Un jeune homme de 19 ans est mort dimanche 16 août au CHU de Montpellier, au lendemain d’une fusillade sur le parking de la discothèque l’Élite, avenue de Maurin. La victime, domiciliée à Sète, n’était pas impliquée dans la rixe qui a dégénéré. Le ou les tireurs sont en fuite.
Réfugié dans un fossé, touché par une balle perdue
Les secours sont alertés aux alentours de 6 heures du matin, samedi 15 août. Sur le parking de l’Élite, ancien Élysée, une bagarre oppose une dizaine de personnes dans le quartier de Garosud, au sud de la ville. Plusieurs coups de feu claquent, tirés avec une arme de poing.
Le jeune Sétois venait de quitter l’établissement avec sa cousine et des amis. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, aucun d’eux n’avait pris part à l’affrontement. Terrorisés par les détonations, ils se réfugient dans le fossé qui longe la route en attendant leur VTC. C’est là que le jeune homme est atteint au crâne.
À l’arrivée des policiers, des sapeurs-pompiers du SDIS 34 et du Smur, il gît au sol en arrêt cardio-respiratoire. Médicalisé sur place, il est transporté au département anesthésie-réanimation du CHU de Montpellier, le pronostic vital engagé. Il n’a pas survécu à ses blessures.
Les tireurs en fuite, l’enquête confiée à la police judiciaire
Profitant de la confusion, l’auteur des tirs a quitté les lieux en voiture, vraisemblablement accompagné de complices. Aucune interpellation n’était intervenue ce lundi matin. Le mobile de la dispute, née à l’intérieur de la discothèque entre plusieurs clients, reste à établir.
Les investigations ont été confiées au Service interdépartemental de police judiciaire de Montpellier. Elles sont menées du chef d’homicide volontaire. Les enquêteurs exploitent les images des caméras de l’établissement ainsi que celles de la vidéoprotection municipale. Une autopsie doit être pratiquée dans la semaine.
L’Élite a été placé sous scellés.
Un établissement déjà sous le coup d’une fermeture
La discothèque n’en est pas à son premier épisode violent. La préfète de l’Hérault avait déjà ordonné sa fermeture administrative pour deux mois, une décision motivée par du travail dissimulé et de la revente illégale de tabac. À la suite du drame, la préfecture annonce de nouvelles sanctions à l’encontre de l’exploitant.
L’adresse revient avec une régularité troublante dans les signalements de police depuis deux ans :
- 4 avril 2024 : deux hommes encagoulés et armés d’un fusil font évacuer la salle, alors baptisée Le Mirage, avant d’y mettre le feu
- Novembre 2024 : un homme est retrouvé dans une mare de sang sur un parking voisin après une violente bagarre
- Mai 2026 : un Nîmois de 25 ans est blessé par balle à la cheville après une altercation avec des vigiles, une enquête pour tentative d’homicide volontaire est ouverte
La mairie réclame un pouvoir de fermeture définitive
Sébastien Cote, premier adjoint chargé de la tranquillité publique, ne cache pas son exaspération. L’élu dit ressentir d’abord de la consternation pour la famille du jeune homme, ensuite de la colère devant l’accumulation des faits à la même adresse.
« On est dans l’argent sale, le blanchiment. Il faut que le législateur entende ce qu’on dit depuis des années : donnez au maire ou au préfet des pouvoirs supplémentaires de fermeture administrative définitive. Il faut que l’ordre public prévale sur la liberté du commerce quand même ! Si cet établissement avait été fermé en mai, on n’en serait pas là. »
Sébastien Cote, premier adjoint au maire de Montpellier chargé de la tranquillité publique
Le premier adjoint pointe les limites du droit actuel. Un maire ou un préfet peut prononcer une fermeture temporaire, jamais définitive. Les exploitants disposent de recours devant le tribunal administratif, une procédure qui repousse l’application des sanctions de plusieurs semaines. La collectivité en a fait l’expérience en juillet, lorsque la justice a suspendu la fermeture d’un restaurant de l’Écusson.
Selon l’élu, ces établissements sont « bien conseillés » et utilisent tous les recours prévus par la loi pour retarder des sanctions qui devraient, selon lui, couler de source.
Un mois d’août endeuillé à Montpellier
Le drame intervient six jours après la mort d’un adolescent de 16 ans lors d’une rixe à Port-Marianne. Vendredi, une marche blanche avait rassemblé environ 400 personnes dans les rues de la ville en sa mémoire.
Les deux affaires n’ont aucun lien entre elles. Elles nourrissent pourtant le même sentiment chez les Montpelliérains : celui d’une circulation des armes à feu qui banalise le passage à l’acte lors de simples différends nocturnes.
Du côté de Sète, la nouvelle a fait le tour de la ville dimanche. La victime, âgée de 19 ans, était venue passer une nuit festive à Montpellier avec ses proches. Ils ont assisté au drame sans pouvoir intervenir.















