Une dizaine d’hommes ont fait irruption lundi 24 août sur le site montpelliérain de la Société méditerranéenne de nettoiement, société de propreté du groupe Nicollin implantée à Garosud. Un coup de feu a été tiré dans le plafond au terme d’une altercation avec des membres de la CGT. Deux frères, salariés de la société, ont été présentés vendredi au tribunal judiciaire de Montpellier.
Une irruption groupée dans le local de la CGT
La scène se joue au milieu de la matinée. Le décor est celui du site de la Castelle, dans la zone d’activités de Garosud, au sud-ouest de la ville. Le secteur relève du quartier Croix d’Argent. Une dizaine d’hommes, conduits par un salarié de l’entreprise, ont pénétré sur le site et se sont dirigés vers le local du syndicat.
La démarche visait, selon les éléments de l’enquête rapportés par Midi Libre, à obtenir de l’organisation syndicale l’inscription d’un nom précis sur sa liste de candidats. Le scrutin professionnel est prévu en novembre dans l’entreprise. Le ton est rapidement monté face aux syndicalistes qui se trouvaient sur place.
Un coup de feu tiré dans le plafond
Une arme a alors été sortie. Elle avait été récupérée un peu plus tôt dans un véhicule stationné à l’extérieur du site. Un coup est parti en direction du plafond. Le calibre relevé est un 7,65, sur une arme semi-automatique.
La détonation a mis fin à la confrontation. La direction de la société a été prévenue dans la foulée. Les policiers dépêchés sur place ont constaté que deux personnes, dont l’auteur du tir, avaient pris la fuite.
Le lendemain, mardi 25 août en milieu de journée, deux salariés se sont présentés d’eux-mêmes au commissariat. L’un des deux est élu du personnel. Tous deux ont reconnu leur implication dans l’altercation, puis dans le fait d’avoir récupéré l’arme avant que l’un d’eux en fasse usage.
Deux frères devant le tribunal, audience renvoyée au 23 octobre
Âgés de 46 et 47 ans, les deux hommes ont été présentés vendredi 28 août devant le tribunal judiciaire de Montpellier, selon la procédure de comparution immédiate. Les poursuites visent des faits de violence aggravée. L’un des deux répond en plus d’une détention non autorisée d’arme.
Leurs conseils, Mes Jean-Baptiste Mousset et Christelle Bourret-Mendel, ont sollicité et obtenu un délai. Le dossier sera examiné le vendredi 23 octobre, soit huit semaines après cette première présentation.
« Mon client a fait le choix de se mettre du côté de la loi. Il regrette les faits de lundi »
Me Jean-Baptiste Mousset, avocat de l’un des deux frères
L’avocat a évoqué au passage une agression d’intimidation dont son client aurait été victime un an plus tôt. De son côté, le salarié qui accompagnait le groupe de visiteurs a annoncé son intention de se constituer partie civile.
Trois mises à pied et une procédure très encadrée
Sans attendre l’issue judiciaire, la SMN a placé trois de ses salariés sous mise à pied conservatoire. Des procédures de licenciement ont été engagées dans le même mouvement.
Le volet disciplinaire n’a rien d’une formalité. Un salarié titulaire d’un mandat de représentant du personnel ne peut être licencié sans l’autorisation de l’inspecteur du travail, rappelle le ministère du Travail. L’inspecteur mène une enquête contradictoire destinée à vérifier que la rupture du contrat n’est pas une mesure liée aux fonctions de représentation du salarié.
L’employeur conserve la possibilité de prononcer une mise à pied conservatoire immédiate en cas de faute grave. Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, la demande d’autorisation adressée à l’inspection doit toutefois être précédée d’une consultation du comité social et économique. La protection s’étend aux candidats à une élection professionnelle, pendant six mois à compter de l’envoi de leur candidature à l’employeur.
La SMN, poids lourd de la propreté héraultaise
Derrière ces trois lettres se cache une société aux effectifs conséquents. Immatriculée en 1961, la Société méditerranéenne de nettoiement a son siège au 351 rue de la Castelle, dans la rue même où se sont produits les faits. Son activité déclarée est la collecte des déchets non dangereux. Elle employait entre 1 000 et 1 999 salariés en 2023 et exploite aujourd’hui 33 établissements ouverts, selon l’annuaire des entreprises de l’État.
Ses directeurs généraux se nomment Laurent et Olivier Nicollin, épaulés par un directeur général délégué, Guillaume Héritier. Les deux dirigeants ont défrayé la chronique locale en juin en renonçant à vendre le MHSC, dont la famille garde les commandes. Le groupe a annoncé le 10 juillet son entrée en négociation exclusive avec Morgan Stanley Infrastructure Partners en vue de céder le contrôle de son pôle Environnement, qui rassemble 4 800 salariés.
Le dossier reviendra devant le tribunal correctionnel le 23 octobre. Les élections professionnelles de la SMN, elles, sont attendues en novembre.















