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Airbnb illégal à Montpellier : deux propriétaires condamnés à 11 000 euros d’amendes

Vue panoramique des toits du centre historique Écusson de Montpellier

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Le tribunal judiciaire de Montpellier vient de condamner deux propriétaires à 11 000 euros d’amendes cumulées, dont 8 000 euros d’amendes civiles, pour avoir loué leurs appartements sur Airbnb sans autorisation de changement d’usage. Une décision rendue en avril 2026 qui illustre la volonté de la municipalité de faire respecter ses nouvelles règles contre les meublés touristiques illégaux.

La saisine émane directement de la Ville de Montpellier, qui mène désormais une politique offensive pour endiguer la progression des locations de courte durée dans le centre historique. D’autres procédures sont en cours selon les services de la collectivité.

Un jugement à 11 000 euros au tribunal judiciaire

Les deux propriétaires mis en cause exploitaient leurs logements sur la plateforme Airbnb en toute illégalité. Ils n’avaient jamais sollicité l’autorisation préalable de changement d’usage pourtant imposée par la collectivité depuis plusieurs années. Résultat : le tribunal judiciaire leur a infligé un total de 11 000 euros de sanctions, dont 8 000 euros sous forme d’amendes civiles.

Cette décision est le fruit d’une plainte déposée par la Ville elle-même, qui s’appuie sur les articles L. 631-7 et suivants du Code de la construction et de l’habitation. Le message adressé au marché est clair : exploiter un logement en meublé touristique sans autorisation expose désormais à des sanctions financières significatives.

Le délit de changement d’usage sans autorisation peut coûter jusqu’à 100 000 euros par local depuis l’entrée en vigueur de la loi Le Meur du 19 novembre 2024, doublant ainsi le plafond précédent.

Un quota de 770 logements déjà saturé dans l’Écusson

La capitale héraultaise compte 5 728 meublés de tourisme déclarés, dont plus de 3 000 résidences secondaires entièrement dédiées au tourisme. Plus de la moitié de ce parc est concentré dans l’Écusson, le centre historique, où la tension immobilière est maximale. Face à ce déséquilibre, la Métropole a voté le 14 octobre 2025 un règlement durcissant considérablement les conditions d’exploitation.

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Le cœur du dispositif : une « zone à quota » qui plafonne à 770 le nombre d’autorisations temporaires délivrées dans l’hyper-centre. Ce plafond est déjà atteint. Pour tout nouveau propriétaire souhaitant se lancer dans la location courte durée, l’inscription sur liste d’attente est désormais obligatoire. Une place ne se libérera qu’à la cessation d’activité d’un exploitant actuel.

« Montpellier, ce n’est pas la ville du Airbnb. »

Laurent Nison, adjoint à l’urbanisme de Montpellier

Une résidence principale louable 90 jours par an maximum

Autre mesure phare entrée en vigueur au 1er janvier 2026 : la durée maximale de location d’une résidence principale en meublé touristique passe de 120 à 90 jours par an. Au-delà, le logement bascule automatiquement dans le régime des locations soumises à autorisation, avec toutes les contraintes qui en découlent.

Les autorisations temporaires sont par ailleurs limitées à 4 ans sans reconduction automatique. Les logements ayant bénéficié d’aides publiques (prêt à taux zéro, subventions ANAH) sont désormais exclus du dispositif. Un diagnostic de performance énergétique favorable (classes A à E) est exigé, ce qui écarte mécaniquement les passoires thermiques.

Une politique menée au nom du logement des Montpelliérains

La Métropole justifie ce tour de vis par un double constat : 36 000 demandes de logements sociaux en attente d’une part, une tension locative qui n’a cessé de croître dans les quartiers historiques d’autre part. La collectivité revendique avoir régularisé ou remis sur le marché locatif classique près de 200 logements depuis 2022, grâce à ses contrôles.

Les services métropolitains ont également intensifié leur action. Le nombre de contrôles a progressé de 33 % en 2024. Cette cadence s’est maintenue en 2025. Les propriétaires récalcitrants s’exposent à plusieurs sanctions cumulables : amende civile, obligation de remise en état sous astreinte de 1 000 euros par jour et par mètre carré irrégulièrement converti, sanctions pénales pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement en cas de fausses déclarations.

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Tout propriétaire souhaitant vérifier la situation de son bien peut consulter la procédure détaillée sur le site officiel de la Ville de Montpellier, qui détaille les formulaires, les délais d’instruction et les contacts du service dédié.

Un durcissement qui s’inscrit dans un mouvement national

Montpellier n’est pas isolée. Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux ou Nice appliquent depuis plusieurs années des régimes comparables de quotas et de plafonnements, dans le cadre d’une réglementation Airbnb qui se durcit partout en France. La loi Le Meur, adoptée fin 2024, a considérablement renforcé les leviers à disposition des collectivités : plafond d’amende rehaussé, possibilité pour les copropriétés de voter l’interdiction des meublés touristiques à la majorité des deux tiers, DPE obligatoire.

Pour les investisseurs en quête de rentabilité par la location courte durée, l’équation se complique nettement. Dans un marché immobilier montpelliérain en repli, le pari de l’Airbnb classique à la journée devient hasardeux. Une partie des propriétaires se tourne désormais vers d’autres formats comme la location meublée longue durée, plus encadrée fiscalement mais plus pérenne. À Montpellier, le signal envoyé par ce jugement est sans ambiguïté : la municipalité ne laissera plus passer les infractions.