La grande piscine de 50 mètres promise à Castelnau-le-Lez ne sortira pas de terre. Le nouveau maire Julien Miro a prévenu la Métropole de Montpellier : il abandonne ce projet à 18,5 millions d’euros et préfère rénover l’actuel bassin Caron. Un revirement qui prive le nord-est de la métropole d’un équipement aquatique majeur.
Un projet à 18,5 millions d’euros rayé de la carte
C’était il y a tout juste un an, le 2 juillet 2025. Le président de la Métropole Michaël Delafosse se rendait à Castelnau-le-Lez, aux côtés du maire d’alors Frédéric Lafforgue, pour dévoiler un grand panneau dans le quartier du lycée Pompidou. À cet endroit devait naître la seizième piscine de la métropole : un grand bassin découvert de 50 mètres accompagné d’un bassin d’apprentissage.
Le calendrier était fixé. Les travaux devaient démarrer fin 2026 pour une livraison en 2029. La commune de Castelnau mettait le terrain à disposition pour l’euro symbolique. Dix ans de démarches administratives avaient été nécessaires pour faire aboutir ce dossier porté par l’ancienne équipe municipale.
Julien Miro préfère rénover la piscine Caron
Élu en mars 2026, le nouveau maire de Castelnau-le-Lez renonce à cette ambition. Il défend une autre option bien moins coûteuse : la réhabilitation de la piscine Caron, un bassin extérieur de 25 mètres situé face au collège. Le chantier de rénovation est estimé autour de 3 millions d’euros, loin des sommes engagées par le projet initial.
« La métropole n’a pas engagé d’argent et sûrement que des 18,5 M€ annoncés, on serait plutôt arrivés à 26 M€ sans compter les frais de fonctionnement. Cette nouvelle piscine était une lubie de l’ancienne majorité, qui voulait raser Caron et construire encore des immeubles. »
Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez
Julien Miro s’interroge sur la solidité financière du dossier hérité. « À part un grand panneau et un acte de cession du terrain, existe-t-il un document budgétaire sur ce projet ? » lance l’élu, qui poursuit la ligne anti-bétonnisation défendue depuis son arrivée à la mairie.
La clinique du Parc dans la balance
L’abandon de la piscine libère un terrain stratégique. Le site représente une surface de deux hectares, proche d’une autre parcelle de 2,5 hectares. Ces deux emprises, propriétés de la commune et de la métropole, pourraient accueillir la future clinique du Parc, dont le déménagement est à l’étude.
Cette maîtrise foncière constitue un atout par rapport à la zone de Sablassou, l’autre site envisagé pour l’établissement de santé. Ce terrain compte toutefois de multiples propriétaires. Pour Julien Miro, l’emplacement voisin du lycée Pompidou « est adapté ». L’ancien premier adjoint Gérard Sigaud le juge au contraire trop petit pour un tel projet.
Une décision politique très contestée
Devenu opposant, Gérard Sigaud ne décolère pas. Il dénonce une renonciation qu’il juge incompréhensible, alors que la commune ne mettait pas un euro dans la construction de l’équipement.
« Ce budget ira ailleurs, c’est une faute politique du nouveau maire. Refuser un équipement qui ne coûtait rien aux Castelnauviens est aberrant. On prive les 2 000 lycéens de Pompidou et aussi les 750 futurs étudiants du pôle Léonard de Vinci, sans parler des écoliers et des collégiens. »
Gérard Sigaud, ancien premier adjoint de Castelnau-le-Lez
L’ancien élu rappelle un détail qui pèse dans le débat : Julien Miro avait voté la délibération portant le projet en conseil communautaire le 3 octobre 2023, puis la cession du terrain en conseil municipal. Un engagement qui, selon lui, ne se renie pas si facilement.
Du côté de la métropole, le renoncement est plutôt bien accueilli. Renaud Calvat, vice-président de la métropole et maire de Jacou, estime que le territoire est déjà bien doté. « La métropole est déjà très bien équipée au regard du ratio piscines, nombre d’habitants », affirme-t-il, en défendant la valeur du bassin Caron où il a lui-même appris à nager. La question reste posée à l’heure où la prévention des noyades s’affiche comme une priorité nationale.
Ce nouvel arbitrage s’inscrit dans la ligne d’un maire qui a fait de la lutte contre les promoteurs sa marque de fabrique, comme lorsqu’il avait déclaré la guerre aux promoteurs quelques semaines plus tôt. Il illustre aussi les nouveaux équilibres au sein de la métropole, où treize nouveaux maires redéfinissent les priorités depuis les municipales de mars 2026.















