Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Manifestation du 31 octobre interdite à Montpellier : Force ouvrière saisit le tribunal administratif

Facade de l'hotel de la prefecture de l'Herault a Montpellier

La préfète de l’Hérault a interdit vendredi 30 octobre, en milieu d’après-midi, la manifestation déclarée pour ce samedi à Montpellier. Force ouvrière, qui avait pourtant donné son accord quelques heures plus tôt au tracé proposé par les services de l’État, saisit la justice administrative en référé-liberté. Le centre-ville sera fermé à tout rassemblement de 6 heures à 22 heures et le réseau de tramway adapté dès midi.

Un parcours accepté le matin, une interdiction l’après-midi

La déclaration avait été déposée en préfecture par deux syndicats enseignants, FO ESR 34 et le Snudi-FO 34, « à la demande des lycéens et en soutien à leurs revendications ». Le tracé initial n’a été que partiellement accepté. Les services de l’État en ont proposé un autre, inhabituel dans la capitale héraultaise : départ du campus Triolet, où siège la faculté des sciences, arrivée au parc Montcalm. Selon Midi Libre, le cortège devait emprunter les Arceaux, Gambetta, Clemenceau puis l’avenue de Toulouse.

Vendredi matin, Solidaires a retiré sa propre déclaration après avoir refusé le parcours alternatif proposé hors du centre-ville. Midi Libre indique que la FSU a fait le même choix. Les échanges se sont poursuivis avec Force ouvrière une partie de la journée. Ils se sont arrêtés net en milieu d’après-midi avec la décision de Chantal Mauchet.

Le service d’ordre, point de rupture

Aux yeux des services de l’État, le déclarant n’a pas apporté les garanties de sécurité attendues. La décision vise en particulier l’absence d’un service d’ordre « capable de prévenir les débordements et de protéger les manifestants ». Les risques de troubles à l’ordre public sont également mis en avant.

Le syndicat raconte une tout autre séquence. Il affirme avoir proposé de réunir « un nombre conséquent de personnes » en s’appuyant sur d’autres organisations syndicales. La préfecture aurait alors réclamé les noms des militants mobilisés ainsi qu’un document détaillant l’organisation du dispositif. « On lui a répondu que ça ne fait absolument pas partie de nos obligations », rapporte à Hérault Tribune Sabine Raynaud, représentante de Force ouvrière et institutrice.

« On ne comprend pas parce que nous, on a donné notre accord pour le parcours proposé par la préfecture et maintenant ils l’interdisent »

Sabine Raynaud, représentante de Force ouvrière

Un référé-liberté déposé dès vendredi soir

Force ouvrière a annoncé dans la foulée un référé-liberté qu’il espérait déposer dès vendredi soir au tribunal administratif de Montpellier. « Nous allons contester cette interdiction. Et nous irons jusqu’au bout de ce que le cadre légal nous permet de faire », prévient Sabine Raynaud. La syndicaliste juge la décision préfectorale « complètement hors sol ».

READ  Vigilance rouge à Montpellier : le Lez est monté à 2,27 mètres, écoles et transports à l'arrêt

Le syndicat assure qu’il se pliera à ce que dira le juge. Dans le cas où l’interdiction serait confirmée, il n’appellera pas à manifester samedi. Le scénario rappelle celui de la semaine précédente : trois recours en référé-liberté avaient été plaidés devant la même juridiction contre l’arrêté visant le cortège du 24 octobre. La juge des référés les avait rejetés le samedi matin et plusieurs milliers de personnes avaient tout de même défilé.

Centre-ville bouclé et couvre-feu pour les mineurs

Tout rassemblement, tout attroupement est proscrit samedi de 6 heures à 22 heures sur un périmètre qui couvre le parvis du Polygone, l’allée Jules Milhau et l’Écusson. Les équipements de protection, les engins pyrotechniques et le carburant tombent sous le coup de la même interdiction, qu’il s’agisse de les porter ou de les déplacer. Un second volet de l’interdiction prend le relais à la nuit tombée : il vise le centre, la place de la Comédie, l’Esplanade ainsi que les abords de l’hôtel de ville, de 20 heures samedi à 6 heures dimanche.

La préfète justifie ce volet nocturne par les appels lancés en ligne. Elle relève que « de nombreux appels à des rassemblements sont diffusés sur les réseaux sociaux pour la soirée du 31 octobre, notamment à partir de 20 heures. Certains messages appellent explicitement à l’insurrection, aux violences, aux exactions et aux pillages ». Un couvre-feu frappe les mineurs non accompagnés à partir de 20 heures. Le site local 34 Infos, qui reprend le communiqué préfectoral, ajoute qu’il court jusqu’à 6 heures et concerne aussi Béziers, dans son centre-ville comme à La Devèze. Des forces mobiles et des militaires du dispositif Sentinelle viendront renforcer les effectifs locaux, avec des drones autorisés par arrêté et des contrôles annoncés sur les grands axes, aux arrêts de tramway et à la gare ferroviaire.

READ  Des Montpelliérains font la queue toute la nuit pour la Swatch Royal Pop × Audemars Piguet

Un réseau TaM adapté pour un cortège désormais interdit

À la demande de la préfecture, TaM modifie la circulation de ses cinq lignes de tram comme de plusieurs lignes de bus à compter de 12 heures. Le détail a été publié par Hérault Tribune à 18 h 30, après l’annonce de l’interdiction. Ce plan évoque toujours le passage de la manifestation. Les lignes 1 et 4 seront suspendues durant ce passage, la navette de substitution du chantier Rénorails entre Mosson et Occitanie Hôpitaux-Facultés restant en service.

Les trois autres lignes rouleront sur des tronçons réduits, si la sécurité le permet :

  • Ligne 2 : entre Saint-Jean-de-Védas Mas Drevon et Beaux-Arts, puis entre Beaux-Arts et Jacou
  • Ligne 3 : entre Juvignac et Jules Guesde, puis entre Port Marianne et Pérols-Lattes
  • Ligne 5 : entre Ovalie et Grés de Montpellier

Pour desservir malgré tout le secteur Hôpitaux-Facultés, la ligne 5 empruntera aussi les rails de la ligne 1 entre Clapiers et Occitanie, dès que la situation le permettra. Un bus de substitution circulera par ailleurs entre la station Place de l’Europe et la gare Sud de France, avec environ un départ tous les quarts d’heure à partir de 11 h 30.

Le rugby déjà déplacé pour sécuriser ce cortège

La veille, la même autorité avait interdit la rencontre de Top 14 entre le Montpellier Hérault Rugby et Castres, programmée samedi au Septeo Stadium. L’arrêté expliquait que les effectifs de police seraient entièrement absorbés par la sécurisation du cortège et qu’« aucun dispositif de sécurité publique ne pourra être mis en place pour assurer la sécurité de la rencontre ». La Ligue nationale de rugby a reprogrammé le match dimanche 1er novembre à 15 heures.

READ  Meurtre de Maëva à Montpellier : vingt ans de réclusion aux assises des mineurs

Le cortège invoqué dans cet arrêté est désormais frappé d’interdiction à son tour. La coordination lycéenne, elle, entendait faire du 31 octobre une nouvelle démonstration de force. Sa représentante Andréa, élève de terminale au lycée Clemenceau, qualifie de « totalement dérisoires et inadmissibles » les annonces gouvernementales de la semaine, déjà jugées insuffisantes par les lycéens montpelliérains. Force ouvrière prépare pour sa part la grève nationale du 5 novembre, avec des réunions prévues dès lundi dans les établissements scolaires.