Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Parcelle473 : l’exposition du peintre Fabien Verschaere devient un hommage posthume

À Parcelle473, le musée d’art urbain et contemporain niché dans le quartier Malbosc, le vernissage du samedi 18 avril a pris une dimension inattendue. L’artiste Fabien Verschaere, dont l’exposition-atelier « 1 + 1 = 11 » ouvrait ce jour-là en partenariat avec le Centre Pompidou, s’est éteint brutalement le 9 avril dernier à l’âge de 50 ans. L’exposition qu’il avait imaginée pour les enfants se transforme en hommage.

Le musée ouvre parallèlement une deuxième exposition, « Le Champ du Métal » de Fernando Costa, visible jusqu’au 20 septembre 2026. Deux propositions radicalement différentes qui font dialoguer l’imaginaire enfantin et la mémoire industrielle.

Une exposition devenue hommage à l’artiste disparu

Fabien Verschaere devait être à Montpellier ce samedi 18 avril. Il devait parler aux enfants de sa « forêt imaginaire » peuplée de créatures fantastiques, guider les premières visites, peut-être refaire une fresque à la volée comme il savait le faire. Un arrêt cardiaque soudain, survenu le matin du 9 avril à Paris, en a décidé autrement. Le peintre, né en 1975 à Vincennes, devait recevoir le 14 avril la médaille de chevalier des Arts et des Lettres à la galerie Laurent Rigail, qui le représentait depuis 2012.

Le fondateur de Parcelle473, Laurent Rigail, est aussi son galeriste parisien. Un lien long et patient qui donne à l’exposition montpelliéraine un relief particulier. L’artiste avait conçu avec le Centre Pompidou un parcours sensible pour le jeune public : les visiteurs dès 4 ans manipulent, choisissent, avancent dans un décor de forêt peuplée de figures hybrides jusqu’à un château « chatoyant ». Chaque parcours est différent, chaque enfant devient acteur. L’intention de l’artiste reste intacte.

READ  Printemps des Comédiens : la programmation 2026 dévoilée

L’exposition « 1 + 1 = 11 » est visible jusqu’au 28 juin 2026 à Parcelle473, au 425 avenue des Frères Bühler à Montpellier. Ouverture du mardi au dimanche selon les horaires du musée.

Un peintre des mondes enfantins, des monstres et du soi

L’œuvre de Verschaere se nourrissait d’une enfance marquée par la maladie. Atteint d’une pathologie génétique rare affectant sa croissance, il avait passé de longs mois en hôpital, à dessiner des monstres pour apprivoiser ses peurs. Cette matrice n’a jamais quitté ses fresques : Mickey, Batman, princesses déguisées, clowns revisités, créatures chimériques, tout un bestiaire flottant entre mémoire et fantasme. Il peignait son propre corps comme un « territoire » à négocier avec le monde.

Formé à l’École des beaux-arts de Paris puis à Nantes, il a exposé au Palais de Tokyo, au Grand Palais lors de « La Force de l’Art 02 » en 2009, au Musée d’art moderne de Saint-Étienne Métropole en 2014, au CCCOD de Tours, jusqu’à l’exposition « Rêveries du totem enfant » au centre d’art de Mougins en 2025. Son galeriste le résume ainsi :

« Les œuvres de Fabien Verschaere se trouvent à la confluence de multiples influences : imagerie médiévale, bande dessinée, psychanalyse, culture populaire et univers de l’enfance. »

Laurent Rigail, galeriste et fondateur de Parcelle473

À Montpellier, l’installation « 1 + 1 = 11 » condense exactement cette grammaire visuelle. Les parents qui pousseront la porte de Parcelle473 dans les prochaines semaines y verront, sans forcément le savoir, l’un des derniers gestes de création de l’artiste.

Fernando Costa et la mémoire du métal agricole

La seconde exposition inaugurée ce 18 avril installe un contrepoint saisissant. Fernando Costa, sculpteur autodidacte, transforme des fragments de tracteurs et de machines agricoles récupérés en sculptures monumentales et en tableaux de métal. Rouilles, soudures, découpes : le matériau brut se plie à une écriture plastique qui tient à la fois de l’archive rurale et du geste industriel.

READ  Moustiques-tigres à Malbosc : Montpellier relance la stérilisation des mâles

Le choix du lieu n’est pas anodin. Parcelle473 s’est installé sur l’ancien domaine viticole familial de Laurent Rigail, dans le quartier Malbosc, sur les hauteurs de Montpellier. Le musée, ouvert en 2022, couvre 380 m² d’espaces d’exposition et défend depuis ses débuts l’idée d’un dialogue entre art urbain, art contemporain et territoire. Exposer les sculptures de Costa dans un ancien chai, c’est faire résonner deux mémoires agricoles, la vigne et la machine, dans un même volume.

L’exposition « Le Champ du Métal » reste visible jusqu’au 20 septembre 2026. Les deux propositions partagent le même billet d’entrée et peuvent se visiter lors d’un même passage.

Parcelle473, un projet associatif singulier à Montpellier

Le musée fonctionne sous statut associatif, loi 1901 reconnu d’intérêt général. Il présente une collection permanente dédiée à l’histoire du street art et de la peinture murale, de Miss.Tic à JonOne. Trois à quatre expositions temporaires y sont accueillies chaque année. Le lieu propose aussi des ateliers, des stages pendant les vacances, des visites scolaires et un programme dédié aux tout-petits.

Ce positionnement en fait un acteur original dans le paysage culturel local, aux côtés du MO.CO ou du musée Fabre. Le public familial et les classes y trouvent une entrée concrète dans la création contemporaine, loin du format muséal classique. La programmation s’inscrit dans la dynamique plus large de Montpellier qui accueille également la Biennale d’art contemporain SOL! jusqu’en mai.

Pour Fabien Verschaere, le samedi 18 avril à Montpellier restera une date particulière. Son exposition, pensée comme un jeu pour les enfants, vit désormais sa deuxième vie : celle d’un dernier rendez-vous, offert à ceux qui la découvriront.

READ  JonOne s'installe rue Voltaire : une galerie éphémère au cœur de l'Écusson

Informations pratiques : Parcelle473, 425 avenue des Frères Bühler, 34080 Montpellier. Mardi et dimanche 14h-18h, mercredi au samedi 11h-18h. Billetterie sur parcelle473.com.