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Doualemn : la cour d’appel de Montpellier confirme sa condamnation

Intérieur d'une salle d'audience de tribunal aux boiseries sombres

Le suspense aura duré près de deux mois. La cour d’appel de Montpellier a rendu son arrêt ce jeudi 2 juillet dans l’affaire Boualem Naman, l’agent d’entretien montpelliérain devenu célèbre sur TikTok sous le pseudonyme « Doualemn ». Les magistrats ont confirmé la peine prononcée en première instance : cinq mois de prison avec sursis pour avoir incité à la violence sur les réseaux sociaux.

Cinq mois de sursis confirmés en appel

La cour d’appel a suivi les réquisitions de l’avocat général, qui avait plaidé le 11 mai la confirmation de la condamnation. Elle retient la culpabilité de ce Montpelliérain de 60 ans pour « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». La peine reste identique à celle décidée le 6 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Montpellier.

La défense espérait un autre dénouement. Me Vanessa Edberg avait réclamé une dispense de peine pour son client, qui expliquait avoir eu « peur pour l’Algérie » et ne pas avoir mesuré la portée de ses mots. L’avocate s’est dite « abasourdie » par la décision, qu’elle n’a pas souhaité commenter avant d’avoir pris connaissance des motivations écrites de la cour.

Une vidéo TikTok à l’origine de l’affaire

Tout part d’une séquence publiée début 2025. Suivi par près de 138 000 abonnés sur TikTok, où il s’exprimait régulièrement sur la situation algérienne, Boualem Naman appelle en arabe à « donner une sévère correction » à un opposant au régime du président Abdelmadjid Tebboune. La vidéo dépasse vite sa communauté.

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C’est le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, qui signale la publication au procureur de la République. Le dossier bascule alors du fait local à l’affaire d’État. Le préfet de l’Hérault retire son titre de séjour à l’influenceur et ordonne son expulsion vers l’Algérie. Nous revenions en détail sur cet emballement dans notre article publié à l’ouverture du procès en appel : Doualemn rejugé à Montpellier, le verdict attendu le 2 juillet.

Le volet administratif toujours en suspens

Si le volet pénal se referme, la bataille administrative continue. L’État a échoué à quatre reprises à expulser Boualem Naman, notamment lors d’un renvoi vers Alger que les autorités algériennes ont refusé, jugeant l’homme en situation régulière en France. Le sexagénaire fait toujours l’objet d’un arrêté d’expulsion depuis mars 2025, dont l’instruction se poursuit devant le tribunal administratif de Paris.

Depuis sa sortie d’hospitalisation en psychiatrie le 18 mai, l’influenceur est assigné à résidence. La préfecture de l’Hérault, qui le qualifie de « menace grave à l’ordre public », a prolongé cette assignation pour 45 jours à compter du 1er juillet. Une décision qui exaspère sa défense, privée de recours utile avant la rentrée judiciaire.

« Je ne peux rien faire parce que même si je fais un recours, il n’y aura pas d’audience ni en juillet, ni en août, puisque c’est les vacances judiciaires. L’audience sera reportée au début du mois de septembre, une fois que l’assignation sera arrivée à terme. Il y aura 90 jours de restriction de liberté sans contrôle juridictionnel effectif. »

Me Vanessa Edberg, avocate de Boualem Naman

Prochaine échéance à la rentrée

Le calendrier judiciaire laisse donc « Doualemn » dans l’attente. L’audience devant la justice administrative, qui doit trancher sur son maintien ou non sur le territoire français, ne se tiendra pas avant début septembre. D’ici là, l’homme reste soumis aux obligations de son assignation à résidence.

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Cette affaire, née d’une vidéo de quelques secondes, aura mobilisé pendant un an et demi tribunaux, préfecture et chancelleries. Elle illustre la portée qu’une publication sur les réseaux sociaux peut prendre quand elle croise les tensions diplomatiques entre Paris et Alger.