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Drogue « Pète ton crâne » : un collégien de 13 ans interpellé à Montpellier

Jeudi 14 mai, un adolescent de 13 ans a été contrôlé par des policiers de la brigade de sécurité des transports en commun à la station de tramway Voltaire, à Montpellier. Dans sa sacoche : deux fioles roses de cannabinoïde de synthèse baptisé « Pète ton crâne ». Il en consommait depuis près de neuf mois, financé par son argent de poche.

Comportement suspect à la station Voltaire

Jeudi soir, vers 19 h, les policiers de la brigade de sécurité des transports en commun (BSTC) patrouillent sur le quai de la station Voltaire, à deux pas du commissariat central de Montpellier. Leur regard s’arrête sur un adolescent qui, en les apercevant, tourne ostensiblement le dos et manifeste une gêne visible.

Ils décident de le contrôler. À l’intérieur de sa sacoche, les agents découvrent deux fioles de petite taille, au contenu rose : du « Pète ton crâne » (PTC), un cannabinoïde de synthèse dont la consommation se répand rapidement parmi les adolescents et les jeunes adultes. Un faux billet de 50 euros est également retrouvé sur le jeune homme.

Station de tramway Voltaire, Montpellier, lieu de l’interpellation

Le « Pète ton crâne », un cannabinoïde de synthèse aux effets alarmants

Le « Pète ton crâne », aussi désigné par le sigle PTC, est un cannabinoïde de synthèse commercialisé sous forme liquide, destiné à être chauffé et inhalé via une vapoteuse. Contrairement au cannabis traditionnel, cette substance ne contient pas de tétrahydrocannabinol (THC) : elle appartient à la famille des cannabinoïdes de synthèse, des molécules conçues pour agir sur les mêmes récepteurs cérébraux.

Cette particularité ne la rend pas moins dangereuse, bien au contraire. Le produit peut provoquer de graves troubles psychiatriques, des accès d’agressivité et présente un potentiel addictif très élevé. Selon le Dr Antoine Canat, médecin spécialiste en addictologie :

« L’affinité de ces molécules aux récepteurs cannabinoïdes conduit à des effets jusqu’à 200 fois supérieurs au THC, l’une des principales substances psychoactives de la plante de cannabis. »

Dr Antoine Canat, médecin addictologue, cité par Midi Libre

Ces effets ont valu à la substance une notoriété grandissante dans les services d’urgence et chez les professionnels de la prévention. Les centres antipoisons français, qui ne recensaient que quelques dizaines de cas entre 2019 et 2022, approchaient déjà la barre des 200 intoxications enregistrées en 2024. Dans le département du Gard voisin, les enquêteurs ont démantelé en 2025 un réseau de trafic de PTC ayant généré plus de 700 000 euros de revenus.

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Pour les Montpelliérains, cette affaire illustre une réalité de terrain que les forces de l’ordre connaissent bien : les stations de tramway, lieux de passage intense, constituent des points de vigilance dans le dispositif de lutte contre la consommation de stupéfiants chez les jeunes. La métropole avait déjà été confrontée à des incidents impliquant des mineurs dans le réseau TAM.

Neuf mois de consommation, commandes sur les réseaux sociaux

Placé en garde à vue, l’adolescent livre des informations troublantes aux enquêteurs. Il indique consommer le PTC depuis huit à neuf mois, soit depuis l’été ou le début de l’automne 2025. Pour se procurer la substance, il passe commande directement sur les réseaux sociaux : un livreur se charge ensuite de lui apporter les fioles à son domicile.

Le mode de financement souligne la banalisation de ce marché illégal : le jeune homme achète le produit avec l’argent de poche que lui verse sa mère, sans que celle-ci semble avoir connaissance de ses habitudes de consommation. Ce circuit de vente dématérialisé, invisible derrière des applications numériques et des livraisons discrètes, complique le repérage par les familles et les équipes éducatives. La police de Montpellier avait déjà mis en lumière ce type de trafic organisé via Snapchat dans l’agglomération.

Convoqué devant le tribunal le 17 juin

À l’issue de sa garde à vue, l’adolescent a été convoqué devant la juridiction compétente. Il devra répondre, le 17 juin 2026, de deux chefs de poursuite : détention de stupéfiants et possession d’un faux billet de 50 euros. Si les faits liés à la drogue posent la question de la consommation chez les mineurs, la présence du faux billet soulève une interrogation sur les fréquentations et le contexte de vie de ce collégien.

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Cette affaire met en lumière les défis que posent les drogues de synthèse de nouvelle génération aux services de prévention et aux familles : une substance peu connue du grand public, commercialisée sans contact physique entre vendeur et acheteur, consommée en toute discrétion grâce à une vapoteuse indiscernable des modèles légaux. Les équipes de la BSTC poursuivent leurs patrouilles sur l’ensemble du réseau de transports en commun de la métropole montpelliéraine.