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Le musée Fabre consacre une grande exposition à Pierre Paulin

Le fauteuil Big Mushroom de Pierre Paulin, exposé au musée Fabre de Montpellier

Le musée Fabre change de décor. Du 27 juin au 1er novembre 2026, l’institution montpelliéraine consacre sa grande exposition estivale au designer Pierre Paulin, figure majeure du mobilier français du 20e siècle. Une première : jamais le musée n’avait dédié une rétrospective de cette ampleur au design.

Connu pour ses fauteuils aux courbes souples qui semblent sortis d’un décor de science-fiction, Paulin entre par la grande porte d’un musée habitué à Courbet, au Caravage ou à Alexandre Cabanel. Près de cent pièces retracent cinquante ans de création, dans les salles fraîchement réaménagées du boulevard Bonne Nouvelle.

Une première pour un musée de beaux-arts

Le geste n’est pas anodin. En ouvrant ses cimaises au design, le musée Fabre affiche une ambition nouvelle. « Ce choix affirme la volonté d’élargir le regard porté sur la création et d’explorer, aux côtés des beaux-arts, les formes majeures de l’innovation artistique et industrielle », explique Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la métropole.

Pour Juliette Trey, directrice du musée depuis 2025, l’exposition marque un tournant dans le projet du lieu. L’objectif assumé : faire entrer durablement les arts décoratifs et le design dans une maison qui a bâti sa réputation sur les maîtres anciens.

« Pierre Paulin a su capter l’esprit de son temps et traduire, avec audace et sensibilité, les aspirations d’une société en pleine mutation. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la métropole

Du fauteuil champignon au Fumoir de l’Élysée

Né à Paris en 1927 et mort à Montpellier en 2009, Pierre Paulin a façonné l’imaginaire des Trente Glorieuses. Ses créations iconiques, la Mushroom Chair de 1959, la Ribbon Chair de 1966 ou la Tongue Chair de 1968, incarnent encore aujourd’hui une certaine idée de la modernité. Éditées par la maison néerlandaise Artifort, elles entrent dès 1968 dans les collections du MoMA de New York.

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Le parcours montpelliérain réserve une pièce inédite. Le public découvre pour la première fois hors de Paris le Fumoir réalisé pour les appartements de Georges et Claude Pompidou à l’Élysée en 1972. Le mobilier, tout juste restauré par le Mobilier national, témoigne de l’époque où Paulin fut le premier designer invité à repenser le palais présidentiel, devenant le visage de la modernité française.

La rétrospective a été conçue avec la Fondation Pierre Paulin, présidée par Maïa Paulin, ainsi qu’avec le concours du Mobilier national et des Manufactures nationales de Sèvres. Elle suit le créateur depuis ses premiers meubles confortables des années 50 jusqu’à ses pièces à tirage limité des années 80, plus proches de la nature et des savoir-faire traditionnels. Entre les deux, l’exposition rappelle son rôle de pionnier du design industriel, lui qui dessina aussi bien des produits pour la grande distribution que des aménagements pour de grands équipements publics.

Un designer qui a fini ses jours en Cévennes

Le choix de Montpellier n’est pas un hasard. En 1992, Pierre Paulin s’établit avec son épouse au cœur des Cévennes, sur un terrain qu’il aménage durant des années en mettant son œil de designer au service de l’architecture. C’est dans la région qu’il s’éteint, à 80 ans.

L’exposition montre, selon Juliette Trey, combien le travail de Paulin fut « le produit de son époque » tout en révélant sa « dimension visionnaire ». Une manière de rappeler que ses formes, pensées pour le confort et la liberté, continuent d’inspirer le rapport contemporain à l’espace et au design. Pour les familles, le musée a d’ailleurs prévu des visites et des ateliers adaptés aux enfants tout au long de l’été.

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L’exposition « Le design selon Pierre Paulin » se tient jusqu’au 1er novembre 2026 au musée Fabre, boulevard Bonne Nouvelle. Comptez 9 à 12 euros l’entrée, qui donne aussi accès aux collections permanentes. Le musée poursuit en parallèle sa transformation, avec un chantier d’extension côté cour Soulages engagé ce printemps.

Le musée Fabre, boulevard Bonne Nouvelle, à Montpellier.