Les élus du Conseil municipal de Montpellier ont adopté le budget primitif 2026 à 718 millions d’euros. Le vote acquis dans la nuit du 15 avril scelle le cap fixé par Michaël Delafosse pour son second mandat : investissement massif dans l’éducation, accélération sur le volet sécuritaire, aucune hausse d’impôts locaux.
Le texte a été approuvé par 53 voix pour, 8 contre et 8 abstentions. La gauche radicale, menée par la députée Nathalie Oziol et l’élue France Insoumise Livia Jampy, a donné de la voix pour dénoncer une orientation qu’elle qualifie de « tout sécuritaire ».
Un budget de 718 millions d’euros, fidèle aux orientations annoncées
Le budget primitif 2026 se décompose en 498 millions d’euros dédiés aux politiques publiques et 157 millions d’euros consacrés à l’investissement. Une architecture financière déjà esquissée début avril lors du débat d’orientation budgétaire, qualifié de « première boussole financière » par l’exécutif. Ce montant d’investissement s’inscrit dans un programme pluriannuel plus large, doté de 240 millions d’euros à déployer sur plusieurs années.
Pour boucler ce plan d’investissement, la Ville s’appuie sur 46 millions d’euros d’autofinancement et 117 millions d’euros de recours à l’emprunt, complétés par les subventions attendues. Un montage classique pour une collectivité de cette taille, dans un contexte de taux d’intérêt encore incertains.
Fidèle à la promesse de campagne, les taux d’imposition locaux restent gelés pour la sixième année consécutive. La taxe foncière s’établit à 52,63 %, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires à 22,49 % et la taxe sur le foncier non bâti à 112,71 %. Aucune hausse malgré la pression sur les finances locales.
« Ce budget est responsable, sérieux et porteur de sens. Il tient compte des incertitudes qui pèsent sur nos recettes fiscales, dans un contexte où l’État continue sa stratégie restrictive à l’égard des collectivités. »
Michaël Delafosse, maire de Montpellier
L’éducation et la sécurité en tête des investissements
L’éducation capte 24 millions d’euros d’investissement en 2026. Six groupes scolaires vont bénéficier de travaux de rénovation, avec une enveloppe phare de 9,6 millions d’euros fléchée vers le groupe scolaire Mosson. L’objectif affiché : moderniser un patrimoine scolaire vieillissant et répondre aux enjeux de rénovation énergétique.
La sécurité mobilise 20 millions d’euros, dont 17,8 millions pour l’Hôtel des Sécurités, équipement emblématique du second mandat. Ce bâtiment doit regrouper l’ensemble des services de sécurité municipaux et les forces partenaires, sur le modèle de grandes collectivités qui ont centralisé leur pilotage opérationnel.
Le volet aménagement urbain pèse 50 millions d’euros, avec notamment 3 millions fléchés vers la Zone Sud de Montpellier. La transition écologique mobilise 14 millions d’euros, dont 8,3 millions pour la rénovation du Grand Parc de Lunaret, poumon vert de la métropole. La petite enfance se voit dotée de 6 millions d’euros et le volet social de 12 millions pour une nouvelle crèche et un EHPAD.
Une opposition de gauche qui dénonce l’arbitrage sécuritaire
Dans l’hémicycle, la France Insoumise a fait entendre une ligne de fracture claire. Les élues Livia Jampy et Nathalie Oziol ont dénoncé une logique du « tout-répressif », jugée déconnectée des urgences sociales que traverse Montpellier. La députée de la 2e circonscription de l’Hérault a pointé la multiplication des forces armées en ville.
« Pourquoi ont-ils des pistolets de 9 millimètres, des pistolets à impulsion pour lutter contre les incivilités ? Il faut une police municipale unique. On pourrait recruter des médiateurs plutôt que d’armer les agents. »
Nathalie Oziol, députée France Insoumise de l’Hérault
Livia Jampy a quant à elle ciblé le projet d’Hôtel des Sécurités, qu’elle qualifie de symptôme d’un budget déséquilibré. La conseillère municipale a également regretté l’absence de ligne dédiée à la prévention et à la médiation, jugées insuffisamment financées au regard des enjeux.
Face à ces critiques, la majorité municipale a défendu une approche complémentaire entre prévention, tranquillité publique et présence renforcée sur le terrain. Le maire a rappelé les créations de postes de policiers municipaux engagées depuis 2020 et l’extension de la vidéoprotection sur les quartiers prioritaires.
Un second mandat qui se dessine autour de grands équipements
Au-delà du débat politique, ce budget marque le lancement opérationnel du second mandat de Michaël Delafosse, réélu fin mars avec 50,13 % des voix face à la triangulaire l’opposant à Nathalie Oziol et Mohed Altrad. Trois projets structurants avancent : l’Hôtel des Sécurités, la Food City dotée de 21 millions d’euros pour cette année et la requalification du Grand Parc de Lunaret.
La Food City, portée depuis le premier mandat, doit regrouper les filières alimentaires locales et offrir un équipement à vocation métropolitaine. Le Grand Parc de Lunaret incarne quant à lui la volonté affichée de renforcer l’accès à la nature en ville, sujet devenu central dans les attentes des habitants.
Le calendrier politique sera scruté avec attention. Les Montpelliérains attendent la livraison des premiers chantiers sur cette mandature, alors que l’opposition promet de peser sur chaque arbitrage budgétaire. Le prochain conseil de la Métropole devrait prolonger ces discussions à l’échelle intercommunale, notamment sur les sujets de transports et d’aménagement.







