Le restaurant L’Arbre et son rooftop, installés au pied et au sommet de l’Arbre Blanc à Montpellier, ont cessé leur activité le vendredi 16 octobre. La table lancée en 2019 par deux chefs, Éric Cellier et Charles Fontès, était placée en redressement judiciaire depuis le début de l’année. La direction a annoncé la nouvelle sur le site internet de l’établissement.
Une annonce glissée sur la page d’accueil
C’est par une fenêtre qui s’ouvre sur sa page d’accueil que L’Arbre a prévenu ses clients. Le message tient en quelques lignes et commence par une phrase sans ambiguïté, « L’Arbre est fermé définitivement ».
« Après plusieurs années à vous accueillir au restaurant et sur le rooftop, L’Arbre a cessé son activité ce vendredi 16 octobre. »
La direction de L’Arbre, sur le site de l’établissement
Le reste du texte s’adresse aux habitués puis aux équipes. La direction y remercie « l’ensemble de nos salariés, qui ont fait vivre L’Arbre au quotidien avec engagement, professionnalisme et passion ». Contactée par Midi Libre, elle n’a pas souhaité commenter cette fermeture définitive. Le message mis en ligne n’évoque ni repreneur ni calendrier.
Neuf mois et onze jours après l’ouverture du redressement
La procédure avait démarré le 5 janvier 2026. Ce jour-là, le tribunal de commerce de Montpellier plaçait la société exploitante en redressement judiciaire. Le jugement retenait une date de cessation des paiements : le 20 décembre 2025, soit seize jours plus tôt. Un diagnostic économique avait alors été confié à un administrateur judiciaire.
À l’ouverture de la procédure, Charles Fontès présentait celle-ci comme une respiration. « Cette démarche a pour objectif de permettre la poursuite de l’activité et la recherche de solutions pérennes pour relancer l’entreprise », confiait-il à Midi Libre. Dans un article publié le 21 janvier par ICI Hérault, la direction évoquait pour sa part « le contexte de crise que traverse le secteur de la restauration » et jugeait qu’un redressement « n’a malheureusement rien d’exceptionnel ».
Le printemps avait pourtant eu des airs de contre-offensive. Dès le 24 mars, selon Hérault Tribune, le rooftop devait accueillir le public du mardi au samedi de 18 h à 1 h, avec un créneau sunset entre 18 h et 21 h. Le restaurant affichait un repas complet à moins de 40 euros et annonçait une Grande Tablée à 39 euros pour le 2 avril. L’activité s’est finalement arrêtée le 16 octobre.
Une table au pied et au sommet d’une « folie » montpelliéraine
L’adresse jouait sur deux niveaux. En bas, une salle de restaurant et une terrasse au premier étage. En haut, au 17e étage, un bar qui promettait sur le site de l’enseigne une vue à 360 degrés « sur la mer et les reliefs des Cévennes ». Le projet était porté par Éric Cellier ainsi que par Charles et François Fontès.
Le bâtiment, lui, ne bouge pas. Posé au bord du Lez sur la place Christophe-Colomb et signé Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi, l’immeuble reste l’un des plus identifiables de la capitale héraultaise. Le restaurant le présentait d’ailleurs sur son site comme « la dernière folie architecturale de Montpellier ». La Ville a lancé en 2022 un concours des Folies architecturales du XXIe siècle, dont est issue La Toupie, en chantier à l’entrée du Nouveau Saint-Roch.
La société reste inscrite comme active
Derrière l’enseigne, une société : AB Restauration, immatriculée sous le numéro 829 571 827 et connue au registre sous le nom commercial « Restaurant L’Arbre Montpellier ». Créée le 11 mai 2017, elle a pour président Charles Fontès et pour directeur général Éric Cellier. L’Insee lui attribue une tranche d’effectif de 10 à 19 salariés au titre de 2024. Consultée ce mercredi 21 octobre, sa fiche à l’annuaire des entreprises la donne toujours comme active, une mention qui ne préjuge pas de la suite de la procédure.
Une autre enseigne montpelliéraine est passée par la même procédure cette année. Le tribunal de commerce de Montpellier avait prononcé le 3 juillet la liquidation judiciaire du groupe Sauramps, faute de repreneur, avec 54 salariés appelés à être licenciés. La librairie n’était restée que dix-huit jours en redressement. L’Arbre aura tenu neuf mois et onze jours entre l’ouverture de sa procédure et l’arrêt de son activité. Le texte publié par la direction s’achève par ces mots : « Merci à toutes et à tous pour ces belles années. »















