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Marche blanche pour Amine : 400 personnes à Montpellier

Bouquets de fleurs blanches, bougies et messages déposés le long de la grille d'une aire de jeux

Environ 400 personnes ont participé ce samedi 15 août à une marche blanche à Montpellier, en mémoire d’Amine, l’adolescent de 16 ans tué de deux coups de couteau le dimanche 9 août dans le quartier de Port-Marianne. Organisé par la famille, le cortège est parti du parvis de l’hôtel de ville pour rejoindre l’aire de jeux où le drame s’est produit. Une marche silencieuse, ponctuée de prières et de fleurs déposées une à une.

Un cortège parti du parvis de l’hôtel de ville

Rendez-vous avait été donné à 14 heures devant l’hôtel de ville, à quelques centaines de mètres seulement du lieu du drame. Au premier rang, la famille d’Amine. Derrière elle, ses amis, des adolescents du quartier, des voisins et de nombreux anonymes venus soutenir les proches sans avoir jamais croisé le jeune homme.

Une large banderole ouvrait le cortège avec ce message : « Amine à jamais dans nos cœurs ». La plupart des participants tenaient une rose à la main. Le parcours a mené le rassemblement jusqu’à l’aire de jeux pour enfants de l’allée Alberto-Giacometti, en bordure du parc Georges-Charpak, devenue depuis une semaine un lieu de recueillement.

Peu de mots ont accompagné la marche. Quelques prières en arabe se sont élevées parmi les participants, avant l’arrêt final devant les fleurs déjà nombreuses au pied des grilles. Chacun est venu déposer les siennes.

Le parc Georges-Charpak et l’allée Alberto-Giacometti, dans le quartier Port-Marianne à Montpellier.

« Amine, c’est notre fils à tous »

Parmi les participants, Bayan a été la voisine d’Amine avant d’être sa professeure d’anglais. Elle le décrit comme un garçon adorable qui n’aimait pas les problèmes. Plusieurs de ses élèves avaient fait le déplacement, aux côtés des copains de l’adolescent.

« Ça peut arriver à n’importe qui. On fait très attention maintenant. Ça me touche vraiment. En fait, Amine, c’est notre fils à tous. »

Bayan, voisine et ancienne professeure d’anglais d’Amine

Farid, voisin de la famille, connaissait l’adolescent depuis son enfance et le croisait presque tous les jours dans le quartier. Il retient un garçon accueillant et bienveillant. S’il a marché ce samedi, c’était pour le soutien et par humanité, explique-t-il.

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D’autres ne connaissaient ni Amine ni ses proches. Nadia, habitante du secteur, est venue montrer sa présence en tant que parent. Son fils a 15 ans, un âge qui lui fait peur depuis le drame. Elle reconnaît préférer parfois le savoir chez elle devant ses jeux vidéo plutôt que dehors. Cindy, mère d’une amie de la sœur d’Amine, réclame de son côté une justice plus sévère pour que le drame serve d’exemple.

Une bagarre entre jeunes qui a basculé

Les faits remontent au dimanche 9 août, vers 23h20, allée Alberto-Giacometti. Une rixe éclate entre plusieurs jeunes, à deux pas de l’aire de jeux. Amine reçoit deux coups de couteau au thorax. À l’arrivée des policiers, l’adolescent est en arrêt cardio-ventilatoire. Un médecin qui habite à proximité lui porte les premiers secours avant l’intervention du Samu. Transporté au CHU de Montpellier, il meurt vers 2 heures du matin. Notre article revient en détail sur le déroulé de cette rixe mortelle à Port-Marianne.

Le lendemain matin, un adolescent de 17 ans se présente de lui-même au commissariat et se désigne comme l’auteur du coup de couteau. Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux jeunes se connaissaient de longue date et s’étaient déjà opposés verbalement quelques heures plus tôt. Une nouvelle confrontation a éclaté dans la soirée.

Le parquet de Montpellier a ouvert une information judiciaire pour meurtre le mercredi 12 août. Le mineur a été mis en examen puis placé en détention provisoire. Les investigations se poursuivent désormais sous l’autorité d’un juge d’instruction, qui devra établir les circonstances exactes du drame. Dans le cortège, le même récit revenait chez beaucoup de participants : celui d’une bagarre d’adolescents devenue mortelle parce que l’un d’eux portait une lame.

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La Ville pointe la banalisation des armes blanches

Dès le lendemain des faits, la municipalité avait réagi par la voix de Sébastien Cote, premier adjoint au maire délégué à la tranquillité publique et à la prévention de la délinquance. Pour l’élu, cette affaire pose surtout la question du port d’armes blanches chez les mineurs. Sans lame ce soir-là, la bagarre ne se serait pas terminée par la mort d’un adolescent, estimait-il au micro d’ICI Hérault.

« C’est beaucoup de tristesse. J’ai appelé la famille pour présenter les condoléances de la part du maire et de la Ville de Montpellier. Personne ne doit mourir comme ça à 16 ans. »

Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier

Certains habitants évoquent une multiplication des bagarres nocturnes dans le secteur ces dernières années. L’adjoint conteste l’idée d’une dérive propre à Port-Marianne : les chiffres de la délinquance ne montrent pas de recrudescence particulière selon lui. Le quartier reste essentiellement résidentiel malgré sa forte croissance démographique.

La police municipale y assure désormais une présence comparable à celle déployée en centre-ville, indique la mairie, qui mise également sur la prévention dans le cadre du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, en lien avec les établissements scolaires. Le parc Georges-Charpak avait déjà fait parler de lui en juin, après une tentative d’enlèvement présumée.

Un livre d’or, des fleurs et une cagnotte pour la famille

Après une trentaine de minutes de marche, le cortège s’est immobilisé devant l’aire de jeux pour un moment de recueillement. Des bouquets y étaient déposés depuis plusieurs jours. Un livre d’or avait été installé pour permettre à chacun d’écrire un message aux proches.

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Le rassemblement s’est ensuite prolongé quelques pas plus loin, au parc Georges-Charpak, autour d’un moment convivial où chacun pouvait boire un verre et partager quelques mets. Une manière de finir la journée autrement que dans le silence.

Pour soutenir la famille, une cagnotte en ligne a été ouverte sur la plateforme Le Pot Commun. L’instruction judiciaire, elle, ne fait que commencer. Les proches d’Amine devront patienter de longs mois avant qu’un procès ne se tienne devant la cour d’assises des mineurs de l’Hérault.