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Urbasolar : plan social de 53 postes, grève à Montpellier

Vue aérienne d'une centrale solaire photovoltaïque au sol

Le siège montpelliérain d’Urbasolar a connu un rassemblement inhabituel ce jeudi 9 juillet. Les salariés du spécialiste des centrales solaires ont débrayé une demi-journée pour contester un plan de sauvegarde de l’emploi qui prévoit la suppression de 53 postes en France. Une mobilisation rare dans un secteur des énergies renouvelables en pleine tourmente.

Un plan de sauvegarde de l’emploi contesté au Millénaire

Tout part d’une annonce faite le 27 mai. La direction d’Urbasolar, dont le siège occupe le quartier du Millénaire à l’est de Montpellier, informe alors ses équipes de son intention de supprimer 53 postes sur les 440 que compte l’entreprise dans l’Hexagone. Le développeur photovoltaïque enclenche un plan de sauvegarde de l’emploi.

Ce jeudi matin, une partie des salariés a cessé le travail à l’appel de leurs représentants. Le rassemblement s’est tenu devant le siège de la société, là où se négocie depuis plusieurs semaines le contenu du plan. Les élus du personnel, portés par le syndicat des cadres CFE-CGC, avaient reçu la veille de nouvelles contre-propositions de la direction.

Un secteur solaire fragilisé par le tournant réglementaire

Pour justifier sa réorganisation, Urbasolar met en avant une dégradation qu’elle qualifie de sans précédent du contexte économique et réglementaire. L’entreprise vise en particulier la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée en février, qui a fixé des objectifs solaires jugés très en deçà des attentes de la filière.

Le développeur pointe aussi la chute des appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie. Selon lui, plus aucun appel d’offres dédié aux centrales au sol n’a été lancé depuis juin 2025. À cela s’ajoutent des délais de raccordement au réseau toujours plus longs et coûteux, qui rendent une part croissante des projets non rentables aux prix actuels du marché.

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Le développement des projets s’est aussi complexifié. Les délais d’instruction administrative s’allongent, les taux de refus grimpent et les contraintes réglementaires se multiplient, entre loi Aper, protection des zones humides et exigences paysagères. Autant de freins qui réduisent la puissance installée par centrale et pèsent sur la rentabilité.

Ce contexte n’est pas propre à la capitale héraultaise. En février, les salariés de toute la filière des renouvelables électriques avaient déjà manifesté à Paris pour alerter sur la fragilité du secteur. Née à Montpellier en 2006, Urbasolar s’est imposée en une vingtaine d’années parmi les premiers exploitants de centrales solaires du pays, avec plus de 450 installations à son actif.

Un actionnaire suisse dans le viseur des syndicats

Les représentants du personnel ne nient pas ces difficultés. Ils contestent en revanche l’ampleur du plan et ses modalités. Les mesures d’accompagnement proposées aux salariés candidats au départ ou visés par un reclassement sont jugées « dérisoires » par les élus.

Leur argument principal tient à l’identité du propriétaire d’Urbasolar. Depuis 2019, l’entreprise appartient au groupe suisse Axpo, un énergéticien qui a dégagé près d’un milliard d’euros de bénéfices nets sur son dernier exercice. Un contraste que les élus jugent difficile à faire accepter aux équipes.

« Les élus dénoncent un projet de PSE qui réduit ses collaborateurs à une simple variable d’ajustement, alors même que les moyens financiers du groupe permettraient de limiter les conséquences économiques et humaines des suppressions d’emplois. »

Les élus du CSE d’Urbasolar (CFE-CGC), dans un communiqué

Les experts mandatés par le comité social et économique appuient cette lecture. Pour eux, les dernières améliorations apportées par la direction restent loin du compte. La négociation se poursuit dans un climat social que ce débrayage a rendu plus tendu.

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Une mobilisation qui dépasse Urbasolar

Le conflit chez le photovoltaïcien montpelliérain illustre le retournement d’un secteur longtemps porté par la transition énergétique, à l’image des projets locaux comme la production de biométhane de Maera ou le partenariat entre l’université de Montpellier et TotalEnergies. Après des années de croissance, les développeurs solaires affrontent un ralentissement des commandes publiques et un durcissement des règles d’implantation.

Pour les salariés d’Urbasolar, l’enjeu des prochaines semaines sera d’obtenir de meilleures conditions de départ et de reclassement. Ce débrayage, rare dans un secteur peu coutumier des conflits sociaux à la différence des ambulanciers privés de l’Hérault, montre que les équipes comptent peser sur la suite des discussions.