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Chiens guides d’aveugles : Montpellier ouvre sa première école

Un chien guide golden retriever accompagne une personne malvoyante en ville à Montpellier

Les personnes déficientes visuelles de Montpellier n’auront plus à traverser la région pour espérer obtenir un chien guide. Depuis janvier, l’association France Défi Vision forme ses premiers animaux dans le quartier du Millénaire, une première dans tout le Languedoc. Officiellement inaugurée le 16 juin, l’école a fait de la ville son terrain d’entraînement grandeur nature.

Une école inédite dans le Languedoc

Jusqu’à présent, un Montpelliérain malvoyant devait se rendre à Toulouse ou Marseille pour accéder à un chien guide, au prix de longs mois d’attente. L’école du Mas de Costebelle, ouverte début janvier au 842 rue de la Vieille Poste, comble ce vide. C’est la première structure de ce type dans l’Hérault et seulement la deuxième de la région Occitanie.

Le projet est né d’une rencontre. Émilie Cabello, adjointe à l’accessibilité à la Ville de Montpellier, a soufflé à France Défi Vision et à son président Thierry Jammes l’idée d’installer l’école en plein cœur urbain plutôt qu’à l’écart. Une intuition qui a immédiatement fait mouche.

« J’en avais déjà vu quatre ailleurs, je savais comment ça marchait. Quand Émilie a parlé d’une école en ville, ça a résonné tout de suite. Nous avons dit : pourquoi pas ici, à Montpellier ? »

Thierry Jammes, président de France Défi Vision

La ville comme salle de classe

Le pari de France Défi Vision tient en une phrase : pourquoi se contenter d’un centre isolé quand la ville elle-même peut devenir un immense terrain d’apprentissage ? Les chiens s’exercent donc au rythme des trottoirs encombrés, des carrefours animés et des rames de tramway bondées. Chaque séance dure de trente à quarante-cinq minutes pour ne pas épuiser l’animal.

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Deux fois par jour, le jeune Vasco sort avec Marie, son éducatrice. « En ce moment, on apprend la ligne droite, à bien se positionner, qu’il s’arrête au trottoir et qu’il traverse dans les passages sécurisés », détaille-t-elle. En pratique, les chiens doivent maîtriser une longue liste de situations du quotidien montpelliérain :

  • traverser un passage piéton et s’arrêter à chaque bordure de trottoir
  • emprunter les transports en commun et patienter à l’arrêt
  • slalomer entre les obstacles, dont les trottinettes et vélos en libre-service
  • se faufiler dans un marché ou une galerie commerçante sans se laisser distraire

Thierry Jammes résume l’exigence par un exemple parlant : « Au Polygone, le chien doit laisser 60 cm de couloir à droite de son maître, imaginez lors des soldes. » Un niveau de précision que seule la répétition en conditions réelles permet d’atteindre.

Reportage : l’apprentissage des chiens guides d’aveugles à Montpellier.

Trois chiens en formation, remis gratuitement

Trois pensionnaires suivent aujourd’hui leur cursus en parallèle : Vasco, arrivé le premier, rejoint par Api le berger allemand puis par Alya la jeune labrador. Le parcours commence bien avant l’école. Dès l’âge de trois mois, les chiots sont confiés à des familles d’accueil bénévoles qui les sociabilisent pendant près d’un an, avant six à huit mois de formation intensive au sein de la structure.

Au terme de ce parcours, chaque chien doit décrocher un certificat d’aptitude à guider, puis il est remis gratuitement à son futur bénéficiaire. Le budget annuel de l’école avoisine les 150 000 euros pour 2026, un montant qui couvre la formation des trois chiens, le salaire d’un éducateur diplômé ainsi que les frais vétérinaires, l’alimentation et le matériel pédagogique.

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Pour les personnes concernées, l’enjeu dépasse la simple mobilité. Devenue malvoyante à l’adolescence, Margaux Dos Santos partage sa vie avec sa chienne Mystique depuis plusieurs années.

« Les gens voient le chien avant de voir le handicap, donc ça aide aussi dans les relations sociales. Le fait de l’avoir toujours avec moi me met en confiance dans mes déplacements. J’ai gagné beaucoup d’autonomie. »

Margaux Dos Santos, malvoyante

Pour tenir la cadence, l’association France Défi Vision recherche en permanence des familles d’accueil et des bénévoles prêts à promener les chiens ou à les garder le week-end. Elle prévoit aussi de former, à terme, des chiens d’assistance pour les personnes sourdes ou autistes. À Montpellier, l’aventure ne fait que commencer.

L’école France Défi Vision, Mas de Costebelle, quartier du Millénaire à Montpellier.