Les syndicats héraultais appellent à débrayer puis à défiler jeudi 5 novembre, avec sept rassemblements prévus dans le département. À Montpellier, deux lieux de rendez-vous circulent pour 14 heures selon les organisations qui les annoncent. La semaine de mobilisation s’ouvre dès ce lundi par des assemblées générales dans les facultés.
Sept rassemblements dans l’Hérault, deux adresses pour Montpellier
Sept organisations syndicales du département signent l’appel dans un communiqué daté du 27 octobre : CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Solidaires et FA. Le texte s’adresse aux agents publics comme aux salariés du privé. Chômeurs, jeunes et retraités sont eux aussi invités à débrayer puis à défiler jeudi. Les signataires disent vouloir franchir « une nouvelle étape » après la journée du 29 septembre, qu’ils jugent réussie.
Sept villes du département accueillent un point de ralliement ce jour-là :
- Bédarieux : 10 h 30, maison des syndicats
- Béziers : 10 h 30, Bourse du travail
- Sète : 10 h 30, place de la Mairie
- Clermont-l’Hérault : 11 heures, allée Roger-Salengro
- Ganges : 11 h 30, place de la Mairie
- Lunel : 11 h 30, place de la République
- Montpellier : 14 heures
L’adresse montpelliéraine, elle, varie d’une source syndicale à l’autre. Le communiqué intersyndical du 27 octobre, relayé par Hérault Tribune et par Tout Montpellier, fixe le rendez-vous place Albert-Ier. La carte nationale des mobilisations publiée par la CGT mentionne toujours cette adresse. Le compte X de l’union départementale CGT de l’Hérault a pourtant annoncé le 30 octobre un rendez-vous place Max Rouquette, aux Arceaux, tout comme le SNES-FSU de l’académie de Montpellier sur son site.
Les deux places se situent dans le secteur Centre, à environ 700 mètres l’une de l’autre selon les coordonnées d’OpenStreetMap. La place Albert-Ier est rattachée au quartier Boutonnet, la place Max Rouquette celui des Arceaux. Mieux vaut vérifier auprès de son organisation avant de se déplacer.
✊ #5NOVEMBRE : TOUS MOBILISÉS !#Bédarieux : 10h30 M. des syndicats#Béziers : 10h30 B. du travail#Clermont-l’Hérault : 11h00 A. Roger Salengro#Ganges : 11h30 Mairie#Lunel : 11h30 République#Montpellier : 14h00 P. Max Rouquette (Arceaux)#Sète : 10h30 Mairie#CGT #CGT34 ! pic.twitter.com/OE8otX71vc
— CGT-UD34 (@CGT34herault) October 30, 2026
Pouvoir d’achat et services publics, le socle des revendications
L’intersyndicale héraultaise veut voir s’ouvrir des discussions sur les rémunérations, au niveau des entreprises comme des branches professionnelles. Elle attend aussi des mesures contre les écarts de salaire entre femmes et hommes. Viennent ensuite une hausse des prestations sociales, des retraites et du salaire minimum, puis la revalorisation du point d’indice et celle des carrières, côté fonction publique.
Les mêmes signataires veulent des moyens supplémentaires pour les services publics, ainsi qu’une politique de planification écologique et industrielle. Trois chantiers sont cités en exemple : des transports collectifs décarbonés, la végétalisation urbaine, l’isolation des bâtiments. Le tract diffusé par l’union départementale CGT de l’Hérault chiffre à plus de 200 milliards d’euros par an les aides publiques aux entreprises et à plus de 60 milliards d’euros les sommes versées aux actionnaires du CAC 40 sur les six premiers mois.
Le communiqué s’arrête aussi sur l’arrêté qui a interdit la manifestation du samedi 24 octobre à Montpellier. Les syndicats y lisent un signal préoccupant pour les libertés publiques. Ils condamnent les violences et les dégradations tout en refusant qu’elles servent d’argument à des interdictions générales de défiler.
Chez Force ouvrière, un appel au calme après l’imbroglio du 24 octobre
Fin octobre, l’union départementale FO de l’Hérault s’était désolidarisée de l’appel à manifester le 24 octobre lancé par FO ESR 34, le syndicat de l’enseignement supérieur et de la recherche, un appel qu’elle jugeait « dangereux dans le contexte actuel ». Son secrétaire général Christophe Tursan appelait en revanche à manifester le 5 novembre.
« L’UDFO 34 mettra tout en œuvre pour que la manifestation du 5 novembre se passe dans de bonnes conditions et soit un succès. L’UDFO 34 souhaite une concertation avec les autres organisations syndicales et les autorités pour permettre une manifestation où seront entendues nos revendications. »
Christophe Tursan, secrétaire général de l’union départementale Force ouvrière de l’Hérault
Le secrétaire départemental de FO ESR 34, Luc Vallmitjana, avait de son côté assuré que son syndicat n’appelait pas à manifester ce 24 octobre et qu’il se joindrait au rassemblement du 5 novembre.
Des assemblées générales dès ce lundi dans les facultés
Le collectif étudiant montpelliérain Le Poing levé annonce une « semaine noire » à compter de ce lundi 2 novembre. Trois assemblées générales sont programmées dans la ville : à la faculté des sciences à 12 heures, au campus Paul-Valéry à 14 heures, puis au local Solidaires Lakanal à 18 h 30 pour une AG de coordination des grévistes.
Le collectif affiche un objectif clair, « organiser une rentrée de lutte depuis les lieux d’étude et de travail ». Il ajoute : « Alors que le Gouvernement et ses relais locaux cherchent à tuer le mouvement par la répression, organisons la riposte et étendons-la au monde du travail. » Cette rentrée universitaire coïncide avec la reprise des cours à la faculté des sciences, dont le bâtiment 36 a été évacué par la police vendredi matin après plus de trois semaines d’occupation.
Sur le plan national, l’organisation Lycéens! a appelé dimanche au blocus des lycées « dès lundi », son président Pierre Sourzat précisant que le mouvement serait « plus à partir de mardi ». L’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne, elles, appellent à bloquer lycées et universités mardi puis jeudi.
Trains et école, les secteurs qui ont annoncé la grève
Du côté ferroviaire, quatre organisations ont lancé leur appel le 15 octobre pour cette même date : la CGT-Cheminots, l’UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et la CFDT-Cheminots. Elles réclament des hausses de salaire générales, des primes revalorisées et un treizième mois étendu à tous les cheminots, titulaires comme contractuels.
Dans l’éducation, le SNES-FSU relaie l’appel national. Sa section de l’académie de Montpellier détaille ses mots d’ordre : les salaires, des recrutements « à hauteur des besoins », la fin de Parcoursup et du « lycée Blanquer », enfin un plan national de rénovation des bâtiments scolaires. Le syndicat insiste sur le calendrier, la mobilisation tombant pendant l’examen du budget au Parlement.
Un « acte IV » annoncé pour samedi
Sur leurs sites, les Gilets jaunes appellent à reconduire grèves et blocages le 6 novembre, puis à un « acte IV » le samedi 7 novembre « pour l’égalité réelle », avec des manifestations partout en France. Benjamin Ball, membre de la coordination nationale, plaidait fin octobre sur RMC pour « élargir le mouvement ».
À Montpellier, les deux derniers samedis de mobilisation ont été interdits par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet, deux arrêtés validés par le tribunal administratif. Le cortège du 31 octobre avait tout de même rassemblé jusqu’à 8 000 personnes selon le décompte de la préfecture, avant des heurts en fin de journée sur la place de la Comédie. Jeudi, la manifestation est annoncée pour 14 heures. L’adresse exacte reste à confirmer auprès des organisateurs.














