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Manifestation du 5 novembre à Montpellier : 3 200 personnes sous l’orage, trois interpellations

Objets saisis par la police lors de la manifestation du 5 novembre 2026 à Montpellier : masques, lunettes de protection, gants, pétards et marteau

La pluie et les orages n’ont pas vidé les rues de Montpellier ce jeudi 5 novembre. Entre la place Max-Rouquette et la place de l’Europe, la préfecture de l’Hérault a compté environ 3 200 personnes au plus fort du cortège, quand les manifestants revendiquaient près de 4 000 participants. La fin de journée place de la Comédie a été marquée par une sommation lancée depuis un hélicoptère de la gendarmerie. La préfecture recense trois interpellations.

Un parcours inédit de 3,7 kilomètres qui contournait l’Écusson

Le rendez-vous était fixé à 14 heures place Max-Rouquette, aux Arceaux. À l’heure dite, les manifestants n’étaient qu’environ 400 sous des trombes d’eau, puis entre 1 500 et 2 000 un quart d’heure plus tard, selon les relevés de Midi Libre sur place. Le cortège s’est élancé peu avant 14 h 40, à la faveur d’une accalmie.

Le tracé, long de 3,7 kilomètres, avait été négocié avec la préfecture puis validé par les organisations syndicales. Il contournait volontairement le centre historique en passant par le cours Gambetta, Plan Cabanes et le boulevard de Strasbourg, avant de rejoindre Antigone et la place de l’Europe, face à l’hôtel de Région. Un arrêté de la préfète Chantal Mauchet interdisait tout rassemblement dans l’Écusson et ses abords de 8 heures à 22 heures, autorisait la captation d’images par drone et prohibait le port de cagoules comme celui d’objets dangereux.

En tête du défilé figurait le maire de Montpellier Michaël Delafosse. Le matin même, sur X, l’édile appelait les Montpelliérains à marcher « face à la vie chère qui touche ceux et celles qui peinent à vivre de leur travail, les retraités aux petites pensions, en soutien à la jeunesse qui se mobilise pour la qualité du service public d’éducation et son avenir ». Son premier adjoint délégué à la sécurité Sébastien Cote, la députée Fanny Dombre-Coste et la sénatrice Julie Frêche ont également été aperçus dans la foule. L’appel héraultais avait été signé fin octobre par sept organisations syndicales du département.

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Lycées bloqués et cafétérias fermées dès le matin

La jeunesse n’a pas attendu l’après-midi pour se faire entendre. Dès l’aube, plusieurs établissements montpelliérains étaient filtrés ou fermés, un barnum ayant même été monté devant le lycée Clemenceau pour s’abriter de la pluie.

  • Les lycées Joffre, Monnet et Clemenceau bloqués
  • Les facultés d’économie, d’éducation et de droit bloquées
  • L’université Paul-Valéry occupée, avec les sites de Boutonnet et de Saint-Charles bloqués

Le Crous annonçait de son côté la fermeture de ses cafétérias de Boutonnet, Richter, Saint-Charles, de la faculté de droit et de Paul-Valéry, entre autres. Côté transports, TaM avait annoncé un trafic de trams et de bus proche de celui d’un samedi, avec des coupures ponctuelles aux abords du défilé, des Arceaux au secteur du Pirée, en passant par Gambetta, Saint-Louis puis le boulevard de Strasbourg.

La météo a joué les trouble-fête. Dès 10 heures, la moitié est du département basculait en vigilance orange pour un risque de pluie-inondation, le Lez étant déjà visé par une vigilance jaune orages et crues. Pendant que la crue du Lez se poursuivait, l’avenue de Maurin et la voie Domitienne ont été fermées à la circulation, a prévenu la Ville sur ses réseaux.

Sommation par hélicoptère et trois interpellations

La manifestation s’est achevée vers 16 h 30 dans le calme place de l’Europe, rapporte France 3 Occitanie. Une partie des manifestants a toutefois repris la direction du centre-ville. Les forces de l’ordre ont coupé le cortège en deux au niveau de la piscine olympique d’Antigone, tandis que des camions de gendarmes verrouillaient les Échelles de la ville, au pied du Polygone.

Environ 200 personnes se sont retrouvées place de la Comédie, interdite par arrêté. Face aux policiers massés près de la statue des Trois Grâces, elles ont entonné La Marseillaise avant que l’hélicoptère de la gendarmerie ne survole la place en vol stationnaire. « Attention, attention, mesdames messieurs, vous participez désormais à un attroupement. Vous devez vous disperser et quitter les lieux », a diffusé l’appareil par haut-parleur, selon la retranscription de Midi Libre. Les manifestants ont ensuite été repoussés vers l’esplanade Charles-de-Gaulle, un homme étant plaqué au sol puis interpellé et une grenade de désencerclement lancée par un policier en civil, décrit Hérault Tribune.

« La manifestation de l’intersyndicale s’est déroulée dans le calme à Montpellier. Le cortège a suivi le parcours officiel et réuni au plus fort environ 3200 personnes entre la place Max Rouquette et la place de l’Europe. »

Communiqué de la préfecture de l’Hérault, 5 novembre 2026

Le même communiqué signale un autre épisode : entre 200 et 300 personnes ont circulé dans l’Écusson, où elles ont cherché à commettre des dégradations du côté de Saint-Roch. Les policiers de la DIPN 34 y étaient épaulés par deux unités de force mobile, soit un escadron de gendarmerie mobile et une compagnie de CRS, auxquels s’ajoutaient un hélicoptère et un engin lanceur d’eau. À 18 heures, France 3 Occitanie dénombrait encore huit fourgons de police et quarante CRS dans le centre historique.

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Le bilan provisoire de la préfecture fait état de trois interpellations. Les motifs retenus sont, selon le texte, « violence aggravée sur personne dépositaire de l’autorité publique, visage dissimulé » ainsi que « jet de projectiles sur les forces de l’ordre ». Les objets saisis lors des interpellations et des contrôles ont été photographiés puis diffusés par les services de l’État : masques, lunettes de protection, gants, pétards et un marteau.

Une journée nationale en forte hausse, un centre-ville toujours sous tension

À l’échelle du pays, le ministère de l’Intérieur a recensé 575 000 manifestants dans 193 cortèges, dont 65 000 à Paris. La CGT revendique de son côté près de 1,6 million de participants, dont 350 000 dans la capitale. Dans les deux décomptes, il s’agit de la plus forte mobilisation sur une seule journée cet automne. Le bilan national arrêté à 18 heures faisait état de 448 interpellations, de 53 membres des forces de l’ordre blessés et de 86 interventions pour incendies.

L’Éducation nationale a compté 15,81 % de grévistes parmi ses enseignants, un taux qui monte à 19,14 % dans le premier degré. Le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, avance de son côté un taux de 52 % de grévistes dans les collèges et les lycées. Ailleurs dans l’Hérault, la police municipale de Béziers a compté 1 300 participants, la CGT 2 000. À Sète, ils étaient près de 250.

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Le contraste avec le samedi précédent est net. Le 31 octobre, malgré une interdiction préfectorale validée par le tribunal administratif, la préfecture avait dénombré jusqu’à 8 000 participants et la soirée s’était terminée au gaz lacrymogène et au canon à eau sur la Comédie. Cette fois, la préfecture indique avoir dispersé les manifestants « sans usage de moyen collectif de défense ». Pour les commerçants du centre-ville, pénalisés par les manifestations et les pillages, la préfète a annoncé son intention d’ouvrir une dérogation au repos dominical qui pourrait s’appliquer dès le 15 novembre.