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Meurtre de Maëva à Montpellier : le huis clos levé aux assises des mineurs

Salle d'audience d'une cour d'assises, portes ouvertes sur les bancs du public

Le procès de l’adolescent accusé d’avoir tué Maëva Torres de dix-sept coups de couteau a débuté ce mardi 15 septembre à Montpellier, devant la cour d’assises des mineurs de l’Hérault. Première décision de la journée : les magistrats ont écarté le huis clos, qui s’impose d’ordinaire dès lors qu’un mineur comparaît. Les débats se tiendront donc devant le public jusqu’au verdict, attendu jeudi 17 septembre.

Vingt minutes de délibéré pour ouvrir les portes

La demande n’émanait pas de l’accusé. Elle a été portée par l’avocat général ainsi que par l’avocat de la famille de la victime, constituée partie civile. Le jeune homme jugé avait eu 16 ans quelques jours à peine avant le crime commis en 2023. Il en a aujourd’hui plus de 19. Ces deux conditions ouvrent la possibilité d’une audience publique.

« Je ne vois pas quel risque court la société si la publicité restreinte est levée »

Pierre Denier, ministère public, mardi 15 septembre devant la cour d’assises des mineurs de l’Hérault

Pour Me Guillaume Raymond, qui défend les intérêts de la famille de Maëva Torres, la publicité des débats répond à une attente précise. L’avocat a plaidé la transparence devant la cour, jugeant important de lever les doutes et de répondre aux questions dans une affaire qui a suscité, selon lui, beaucoup d’interrogations et de rumeurs.

La défense s’y opposait. Me Marc Gallix a rappelé que son client voulait être jugé à l’abri des regards.

« Je suis d’accord avec mon confrère pour dire que vous avez le droit à un procès public. Lui nous a clairement dit qu’il ne souhaitait pas que cette affaire soit publique »

Me Marc Gallix, avocat de la défense

Interrogé une dernière fois, l’accusé a maintenu sa position d’une phrase : « Je reste sur mon choix ». La cour s’est retirée. Elle est revenue vingt minutes plus tard pour annoncer que l’audience serait publique.

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Ce que prévoit la loi pour un accusé mineur

Le huis clos est la règle devant une cour d’assises des mineurs. Le législateur a toutefois prévu une exception pour les crimes commis entre 16 et 18 ans lorsque leur auteur est devenu majeur au moment du procès. L’accusé lui-même, son avocat ainsi que le ministère public peuvent alors réclamer des débats publics.

La juridiction tranche « en prenant en considération les intérêts de la société, de l’accusé et de la partie civile, après avoir entendu le ministère public et les avocats des parties, par une décision spéciale et motivée qui n’est pas susceptible de recours », précise le texte. Autrement dit, ce qui s’est joué mardi matin en vingt minutes ne pourra pas être rediscuté. Le procès est programmé sur trois jours, du 15 au 17 septembre.

La justice des mineurs occupe régulièrement les prétoires montpelliérains. En août, un adolescent de 17 ans avait été déféré après la mort d’Amine, tué de deux coups de couteau à Port-Marianne. Début septembre, les assises de l’Hérault jugeaient le meurtre du parking de Béziers-Plage.

Un meurtre commis sur un parking de la Paillade

Les faits remontent au 22 août 2023, vers une heure du matin, sur un parking situé près des archives départementales Pierresvives, dans le quartier de la Paillade. Maëva Torres, mère de quatre enfants qui avaient alors entre 2 et 12 ans, y avait rendez-vous avec l’adolescent, alors en fugue du foyer où il était placé.

Un homme qui dormait dans sa voiture a assisté à la scène, selon le récit de l’enquête rapporté par Midi Libre. Il a vu la jeune femme frappée à l’intérieur de l’habitacle, expulsée par la vitre de la portière, puis rouée de coups une fois au sol. Aux policiers qui lui portaient les premiers secours, elle a réclamé de l’aide en parlant de ses enfants. Elle a eu le temps de livrer le prénom de son agresseur. Transportée à l’hôpital, elle y est morte peu après : sa veine jugulaire avait été tranchée, provoquant une hémorragie massive.

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Le suspect a été interpellé dès le lendemain, chez sa grand-mère. Le mobile, lui, reste flou trois ans plus tard. Les jeunes filles qui l’accompagnaient ce soir-là ont évoqué un projet de vol de voiture pour rejoindre la foire de Palavas. L’intéressé a soutenu de son côté qu’il cherchait à arranger les choses, après les tensions nées du vol de près de 1 500 euros commis quelques jours plus tôt au préjudice du compagnon de la victime. Au cours de l’instruction, il a expliqué avoir agi « par haine ».

Un seul accusé face aux jurés

Ils étaient plusieurs à avoir été mis en cause dans ce dossier. Deux jeunes femmes de l’entourage de l’accusé, incarcérées dans les jours qui ont suivi le crime, ont finalement bénéficié d’un non-lieu criminel. Elles comparaîtront pour non-assistance à personne en danger, devant le tribunal correctionnel. Un ancien compagnon de la victime est ressorti libre de sa garde à vue faute d’éléments.

La famille de Maëva Torres n’a jamais accepté ce périmètre judiciaire resserré. Elle défend la thèse d’un féminicide commis par procuration, plaidée par l’un de ses conseils, le bâtonnier Jacques Martin. L’autre avocat de la partie civile, Me Guillaume Raymond, estime que la vérité a été confisquée, pointant le téléphone portable de la victime jamais retrouvé ainsi que les pressions exercées sur les témoins. L’enquête n’a rien permis d’établir sur ces liens.

Le jeune homme encourt une peine maximale de 30 ans. Une première condamnation est déjà tombée : cinq ans d’emprisonnement, dont deux assortis du sursis, pour avoir frappé la directrice de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Lavaur, dans le Tarn, au début de son incarcération. Son avocat a annoncé qu’il reconnaîtrait pour la première fois avoir tenu le couteau. La décision est attendue jeudi.

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