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CHU de Montpellier : deux extensions à 96,7 millions d’euros lancées à Arnaud-de-Villeneuve

Façade de l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve du CHU de Montpellier, une grue de chantier en arrière-plan

Le CHU de Montpellier a posé deux premières pierres ce lundi 28 septembre sur le site d’Arnaud-de-Villeneuve. Les pôles femme-mère-enfant et cœur-poumons-vaisseaux vont gagner chacun un bâtiment neuf, livrés en 2027 puis en 2028, pour un investissement cumulé de 96,7 millions d’euros. Les documents publics du chantier racontent une opération engagée bien avant les discours de lundi.

Deux bâtiments neufs sur le campus des Hôpitaux-Facultés

La cérémonie réunissait la direction de l’établissement, les chefs des deux pôles concernés, le maire de Montpellier et l’agence régionale de santé. Le bâtiment du pôle femme-mère-enfant s’élèvera dans le prolongement de l’hôpital, celui du pôle cœur-poumons-vaisseaux un peu plus loin, avenue du Doyen Gaston Giraud, dans le quartier Hôpitaux-Facultés desservi par la ligne 1 du tramway.

« Deux premières pierres pour deux projets différents, une même ambition : transformer notre CHU Montpellier au service des patients, des professionnels, de notre territoire. »

Anne Ferrer, directrice générale du CHU de Montpellier

Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole, a rappelé ce qui rendait le chantier impossible il y a sept ans. « En 2019, aucun réaménagement n’était possible en raison du risque d’inondation », a-t-il expliqué selon Midi Libre. « Nous avons donc endigué afin de mener cette transformation hospitalière qui est une des plus ambitieuses de France », a-t-il ajouté.

La genèse remonte plus loin encore. Jean-Luc Pasquié, président de la commission médicale d’établissement et ancien responsable du pôle cœur-poumons-vaisseaux, a raconté le déclencheur : « Il y a huit ans, quand nous avons renouvelé les salles, nous avons cherché en vain un endroit pour mettre notre scanner. »

Les deux opérations additionnées atteignent 96,7 millions d’euros, somme des 37,9 millions annoncés pour le pôle femme-mère-enfant et des 58,8 millions du pôle cœur-poumons-vaisseaux. Hérault Tribune comme toutmontpellier retiennent la formule « près de 100 millions ». Midi Libre avance pour sa part un total de 78 millions, inférieur à l’addition des deux montants que le quotidien publie lui-même. Côté surfaces, les deux bâtiments cumulent 10 490 m² en additionnant 2 850 et 7 640 m², 11 000 m² selon le décompte du même journal.

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Localisation : hôpital Arnaud-de-Villeneuve, avenue du Doyen Gaston Giraud, Montpellier

Le pôle femme-mère-enfant attendu en juin 2027

La première extension est chiffrée à 37,9 millions d’euros. Sa surface varie selon les sources : 2 850 m² pour Hérault Tribune, près de 3 000 m² pour Midi Libre. Imagerie prénatale, explorations fonctionnelles de l’enfant, consultations spécialisées de gynécologie-obstétrique : ces activités seront rassemblées dans un seul ensemble. Une IRM réservée aux enfants y est prévue.

L’organisation intérieure se répartit sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée, la gynécologie-obstétrique sera répartie par filières : diagnostic prénatal, cancers féminins, urgences, grossesses complexes. L’étage accueillera les spécialités pédiatriques, dont les plateaux techniques seront installés à proximité des consultations et de l’imagerie.

Guillaume Captier, chef du pôle femme-mère-enfant, y voit le premier acte d’une modernisation plus large. « Les locaux d’Arnaud-de-Villeneuve, qui commencent à avoir une certaine histoire de fonctionnement, doivent être modernisés », a-t-il déclaré. Le déménagement libérera des surfaces dans le bâtiment actuel. Elles serviront à réorganiser la réanimation, les soins critiques du nouveau-né et de l’enfant ainsi que les urgences gynécologiques.

Sept salles interventionnelles pour le cœur et les poumons

Le second chantier est le plus lourd : 7 640 m² répartis sur six niveaux, pour 58,8 millions d’euros hors équipements, dont 41,8 millions issus des crédits du Ségur de la santé. La livraison est annoncée pour 2028. Midi Libre indique que des passerelles relieront le nouveau bâtiment aux 53 000 m² existants d’Arnaud-de-Villeneuve à chaque niveau, à l’horizon 2030.

Le contenu du bâtiment est connu dans le détail. Sept salles interventionnelles sont prévues, dont un scanner 4DCT. Les soins intensifs de cardiologie gagneront de la surface, ceux de pneumologie aussi, tout comme l’oncologie thoracique. Deux salles viendront s’ajouter au bloc opératoire. La réanimation comptera 20 lits au lieu de 16, les soins intensifs 12 au lieu de 8. Les pathologies vasculaires aujourd’hui traitées à Saint-Éloi rejoindront le site.

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L’agence TLR architecture, coconceptrice du bâtiment, présentait le projet en juin 2025.

Un marché conclu 1 430 jours après l’appel à concurrence

L’avis d’attribution publié au Journal officiel de l’Union européenne le 22 juillet 2025 éclaire la longueur de la procédure. L’appel public à la concurrence pour la conception-réalisation du pôle cardio-pneumo avait été publié le 5 juillet 2021. Le lauréat a été choisi le 12 mars 2025, le marché conclu le 4 juin suivant. Soit 1 430 jours entre l’appel à concurrence et la conclusion du marché, près de quatre ans.

L’avis donne aussi les montants. Le CHU avait estimé le marché à 27,37 millions d’euros hors taxes. Trois offres ont été déposées. Les offres recevables s’échelonnaient entre 35,88 et 36,65 millions, au-dessus de cette estimation. Celle du groupement retenu, mené par Bouygues et réunissant Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest, Bouygues Bâtiment Sud-Est et TLR Architecture & Associés, atteint 36 509 547,75 euros. Elle n’était pas la moins-disante, le prix comptant pour 40 % de la note selon la pondération publiée.

L’avis détaille le contenu du futur bâtiment, dans les termes du marché :

  • l’extension du plateau de cardiologie interventionnelle
  • une unité d’hospitalisation complète polyvalente
  • l’unité de soins intensifs de pneumologie, imposée au dernier niveau par la hauteur sous dalle
  • l’unité clinique du sommeil
  • le service de médecine vasculaire
  • la sécurisation des installations électriques

Quatre-vingts millions empruntés à la Banque européenne d’investissement

« Les comptes à l’équilibre ont permis d’emprunter afin de financer les projets », a souligné Michaël Delafosse. Le registre public de la Banque européenne d’investissement recense un prêt de 80 millions d’euros signé le 26 novembre 2025 au bénéfice du CHU de Montpellier, réparti entre 64 millions au titre de la santé et 16 millions au titre de l’enseignement. La fiche du projet évoque une enveloppe envisagée de 130 millions pour un coût total approché de 360 millions.

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Le document environnemental joint, daté du 18 novembre 2025, décrit dix-sept opérations à des stades d’avancement différents, réparties sur les sites de Lapeyronie, Arnaud-de-Villeneuve, Saint-Éloi, Gui-de-Chauliac et La Colombière. La banque y voit la première phase du schéma directeur immobilier et énergétique de l’établissement, validé au niveau national et suivi par l’ARS Occitanie. Aucune ventilation opération par opération n’y figure. Le projet d’établissement 2023-2027 présenté à l’automne 2023 chiffrait pour sa part l’ensemble des ambitions du CHU à 738,7 millions d’euros.

La climatisation promise au bâtiment existant

Une des retombées attendues ne concerne pas les murs neufs. « On pourra par exemple y installer la climatisation qui faisait tant défaut », observe Philippe Gaudard, chef du pôle cœur, poumons et vaisseaux. L’avis d’attribution confirme la mécanique : le marché prévoit d’augmenter les capacités en eau glacée du site, ressource destinée aux futures opérations de rafraîchissement d’Arnaud-de-Villeneuve. Cet été encore, des services du CHU soignaient sous 40 °C sans climatisation.

Bénédicte Motte, directrice générale adjointe de l’ARS Occitanie, a resitué l’enjeu : ces extensions « répondent à un impératif de modernisation sur un territoire en forte hausse démographique ». Anne Ferrer a rappelé que l’État avait accepté en juillet 2023 de régionaliser le projet, ouvrant une coopération avec Lodève, Lamalou et Béziers notamment. Le CHU, qui a déjà décroché 14,9 millions d’euros de France 2030 pour son intelligence artificielle hospitalière, n’en a pas fini avec les grues : après Balmès 2, Jean-Luc Pasquié annonce Gui-de-Chauliac comme dernier chantier d’envergure.