La discothèque et bar à chicha L’Élite, avenue de Maurin à Montpellier, va rester portes closes pendant six mois. La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet invoque de « graves troubles à l’ordre public » ainsi que la vente et la consommation de protoxyde d’azote dans l’établissement. C’est la deuxième fermeture administrative frappant cette adresse depuis le mois d’août.
Six mois de rideau baissé pour l’établissement de Garosud
La préfecture de l’Hérault a rendu sa décision publique le vendredi 23 octobre. Son annonce retient deux motifs : des « graves troubles à l’ordre public » ainsi que la « vente et consommation de protoxyde d’azote » au sein de l’établissement. La durée retenue est de six mois.
Les dates de prise d’effet divergent selon les sources. Midi Libre, qui a publié l’information dès le 22 octobre, écrit que l’arrêté s’applique depuis le 16 octobre et court jusqu’au 16 avril 2027. Hérault Tribune et Actu Montpellier situent la décision au vendredi 23 octobre, jour de l’annonce officielle.
❌ Nouvelle fermeture administrative décidée par le préfète de l’#Hérault
— Préfète de l'Hérault 🇫🇷 (@Prefet34) 23 octobre 2026
👉 L’établissement « L’Élite » situé avenue de Maurin à Montpellier
6️⃣ mois de fermeture :
▶️ graves troubles à l’ordre public
▶️vente et consommation de protoxyde d’azote pic.twitter.com/Qa7NfCXEmC
L’adresse est désormais familière des Montpelliérains : le 2650 avenue de Maurin, dans le secteur d’activités de Garosud, au sud de la ville. Actu Montpellier désigne le lieu sous le nom d’« Élite (Élysée) » et rappelle qu’il abrite aussi un bar à chicha.
Deux arrêtés en deux mois, pour des motifs distincts
Le 17 août, la préfecture annonçait déjà une fermeture visant la même adresse. Sa durée était alors de deux mois et les griefs n’avaient rien à voir : « détention frauduleuse de tabac en vue de sa revente et travail dissimulé ». Notre article du 18 août revenait sur cette série d’arrêtés, qui frappait aussi un restaurant de Port-Marianne et un bar du centre-ville.
Hérault Tribune relève que la nouvelle décision « intervient donc après une première mesure fondée sur des infractions distinctes de celles aujourd’hui mises en avant par les services de l’État ». La durée de fermeture passe de deux à six mois d’un arrêté à l’autre.
Selon Midi Libre, l’arrêté vise « les troubles à l’ordre public d’une extrême gravité survenus le 15 août dernier, ayant conduit à la mort d’un jeune homme », ainsi que la découverte « de marchandises illégales au sein de l’établissement, dans le cadre des recherches judiciaires, les jours qui ont suivi ». Le quotidien régional écrit tenir de ses propres informations un décompte : les enquêteurs auraient mis la main, dans les locaux, sur plus de cent bouteilles de ce gaz et sur le matériel qui sert à en faire un produit psychoactif.
Actu Montpellier avance un élément supplémentaire. S’appuyant sur des rapports de la police nationale, le média évoque une tentative de meurtre en mai 2026 et un meurtre commis sur le parking de l’établissement.
Ce que la loi interdit depuis le 20 août
Le protoxyde d’azote figure noir sur blanc parmi les motifs affichés par la préfecture. Son encadrement a changé cet été. L’article L. 3611-3 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de la loi du 18 août 2026, est en vigueur depuis le 20 août.
« Il est interdit de vendre ou d’offrir du protoxyde d’azote, y compris à une personne majeure, dans les débits de boissons mentionnés aux articles L. 3331-1, L. 3334-1 et L. 3334-2 ainsi que dans les débits de tabac. »
Article L. 3611-3 du code de la santé publique
Violer ces interdictions expose à deux ans d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende. Un article voisin, créé par la même loi, sanctionne désormais l’inhalation elle-même en dehors de tout acte médical : un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. Le texte consolidé est consultable sur la fiche Légifrance de l’article L. 3611-3.
L’enquête sur la mort d’Issam se poursuit
Au petit matin du 15 août, un jeune Sétois prénommé Issam a été touché en pleine tête par une balle perdue sur le parking de la boîte de nuit, alors qu’il attendait un VTC. Son âge varie d’un média à l’autre : Midi Libre et Hérault Tribune évoquent un jeune homme de 18 ans, Actu Montpellier de 19 ans. Notre article du 17 août détaillait les premières constatations.
« Il n’avait aucun lien avec la bagarre », avait certifié dès le lendemain du drame le procureur de la République de Montpellier Thierry Lescouarc’h, cité par Midi Libre. L’auteur présumé du coup de feu a depuis été mis en examen puis placé en détention provisoire : nous rapportions début octobre qu’il s’était constitué prisonnier cinq jours après les faits.
Le dossier est entre les mains d’un juge d’instruction et avance désormais sur commission rogatoire. Actu Montpellier indique que l’exploitant de l’établissement et les physionomistes présents cette nuit-là doivent être entendus. Soixante-neuf jours séparent la fusillade du 15 août de l’annonce préfectorale du 23 octobre.
Comme tout arrêté de fermeture administrative, la mesure peut être contestée devant le tribunal administratif de Montpellier. En juillet, la juridiction avait suspendu la fermeture d’un restaurant montpelliérain.













