elle portait au titre de sa délégation aux mobilités, avant de rejoindre le Sénat où elle a été élue le 27 septembre. La même séance l’a vue défendre le prolongement du tramway jusqu’à l’aéroport Montpellier-Méditerranée, chiffré à 70 ou 80 millions d’euros par une première estimation.















