Un bâtiment de 4 000 mètres carrés à Castelnau-le-Lez, deux écoles supérieures privées et 200 étudiants déjà sur place : De Vinci Higher Education a coupé le ruban de son campus montpelliérain jeudi 5 novembre. Le site, installé au sein de CastelMed Park, peut recevoir jusqu’à 675 étudiants en même temps.
Deux écoles sous le même toit, à cent mètres du tramway
Douze mois après avoir fait sa première rentrée dans la métropole, le groupe quitte les locaux provisoires qui l’abritaient depuis 2025. Le site, baptisé CastelMed, héberge deux établissements : l’ESILV pour l’ingénierie et l’EMLV pour le management. Les deux partagent le même campus, ce que la direction présente comme le cœur de son modèle pédagogique.
Deux cents étudiants y suivent leurs cours. Autour d’eux travaillent six enseignants-chercheurs, une soixantaine d’enseignants et une dizaine de collaborateurs. La capacité du bâtiment est fixée à 675 places occupées en même temps, une marge qui doit permettre au groupe d’augmenter ses effectifs dans les prochaines années.
L’adresse n’a rien d’anodin. Le campus est installé à proximité du lycée Georges-Pompidou. La station de tramway qui porte le même nom, sur la ligne 2, se trouve à une centaine de mètres. Des pistes cyclables y mènent et un large parking gratuit complète la desserte.
1,6 million d’euros pour un Fab Lab et deux laboratoires
Le groupe indique avoir consacré une enveloppe d’environ 1,6 million d’euros pour aménager et équiper les lieux, loyer annuel non compris. Une partie du mobilier a été réemployée et l’équipement des espaces se fait progressivement.
Le plateau rassemble des installations orientées vers la pratique :
- 22 salles de cours modulables et cinq Teaching Studios
- un Fab Lab, un laboratoire productique et un laboratoire de physique
- des espaces de coworking et de travail en mode projet
- une salle de sport ainsi que des espaces de détente
À ces surfaces s’ajoutent 800 mètres carrés de terrasses, prolongés par un jardin extérieur et des espaces végétalisés. D’après le quotidien régional, la scolarité s’établit entre 10 000 et 12 500 euros l’année selon la formation suivie.
Un ancrage revendiqué dans la MedVallée
CastelMed Park se situe dans le périmètre de la MedVallée, l’écosystème métropolitain tourné vers la santé, la recherche et le numérique. C’est ce même écosystème qui soutient le projet d’intelligence artificielle souveraine lancé par le CHU de Montpellier, aux côtés de la Métropole et de la Région Occitanie.
Une année sur place a suffi à bâtir les premiers liens avec le tissu local. Le MEDEF et La Mêlée Numérique comptent parmi les partenaires du campus. Le groupe cite également des contacts noués avec Dell, Mars, Swile, Dyneff, Kyndryl et le Crédit Agricole, ainsi qu’avec Septeo, le spécialiste du droit numérique installé à Lattes. Un accord passé avec BNP Paribas, dans la même commune, porte sur le financement des études.
La recherche se met elle aussi en place. Deux chercheurs recrutés en informatique travaillent sur une thématique située à l’interface de l’internet des objets, de la donnée et de l’énergie. Côté mathématiques, Noémie Combe est désormais habilitée à diriger des recherches.
« Ce campus est un point de départ. Notre ambition est de faire de Montpellier un pôle d’enseignement supérieur de référence en ingénierie et en management, ancré dans son écosystème et tourné vers l’innovation, l’entrepreneuriat et l’international. »
Olivier Griziaux, directeur du campus de CastelMed
Cyberdéfense et robotique : ce qui s’ouvre en 2027
L’offre de l’ESILV doit notamment se structurer autour de deux pôles à Montpellier : d’un côté la cyberdéfense et l’intelligence artificielle, de l’autre la robotique et la mécanique. Le groupe justifie ce découpage par les besoins du secteur numérique et par les compétences qu’exige la réindustrialisation du territoire.
À partir de septembre 2027, deux bachelors de l’EMLV doivent ouvrir à Montpellier. L’ESILV prévoit pour sa part d’accueillir des étudiants venus d’autres cursus, en admission parallèle. L’alternance doit s’ouvrir plus largement aux masters des deux établissements. L’international suit : des départs d’étudiants vers l’étranger sont annoncés, de même que l’accueil d’étudiants internationaux.
Cette implantation prolonge une trajectoire nationale. Créées en 1995 à Paris-La Défense, les écoles du groupe revendiquent aujourd’hui 24 000 diplômés, pour un effectif qui dépasse les 11 000 étudiants. Castelnau-le-Lez s’ajoute à Paris-La Défense et à Nantes, quelques semaines après le changement de nom intervenu en octobre 2026, qui a vu le Pôle Léonard de Vinci devenir De Vinci Higher Education. Pour les lycéens du secteur, l’arrivée vient grossir une offre montpelliéraine qui compte déjà des écoles d’ingénieurs, de commerce et d’art.
Thierry Delécolle, directeur général du groupe, met en avant la capacité de la maison à « faire dialoguer management, ingénierie, numérique et création ». Reste à voir, sur les prochaines rentrées, si le groupe comble l’écart entre ses 200 étudiants et les 675 places du bâtiment. Le détail du projet figure dans l’annonce publiée par le groupe.















