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Sécheresse dans l’Hérault : 3,36 millions d’euros de dégrèvement fiscal pour les agriculteurs

Vignoble de muscat de Frontignan dans l'Hérault, au-dessus de l'étang d'Ingril

L’État accorde 3 360 318 euros de dégrèvement de taxe foncière aux exploitants agricoles de l’Hérault frappés par un été 2026 de canicule et de manque d’eau. La viticulture capte près de 60 % de cette enveloppe, sur des parcelles réparties dans 241 communes du département. Les avis partiront début novembre, pour un solde à régler au plus tard le 15 novembre.

Près de deux millions d’euros pour la seule viticulture

Sur décision conjointe de la préfecture de l’Hérault et des services départementaux des Finances publiques, une procédure collective a été enclenchée sur la taxe foncière des propriétés non bâties. Elle couvre une fraction des récoltes perdues cette année dans le département, au fil d’un été marqué par la canicule, l’absence de pluie et les incendies.

La filière viticole est de loin la première servie. Elle recevra 1 994 164 euros de dégrèvements, pour des parcelles situées dans 241 communes héraultaises. Pâturages, prés, terres cultivées et vergers se partagent 1 366 154 euros. L’addition des deux volets porte l’effort de l’État à 3 360 318 euros, dont 59,3 % vont donc aux vignes.

La campagne viticole 2026 restera dans les annales. Au 1er septembre, le service statistique du ministère de l’Agriculture estimait la récolte française à près de 34 millions d’hectolitres, en retrait de 6 % sur un an. L’écart grimpe à 17 % face à la moyenne des cinq campagnes précédentes. Agreste y voit une des plus faibles vendanges des trente dernières années. Seuls les vins IGP, très majoritairement produits en Languedoc-Roussillon, échappent à la baisse annuelle, tout en restant 7 % sous leur moyenne quinquennale.

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Des taux arrêtés commune par commune

Le dégrèvement ne s’applique pas uniformément. Les services de l’État ont retenu un taux de perte de récolte par type de culture, affiné commune par commune pour la vigne. Les niveaux annoncés sont les suivants :

  • Vignes : de 10 % à 50 % selon la commune
  • Vergers : 31 %
  • Terres cultivées : 38 %
  • Prés et pâturages : 51 %

Un cas particulier concerne les terres louées, nombreuses dans le vignoble languedocien. Lorsque la réduction bénéficie au propriétaire bailleur, celui-ci doit la reverser au fermier qui cultive réellement la parcelle, en application de l’article L. 411-24 du code rural. La mention figure sur l’avis de dégrèvement lui-même, précise le ministère de l’Agriculture.

Une mesure réclamée depuis l’été par la profession

Cette décision ne tombe pas du ciel. Elle referme une séquence ouverte à la fin du mois de juillet. Le 30 juillet, la Chambre d’agriculture de l’Hérault, dont le siège se trouve au Mas de Saporta à Lattes, lançait auprès des exploitants un recensement de leurs pertes de production, ouvert jusqu’au 30 septembre. L’objectif affiché était d’obtenir une mise en œuvre collective du dégrèvement plutôt qu’un traitement au cas par cas.

Le 4 août, la préfète Chantal Mauchet installait une cellule sécheresse départementale chargée de chiffrer les dégâts filière par filière. Notre article du 6 août revenait sur cette cellule de crise agricole réunie à la préfecture, qui associait les services de l’État, le Département, la chambre d’agriculture, la Mutualité sociale agricole et les syndicats.

Le 30 septembre, à la cave coopérative de Frontignan, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a essuyé les critiques des représentants héraultais sur la taille de l’enveloppe. Le président de la chambre d’agriculture, Jérôme Despey, jugeait les moyens insuffisants pour un département où « aucun secteur agricole n’est épargné », rapporte Midi Libre. Il demandait justement que le non-bâti soit exonéré de cette taxe foncière. La ministre a défendu un plan national de 1,3 milliard d’euros et promis des crédits supplémentaires.

« Nous avions gardé une réserve pour les régions qui ont particulièrement souffert comme l’Occitanie. J’en prends l’engagement. »

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, le 30 septembre à Frontignan

Le volet trésorerie du plan Casi avait déjà été ouvert. Sur son compte officiel, la préfète de l’Hérault chiffrait la dotation départementale du fonds de réarmement à 1,868 million d’euros, dont 315 000 euros strictement réservés aux exploitants touchés par les incendies. Le guichet est resté ouvert du 25 septembre au 11 octobre inclus.

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Un calendrier aménagé jusqu’au 15 novembre

Les exploitants concernés n’ont aucune formalité à accomplir pour que la réduction collective s’applique. Leur avis leur parviendra début novembre. Ils n’auront alors à régler que la différence entre le montant initial de la taxe foncière et la réduction accordée.

Pour laisser à l’administration le temps d’émettre ces avis, l’échéance de paiement glisse d’un mois par rapport aux années ordinaires et tombe le 15 novembre 2026. Les agriculteurs qui paieront avant cette échéance échapperont aux majorations sans avoir à solliciter de report. Un exploitant mensualisé ou prélevé à l’échéance sera remboursé d’office.

Reste le cas des exploitations les plus durement frappées. Quand le préjudice dépasse le barème moyen fixé sur la commune, l’exploitant garde la possibilité de réclamer un complément à titre individuel auprès de la DDFiP, via un formulaire simplifié. Les restrictions d’eau, elles, ont accompagné la fin de l’été jusque sous les fenêtres des Montpelliérains : le 24 septembre, le bassin du Lez et de la Mosson basculait en alerte sécheresse, pour un arrêté préfectoral qui produit ses effets jusqu’au 31 octobre.