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Grève au Crous de Montpellier ce mardi : 23 points de restauration concernés

File d'étudiants devant la ligne de self-service d'un restaurant universitaire

Les restaurants universitaires montpelliérains pourraient tourner au ralenti ce mardi 22 septembre. Trois syndicats appellent les personnels des Crous à une journée de grève nationale consacrée à leurs seules revendications. En cause : la généralisation du repas à 1 euro, appliquée depuis le 4 mai sans les effectifs que réclament les agents.

Trois syndicats, une journée réservée aux Crous

L’appel vient de la CFDT, de FO et de l’UNSA-SNPTES. Les trois organisations ont choisi une date propre au réseau des œuvres universitaires, séparée de la mobilisation de la fonction publique prévue le 29 septembre. Une journée interprofessionnelle ne permet pas de faire ressortir les revendications spécifiques du réseau, explique la CFDT dans une publication mise en ligne le 15 septembre.

Le SNPTES-UNSA a déposé son préavis le 11 septembre. Le syndicat y réclame au minimum 600 recrutements répartis sur tous les métiers du réseau, de la restauration à l’hébergement en passant par les services sociaux. FO ESR, dans un tract de septembre, chiffre sa revendication à 500 emplois pérennes et 500 millions d’euros pour le réseau. La CFDT demande de son côté l’ouverture immédiate de négociations, sur les salaires comme sur les risques psychosociaux.

« La sécurité alimentaire ne doit jamais devenir une variable d’ajustement. »

SNPTES-UNSA, préavis de grève du 11 septembre 2026

Le syndicat justifie cette alerte par l’augmentation des volumes à réceptionner, à stocker et à préparer, quand les capacités de stockage restent inchangées. Selon Midi Libre, le mouvement sera suivi à Montpellier.

Vingt-trois points de restauration concernés à Montpellier

Le fichier national des lieux de restauration des Crous, publié par le Cnous sur data.gouv.fr et mis à jour le 19 septembre, recense 36 sites pour le Crous de Montpellier-Occitanie. Vingt-trois se trouvent sur la commune de Montpellier : trois restaurants universitaires (Vert-Bois, Triolet et Richter), seize cafétérias et quatre brasseries. Le reste se répartit entre Nîmes, Perpignan, Béziers et Narbonne.

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L’établissement en annonçait 37 dans son communiqué d’avril, auxquels s’ajoutent 14 restaurants conventionnés. Le décompte varie légèrement selon la source et la façon de classer les sites. Ces adresses couvrent les sites universitaires de Triolet, Paul-Valéry, Richter, Boutonnet, Staps ou encore Médecine.

Derrière ces adresses, 250 agents font tourner la restauration du Crous chaque jour dans l’académie, d’après l’établissement. Ils ont servi plus de 2,7 millions de repas sur l’année 2025, dont 1,7 million à des étudiants boursiers ou précaires.

Un midi sous pression, une mesure sous-financée

La tension du service se concentre sur une plage horaire très courte. Le Crous de Montpellier-Occitanie a mesuré qu’en 2025, 30 % des passages en caisse se produisaient entre 12 heures et 12 h 30, puis 25 % entre 12 h 30 et 13 heures. Plus de la moitié des passages se jouent donc en une seule heure, avant même l’afflux provoqué par le tarif unique.

Le sujet est remonté jusqu’à l’Assemblée nationale. Dans un rapport d’information enregistré le 2 juillet, le rapporteur spécial Charles Sitzenstuhl reprend des évaluations qui chiffrent de 61 à 89 millions d’euros les crédits nécessaires en 2026. En année pleine, la facture grimperait à 116 millions. Le seul différentiel de prix de 2,30 euros priverait le réseau de 35,5 millions d’euros de recettes en 2026. Sa troisième recommandation invite les Crous et les établissements d’enseignement supérieur à allonger les pauses déjeuner pour fluidifier la fréquentation.

Le Cnous met en avant un autre bilan : 5 490 000 repas à 1 euro servis dans le pays depuis le 4 mai, 204 créations de postes autorisées pour l’année et une enveloppe de 50 millions d’euros. Un repas coûte en moyenne 8 euros, dont 7 pris en charge par l’État. Le Crous de Montpellier-Occitanie a obtenu 20 de ces emplois et 82 500 euros d’investissements d’urgence, fléchés vers un local export au Vert-Bois, une cellule de refroidissement à Boutonnet et le remplacement de groupes froids à Triolet.

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Les syndicats opposent à ces annonces un décalage plus ancien. En 2000, le réseau alignait 287 structures de restauration ; elles sont 967 aujourd’hui, pour des moyens humains en hausse de 7 % seulement, selon la CFDT.

Ce que les étudiants peuvent anticiper mardi

Le précédent du 2 avril donne un ordre d’idée. Ce jour-là, l’UN-CGT-CROUS avait lancé une grève nationale qui avait réuni 973 agents de restauration sur 5 690, soit 17,1 % selon le syndicat. Le Crous de Montpellier-Occitanie comptait alors 48 grévistes en restauration, un taux de 20,9 %, au-dessus de la moyenne nationale.

D’après la page d’information publiée ce jour-là par le Crous, deux cafétérias montpelliéraines avaient fermé, celle de l’ESPE et celle de Richter, tandis que Saint-Charles s’arrêtait à 15 heures. Les trois restaurants universitaires étaient restés ouverts. Le secteur de Perpignan et Narbonne comptait cinq fermetures ce jour-là.

Lors des précédents mouvements, l’établissement a publié un état des ouvertures site par site. Aucune page de ce type n’était en ligne ce lundi pour la journée de mardi. Mieux vaut donc vérifier avant de traverser le campus. Le compte Izly actif est exigé pour justifier du tarif à 1 euro, avec une tolérance appliquée en septembre selon le Cnous.

Le Crous ne se limite pas aux plateaux-repas : il gère aussi le logement, avec environ 8 000 lits pour quelque 80 000 étudiants à Montpellier d’après le décompte syndical de la rentrée. Cette journée s’ajoute enfin à un automne social déjà chargé, après la mobilisation interprofessionnelle du 15 septembre devant la préfecture de l’Hérault. La CFDT, elle, dit viser les moyens de 2027.

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