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Carte scolaire de l’Hérault : les syndicats rejettent 20 postes supprimés

Les syndicats du premier degré de l’Hérault ont voté à l’unanimité contre la carte scolaire de la rentrée 2026, présentée jeudi 18 juin par la direction académique. En cause : la suppression de 20 postes d’enseignants et des dizaines de fermetures de classes dans le département. Une dernière réunion, fixée au 25 juin, doit sceller la carte définitive.

Un vote unanime contre la copie du rectorat

Réunis le 18 juin pour examiner les ultimes arbitrages, les représentants du personnel ont tranché sans nuance. La copie présentée par la direction des services départementaux de l’Éducation nationale a été rejetée par l’ensemble des organisations syndicales. Aux 83 fermetures et 42 ouvertures de classes déjà actées en avril, le directeur académique Aymeric Meiss ajoute neuf fermetures supplémentaires et huit ouvertures pour la prochaine rentrée.

Le solde reste défavorable aux écoles héraultaises. Le ministère a attribué au département une dotation de moins 20 postes équivalents temps plein. Les syndicats ont tout de même arraché plusieurs sursis de dernière minute. Quatre établissements échappent finalement aux fermetures programmées :

  • l’école Saint-Chinian
  • l’école de Saint-Paul-et-Valmalle
  • l’école du Pouget
  • l’école Marie-Curie à Montpellier, où 600 parents s’étaient mobilisés

Baisse démographique : deux lectures opposées

Le point de départ ne fait pas débat. La rentrée 2026 sera marquée par une baisse démographique nationale de 150 000 élèves. Dans l’académie de Montpellier, 4 600 enfants en moins sont attendus dans le premier degré public. Pour le seul Hérault, les projections tablent sur 1 818 élèves de moins, soit 1,8 % des effectifs.

Le rectorat assure avoir limité la casse en ne répercutant pas toute cette baisse sur les postes. Il promet un taux d’encadrement amélioré et un nombre moyen d’élèves par classe en recul dans les cinq départements de l’académie. La FSU-SNUipp 34 dresse un constat inverse. Le syndicat comptabilise 83 fermetures maintenues hors postes dédoublés, auxquelles s’ajoutent 28 suppressions de dispositifs dédoublés pour 39 ouvertures, comme le détaille son recensement école par école.

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Pour les Montpelliérains, le calcul a une traduction très concrète : des effectifs alourdis dans des classes qui accueillent déjà des élèves aux besoins multiples. Selon les organisations, la baisse du nombre d’enfants ne suffira ni à réduire la taille des classes ni à renforcer le remplacement, déficitaire depuis plusieurs rentrées.

AESH et écoles privées, la nouveauté qui crispe

Au-delà des chiffres, un dispositif inédit cristallise la colère. À la rentrée, les accompagnants d’élèves en situation de handicap, les AESH, jusqu’ici réservés aux écoles publiques, seront aussi déployés dans le privé à travers 24 Pôles d’appui à la scolarité. Pour les syndicats, ces nouveaux pôles détournent des moyens des classes ordinaires, au prix de 19 postes ponctionnés sur l’enveloppe du premier degré.

Sabine Raynaud, secrétaire départementale du SNUDI Force Ouvrière, dénonce des classes déjà saturées avant même la rentrée.

« C’est synonyme d’augmentation des effectifs par classe avec des enseignants en difficulté. Dans la plupart des classes, il y a énormément d’élèves en situation de handicap ou avec des besoins particuliers. Plus vous augmentez le nombre d’élèves, plus c’est difficile, voire infaisable. »

Sabine Raynaud, secrétaire départementale du SNUDI FO 34

La syndicaliste pointe aussi le financement public du privé. Elle rappelle que les établissements sous contrat bénéficient déjà chaque année de plusieurs milliards d’euros au titre de la loi Debré. Étendre les AESH à ces écoles revient, selon elle, à transférer encore des moyens du public vers le privé. Un grief partagé par SUD Éducation 34, qui parle d’un « dispositif qui détourne des personnels de leurs missions ».

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Mobilisation locale et dernière ligne droite

La contestation ne se limite pas aux instances syndicales. À Sète, les parents des écoles Arago, Michelet et La Renaissance ont monté un collectif, lancé une pétition de 771 signatures et envoyé une centaine de courriers à la direction académique. Le scénario rappelle celui de Montpellier, où la mobilisation autour de Marie-Curie a fini par payer. Ces dernières semaines, les personnels précaires de l’Éducation nationale s’étaient déjà fait entendre lors d’une grève des AED et AESH, dans la continuité des tensions du printemps au lycée Jules-Guesde.

Une ultime réunion est programmée le jeudi 25 juin pour finaliser la carte scolaire de la rentrée 2026. D’ici là, syndicats et familles comptent maintenir la pression sur la direction académique, dans l’espoir d’arracher encore quelques ouvertures de classes. Les arbitrages rendus ce jour-là dessineront le visage des écoles héraultaises pour septembre, dans un département où chaque classe fermée se transforme vite en bras de fer.