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Municipales à Montpellier : Thierry Tsagalos risque l’inéligibilité faute de comptes de campagne

Thierry Tsagalos, candidat de l'Union montpelliéraine aux élections municipales de Montpellier

Six mois après le premier tour des municipales, l’une des treize têtes de liste montpelliéraines se retrouve devant le juge de l’élection. Thierry Tsagalos, qui conduisait la liste Union montpelliéraine, n’a pas transmis son compte de campagne à la commission chargée de les vérifier. Selon Midi Libre, une audience est fixée au 29 septembre devant le tribunal administratif.

Un compte de campagne jamais transmis

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a relevé cette absence de dépôt puis transmis le dossier au tribunal administratif, rapporte le quotidien régional. C’est ce dernier qui statuera, en sa qualité de juge de l’élection.

L’échéance, elle, était fixée depuis le printemps. Pour le scrutin de mars 2026, la commission avait retenu la date du 22 mai comme dernier jour utile, une date qui découle du code électoral : le dépôt doit intervenir avant 18 heures, le dixième vendredi qui suit le premier tour. Cent trente jours séparent cette limite de l’audience annoncée.

Le seuil de 1 % franchi de 98 voix

Les résultats publiés par le ministère de l’Intérieur situent l’Union montpelliéraine au dixième rang des treize listes engagées le 15 mars. Thierry Tsagalos y a réuni 969 voix, soit 1,11 % des suffrages exprimés et 0,55 % des inscrits, lors d’un premier tour dominé par Michaël Delafosse.

Ce score le fait basculer de justesse dans le champ de l’obligation. L’article L. 52-12 du code électoral impose d’établir un compte dès 1 % des suffrages exprimés. L’obligation naît aussi lorsque le candidat a bénéficié de dons de personnes physiques. Le premier tour montpelliérain ayant produit 87 003 suffrages exprimés, la barre du pour cent se situait à 871 voix. La liste en a rassemblé 98 de plus.

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Ce même score le privait en revanche de tout remboursement forfaitaire de l’État, réservé aux candidats qui franchissent 5 %, précise Midi Libre. Le périmètre de l’obligation tient pour sa part à la taille de la commune : le code électoral en dispense les communes de moins de 9 000 habitants. Montpellier n’entre évidemment pas dans cette catégorie, comme le montrent les résultats officiels du scrutin et ses 174 968 inscrits.

Ce que le tribunal peut décider le 29 septembre

L’inéligibilité n’a rien d’automatique. L’article L. 118-3 du code électoral réserve cette sanction aux situations dans lesquelles le juge relève « une volonté de fraude ou un manquement d’une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales ». Le texte désigne nommément celui dont le compte n’a pas été remis dans les formes et les délais prévus.

Lorsqu’elle tombe, la mesure pèse lourd. Sa durée ne peut dépasser trois ans et elle vaut pour toutes les élections, quel que soit le scrutin concerné. Les mandats acquis avant la décision ne sont pas remis en cause par cette sanction.

« La Commission poursuit trois grands objectifs : un objectif démocratique qui renvoie à la transparence et à l’équité du processus électoral, un objectif de légalité, autrement dit le respect des règles en vigueur »

Catherine Périn, membre du collège de la CNCCFP

Un candidat qui récuse l’étiquette de dissident

Thierry Tsagalos s’était déclaré le 10 janvier, alors responsable local du Rassemblement national et suppléant de Charles Alloncle, député UDR de la neuvième circonscription de l’Hérault. Six jours plus tard, le parti confiait l’investiture à l’eurodéputée France Jamet, tête d’une liste commune avec l’Union des droites pour la République.

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Le candidat écarté de l’investiture a maintenu sa campagne sous une autre bannière. Il se dit en retrait du mouvement quand France Jamet affirme, elle, qu’il en a été exclu. Interrogé par le Métropolitain début mars, il refusait toute étiquette partisane.

« Je suis totalement en retrait donc je suis absolument sans étiquette. »

Thierry Tsagalos, tête de liste de l’Union montpelliéraine, au Métropolitain le 6 mars 2026

Dans ce même entretien, il indiquait que la préfecture avait classé sa liste en divers droite. France Jamet a pour sa part terminé septième du premier tour avec 6 320 voix et 7,26 % des suffrages exprimés.

Un contentieux électoral encore ouvert dans l’Hérault

Le tribunal administratif de Montpellier n’en est pas à son premier dossier issu de mars. La juridiction indique avoir enregistré 89 protestations pour les départements de son ressort à l’issue des municipales. Pour les communes de 9 000 habitants et plus, elle précise devoir attendre la décision de la commission des comptes avant de trancher. Elle avait déjà eu à connaître du scrutin montpelliérain au printemps, saisie cette fois d’un recours en annulation déposé par Rémi Gaillard.

Le volume à traiter est national. La commission annonçait le 8 juillet poursuivre l’examen de 4 879 comptes de campagne déposés après le scrutin, avec près de 150 rapporteurs mobilisés pour absorber la charge. La publication de ses décisions démarrera en octobre, les comptes eux-mêmes ne devenant consultables par le public qu’au début de 2027.

L’audience du 29 septembre tombera deux jours après les sénatoriales héraultaises du 27 septembre. Le tribunal dira à cette occasion s’il retient contre le candidat un manquement d’une gravité suffisante pour justifier une inéligibilité.

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