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Logement social à Montpellier : un numéro d’appel pour signaler les nuisances la nuit

Deux agents du GSRI en patrouille devant le hall d'une residence sociale a Montpellier

Les locataires du parc social montpelliérain peuvent désormais joindre directement une brigade de terrain quand le calme de leur immeuble se dégrade. Le Groupement de sûreté résidentielle interbailleurs a ouvert le 14 septembre une ligne téléphonique accessible de 16 heures à 2 heures du matin. L’objectif affiché tient en une promesse : une patrouille sur place dans la demi-heure.

Un appel, une patrouille envoyée dans la demi-heure

Le principe est simple. L’habitant compose le numéro, l’appel arrive au centre de supervision du GSRI, un opérateur qualifie la situation puis oriente un équipage vers l’adresse. Tapage, parties communes occupées, squats, conflits de voisinage : la ligne couvre ce qui vient troubler la tranquillité d’une résidence en soirée comme la nuit.

Sur l’écran de contrôle du centre, les véhicules en patrouille apparaissent géolocalisés sur un plan de Montpellier et de sa métropole. Leur progression est suivie en temps réel. Steve Lefebvre, directeur du groupement, présente ce service comme un complément aux tournées déjà assurées quotidiennement dans les résidences.

« Il s’agit d’un service supplémentaire, en complément des patrouilles que nous effectuons tous les jours dans les résidences. Le but est d’être encore plus proches des locataires et d’intervenir dans les 30 minutes »

Steve Lefebvre, directeur du GSRI

Midi Libre, qui s’est rendu au centre de supervision, décrit une intervention aux Prés d’Arènes. Une locataire appelle pour prévenir que des jeunes fument de la drogue dans son hall. L’opérateur lui demande de rester chez elle. Cinq personnes ont finalement été priées de quitter les lieux.

Une quarantaine d’appels pendant le mois de test

La ligne n’a pas été ouverte à l’aveugle. Le groupement l’a d’abord expérimentée pendant un mois avec le seul ACM Habitat. Une quarantaine d’appels ont été recueillis sur cette période, « toujours pour de vrais motifs d’intervention » selon Steve Lefebvre.

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Reviennent surtout les nuisances sonores, les squats, les « jets de poubelles par les fenêtres » et la « mécanique sauvage dans les sous-sols des résidences ». Les agents étant assermentés, un signalement peut déboucher sur une verbalisation. Ces passages permettent aussi de redire aux résidents ce que prévoit le règlement intérieur, une approche que le directeur relie à sa volonté de préserver le dialogue.

Les bailleurs profitent également du dispositif. Ils disposent d’un accès au logiciel du groupement et suivent au jour le jour ce qui se produit dans leurs bâtiments, là où ils ne recevaient jusqu’ici qu’un rapport hebdomadaire. Les signalements des locataires alimentent cette base pour les 54 résidences couvertes.

Quarante agents, sept bailleurs et 3 millions d’euros par an

Derrière ce numéro se trouve une structure juridique peu banale. Le GSRI est un groupement d’intérêt économique immatriculé le 7 juillet 2023 au registre des entreprises, sous le code d’activité des services de sécurité privée. Sa naissance répond à une volonté politique portée par le maire Michaël Delafosse, qui préside également la Métropole.

Sept organismes HLM y sont aujourd’hui associés : Erilia, ACM Habitat, Promologis, SFHE, FDI Habitat, CDC Habitat social et Sète Thau Habitat. La Métropole participe au financement aux côtés des bailleurs. La page officielle de la Ville consacrée à la brigade n’en recense pour sa part que cinq. Le budget annuel de fonctionnement atteint 3 millions d’euros.

Une quarantaine d’agents composent l’effectif. Le recrutement puise chez d’anciens militaires ainsi que chez d’anciens adjoints de sécurité de la police ou de la gendarmerie. Deux maîtres-chiens en font partie. Steve Lefebvre, lui, vient de la police nationale. L’île de Thau, à Sète, s’est ajoutée au périmètre après l’adhésion de Sète Thau Habitat, avec un déploiement annoncé par la Ville de Sète pour janvier 2025.

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Des rondes encadrées par un arrêté préfectoral

La Ville de Montpellier détaille cinq missions pour cette brigade d’agents de tranquillité résidentielle : tenir l’autorité des organismes sur leur parc en soirée comme la nuit, assurer la tranquillité des locataires, faire respecter le règlement intérieur, prévenir les occupations illicites des caves, cages d’escalier, parkings souterrains et toitures, enfin relever les anomalies techniques du bâtiment comme une panne d’ascenseur. Ces sous-sols concentrent d’autres difficultés : une série de vols à la roulotte avait visé 17 résidences montpelliéraines au mois d’août, dans le parc privé cette fois.

Le périmètre d’action ne s’arrête pas aux parties communes. Signé le 19 février 2026, un arrêté de la préfecture permet à des agents du groupement d’intervenir sur la voie publique, dans le quartier Aiguelongue, relève le média spécialisé 83-629.fr. Confier la surveillance d’un espace public à des agents privés reste une exception en France, que le préfet accorde dossier par dossier.

La brigade est elle-même exposée. Quatre véhicules du groupement ont été détruits par un incendie volontaire dans la nuit du 19 au 20 décembre 2025, sur le parking de ses locaux montpelliérains. Steve Lefebvre y avait vu « une tentative d’intimidation manifeste ». En novembre 2025, actu.fr rapportait qu’un agent avait été légèrement blessé et menacé de mort dans le secteur d’Aiguelongue. Ailleurs dans la ville, la puissance publique a opté pour des méthodes plus radicales en détruisant à la pelle mécanique les points de deal de la cité Gély.

Un numéro transmis par les bailleurs

Une précision pratique pour les habitants concernés : le numéro passe par le bailleur. La page de la Ville indique qu’« une ligne téléphonique dédiée est communiquée aux locataires » afin de pouvoir appeler l’astreinte en cas de nuisances. Les résidents des immeubles couverts le reçoivent donc par l’intermédiaire de leur bailleur.

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Michel Calvo, qui préside ACM Habitat et porte au conseil municipal la délégation du logement social, salue de son côté un gain d’efficacité. Fin 2025, 85 % des bailleurs partenaires se déclaraient satisfaits ou très satisfaits du travail mené. Le dispositif dépasse maintenant les seules résidences sociales de Montpellier, la Ville de Juvignac ayant signé une convention de partenariat avec le GSRI.

Reste que la demande des habitants ne se limite pas aux nuisances signalables par téléphone. Aux Grisettes, les habitants ont dû réunir plus de 230 signatures avant d’obtenir un mât d’éclairage sur une aire de retournement laissée dans le noir. La tranquillité résidentielle se joue autant sur le bâti que sur les rondes.