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Corum de Montpellier : des grilles posées en urgence pour empêcher que les dalles servent de projectiles

Barrieres metalliques installees devant un parvis en dalles, avec des palettes de pierres et un chantier en arriere-plan

Des grilles métalliques sont installées en urgence ce samedi 7 novembre autour du Corum. Objectif affiché par la Ville : mettre hors de portée les dalles stockées près du chantier du palais des congrès. Le maire Michaël Delafosse présente le dispositif comme exceptionnel et temporaire.

Des grilles posées sans communication préalable

L’installation est pour le moins inhabituelle. Des grilles en fer sont montées ce samedi autour du palais des congrès montpelliérain, une opération menée dans l’urgence qui n’avait fait l’objet d’aucune annonce. Sollicité par Midi Libre, le maire de Montpellier et président de la Métropole en a livré la raison : éviter que des pierres du chantier ne soient ramassées puis lancées.

« Il y avait à plusieurs reprises des stocks de pierres qui avaient été faits à proximité du Corum et une volonté de prendre ces dalles, compte tenu du chantier que nous menons », a expliqué l’édile au quotidien régional. Le chantier anti-inondations mené autour du bâtiment y a laissé des matériaux. Les grilles ont notamment été dressées sur l’allée des Républicains espagnols, dans le quartier des Beaux-Arts.

L’allée des Républicains espagnols, à proximité immédiate du Corum, dans le quartier des Beaux-Arts à Montpellier.

Le parvis déjà pris pour cible le 31 octobre

La précaution ne sort pas de nulle part. Le parvis situé devant l’entrée du Corum a été pris pour cible le samedi 31 octobre. Plusieurs dalles y ont été arrachées ou brisées et les mobilisations à répétition ont fait céder plusieurs vitres du bâtiment, rapportait Midi Libre le 2 novembre. Le secteur avait alors été mis en sécurité par des barrières.

Dans son communiqué, la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet indiquait que « les casseurs ont tenté d’ériger des barricades dans les secteurs Corum / Beaux-Arts ». Selon les informations transmises par la police le dimanche 1er novembre et rapportées par le quotidien régional, treize personnes avaient été interpellées à l’issue de cette journée, dont dix placées en garde à vue. Le cortège du 31 octobre, interdit par arrêté préfectoral, avait réuni jusqu’à 8 000 personnes selon la préfecture.

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Un centre-ville placé sous arrêtés préfectoraux

Aucune manifestation n’avait, à l’heure du communiqué, été déclarée à la préfecture pour ce samedi à Montpellier. Des appels à rassemblement circulant sur les réseaux sociaux, la préfète annonce malgré tout « un dispositif de sécurité renforcé ainsi que plusieurs mesures de police administrative », dans un communiqué daté du 6 novembre. Elle a décidé d’interdire « les rassemblements et attroupements de personnes dans le centre de Montpellier » de 8 heures à 22 heures.

Une seconde interdiction court de 6 heures à minuit, sur un périmètre élargi à plusieurs communes héraultaises dont Montpellier. Y sont visés le port comme le transport, sans motif légitime, d’équipements de protection individuelle. Le communiqué énumère « masques à gaz, masques filtrants, lunettes de protection de type masque de ski ou de chantier, casques de protection, genouillères et coudières tactiques ». Mêmes horaires pour les artifices, les articles pyrotechniques, le jerrican de carburant, l’acide, l’alcool ménager et tout produit inflammable ou chimique.

Les arrêtés permettant aux forces de sécurité de filmer par drone sont reconduits pour la journée, dans différents secteurs des zones police et gendarmerie. Des unités de forces mobiles viendront épauler policiers et gendarmes du département, aux côtés de militaires de l’opération Sentinelle, à Montpellier comme à Béziers. La préfecture prévient que « les terrasses extérieures et les objets susceptibles d’être utilisés pour des exactions seront retirés ».

« Un mal nécessaire » selon le maire

Michaël Delafosse tient à circonscrire la portée de la mesure. L’Esplanade Charles-de-Gaulle reste accessible et aucun tri des manifestants n’est prévu, assure-t-il au quotidien : « Surtout pas. » Le maire dit viser la protection des commerces ainsi que celle des personnes présentes, dans une ville dont le centre ancien a connu plusieurs samedis de dégradations.

« Je ne veux pas que ça serve à casser des vitrines de commerces, ni qu’un policier se prenne un projectile, ou d’ailleurs un manifestant par un écervelé. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier

L’élu décrit un dispositif « exceptionnel et temporaire », qu’il résume d’une formule : « C’est un mal nécessaire. » La Ville en règlera la facture. Deux jours plus tôt, il défilait en tête du cortège du 5 novembre, que la préfecture a chiffré à environ 3 200 participants.

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Un palais des congrès fermé depuis le 5 octobre

Les grilles s’ajoutent à une situation déjà dégradée. Le Corum est fermé au public par un arrêté municipal depuis le 5 octobre, après les pluies du 30 septembre qui avaient provoqué d’importantes infiltrations. Dans l’état des lieux rapporté le 2 novembre par Midi Libre, plusieurs espaces de travail demeuraient inutilisables ou sous restrictions pour l’Opéra national et pour l’Orchestre national Montpellier Occitanie.

Le maire tablait le 9 octobre sur « deux à trois mois au moins » de fermeture et chiffrait à 40 M€ le budget de rénovation du bâtiment, au regard d’une « vétusté bâtimentaire » qu’il reconnaît. Le calendrier des interventions et leur coût définitif restent à préciser par la Métropole, tout comme les conditions de remise en état du parvis.