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Fac de sciences de Montpellier : la police évacue le bâtiment 36, six gardes à vue

Agents nettoyant au jet haute pression un mur de batiment universitaire couvert de peinture, policiers en arriere-plan

Le foyer de la contestation étudiante montpelliéraine a été vidé vendredi matin. Les forces de l’ordre sont intervenues sur le campus Triolet pour mettre fin à l’occupation du bâtiment 36 de la faculté des sciences, entamée le 6 octobre. Le parquet annonce six gardes à vue, un décompte que les médias présents sur place rapportent différemment. Les cours doivent reprendre lundi 2 novembre.

Une opération matinale, une quinzaine d’étudiants à l’intérieur

L’alarme incendie a résonné la première. Puis les policiers sont entrés dans le hall. Une dizaine de jeunes y passaient encore la nuit, raconte France 3 Occitanie. Midi Libre situe l’opération vers 9 h 30, le média local Le Poing à 9 h 50. Les deux titres évoquent une quinzaine d’occupants présents au moment de l’intervention.

Aux côtés d’une vingtaine de CRS, le dispositif réunissait des vigiles privés et des agents d’entretien, selon les témoignages recueillis par France 3. La préfecture de l’Hérault a confirmé la libération des locaux dans la matinée, rapporte Hérault Tribune. Tous les récits concordent sur un point : l’évacuation s’est déroulée sans heurts.

Un témoin cité par Hérault Tribune, étudiant présent sur place, décrit le réveil brutal.

« Une camarade nous a réveillés à 9h30 pour nous dire que les flics étaient entrés dans le hall du bâtiment »

Jules (prénom modifié), étudiant présent lors de l’intervention, cité par Hérault Tribune
Localisation : campus Triolet, place Eugène Bataillon, Montpellier

Six gardes à vue pour le parquet, quatre pour France 3

Le nombre de personnes emmenées au commissariat central varie d’une source à l’autre. Dans sa communication reprise par Hérault Tribune, le procureur de la République fait état de « six individus, tous majeurs et masqués », interpellés après avoir refusé de décliner leur identité, puis placés en garde à vue.

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Midi Libre compte également six interpellations et quatre gardes à vue seulement, pour des motifs que le quotidien attribue à la police : « visages dissimulés, identités imaginaires et dégradation ». France 3 Occitanie retient quatre jeunes interpellés et placés en garde à vue, dont un mineur selon des témoins sur place. Le Poing évoque quatre personnes. Le témoin d’Hérault Tribune, lui, a vu environ onze personnes arrêtées dans le hall, dont sept conduites au commissariat.

Un rassemblement de soutien aux personnes retenues a été appelé dans la foulée devant le commissariat central. Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) a apporté son soutien aux jeunes interpellés et appelé à ce rassemblement.

Le doyen invoque l’échec des négociations

Jean-Michel Marin, doyen de la faculté des sciences, s’est expliqué dans un courrier adressé aux personnels puis dans un message aux étudiants, deux textes cités par Midi Libre et France 3. Il y justifie le calendrier de l’opération.

« Le moment de cette intervention a été choisi avec le souci de limiter au maximum les risques de confrontation »

Jean-Michel Marin, doyen de la faculté des sciences de Montpellier

Le responsable affirme avoir poursuivi les discussions jusqu’aux derniers jours, « après la levée du blocage de l’entrée principale du campus », sans parvenir à obtenir le départ volontaire des occupants. Il dit regretter profondément que les choses en soient arrivées là et constate qu’« aucune issue négociée n’a pu être trouvée ». Les échanges portaient sur la mise à disposition de salles et sur les frais majorés imposés aux inscrits venus de pays hors Europe, selon Midi Libre. Le doyen juge les dégradations matérielles limitées, avec un état des lieux en cours.

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Les revendications des occupants dépassent largement ce cadre. Hérault Tribune et Le Poing en recensent plusieurs :

  • l’arrêt du partenariat entre l’Université de Montpellier et TotalEnergies
  • la fin des frais d’inscription majorés pour les inscrits de nationalité étrangère
  • la banalisation des cours les jours de mobilisation
  • la fin des accords avec des universités israéliennes
  • davantage de moyens pour l’enseignement supérieur et pour le Crous

Le premier point avait déjà fait bouger la direction : un nouveau vote sur la convention TotalEnergies avait été promis aux occupants le 19 octobre.

Des enseignants en colère, une mobilisation qui continue

L’intervention n’a pas apaisé le campus. Plusieurs enseignants et chercheurs entendent demander des explications à la présidence de l’université, rapporte Midi Libre. L’un d’eux dénonce un défaut d’information qui n’a pas permis de protéger les étudiants les plus exposés administrativement. Les mêmes voix décrivent une occupation qui a tenu exceptionnellement longtemps et créé un espace de politisation inédit dans l’institution, appréciation qui laisse la direction perplexe selon le quotidien.

Le SCUM met en cause la décision du président de l’Université de Montpellier, Philippe Augé, d’avoir fait appel à la police. Ce n’est pas la première fois : le 19 octobre, les forces de l’ordre étaient intervenues sur le campus Richter à sa demande, quand Triolet restait fermé toute la journée. Alban Dessouter, de Force ouvrière enseignement supérieur et recherche, dénonçait de son côté en conférence de presse l’entrée de la police dans les établissements d’enseignement.

« Cela ne va pas arrêter la mobilisation. Peut-être qu’on rebloquera l’établissement ! »

Un étudiant présent sur le campus, cité par France 3 Occitanie

Un témoin raconte au Poing que les fresques murales qui habillaient la façade du bâtiment ont été effacées au Karcher avant la fin de l’évacuation. Les équipes techniques travaillent tout le week-end sur le nettoyage et la remise en état, afin de permettre la reprise des enseignements lundi matin, jour de rentrée.

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Les étudiants mobilisés, eux, ne désarment pas et visent la journée de grève du 5 novembre. Une assemblée générale est convoquée lundi 2 novembre sur le campus Triolet, à 13 heures selon France 3, à 13 h 30 selon Le Poing. Ce même campus figurait comme point de départ du parcours proposé par les services de l’État pour le cortège de ce samedi, avant que la préfète de l’Hérault n’interdise la manifestation.