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Chikungunya de retour en Occitanie : l’Hérault sous surveillance

Moustique tigre (Aedes albopictus), vecteur du chikungunya, en gros plan

Le chikungunya est de retour en Occitanie. Un premier cas importé vient d’être détecté dans le Tarn, où une opération de démoustication d’urgence a été menée dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin. Une alerte qui résonne tout particulièrement dans l’Hérault, département le plus touché de la région l’an dernier.

La saison du moustique tigre est lancée et les premiers signaux ne sont pas rassurants. La vague de chaleur précoce de la fin mai a offert à l’insecte des conditions idéales pour proliférer. Après une année 2025 hors norme, l’Agence régionale de santé appelle déjà les habitants à la vigilance. Voici ce que les Montpelliérains doivent savoir.

Un cas importé dans le Tarn, une intervention nocturne

Une personne ayant séjourné à Verdalle et à Castres, dans le Tarn, a été contaminée par le chikungunya, une maladie virale transmise par la piqûre du moustique tigre. Il s’agit d’un cas dit importé : la personne a contracté le virus en dehors du territoire, puis déclaré ses premiers symptômes une fois rentrée.

Pour couper court à toute chaîne de transmission, la préfecture a déclenché une opération de démoustication ciblée. Menée entre 23 heures et 6 heures du matin, elle a couvert un rayon de 150 mètres autour du lieu fréquenté par le malade. Une intervention de routine mais révélatrice : dès qu’un cas est signalé, les autorités sanitaires interviennent dans les heures qui suivent.

Ce protocole s’inscrit dans le plan national de lutte contre la dissémination du chikungunya, de la dengue et du zika. La surveillance renforcée, elle, court du 1er mai au 30 novembre sur toute la région.

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L’Hérault, épicentre régional en 2025

Si l’alerte vient du Tarn, c’est bien l’Hérault qui a le plus de raisons de rester attentif. Selon le dernier bulletin de Santé publique France, publié le 4 juin, le tout premier cas importé de chikungunya de la saison 2026 en Occitanie a été repéré dans le département, sur la période du 1er mai au 2 juin.

Le souvenir de 2025 reste vif. L’an dernier, l’Occitanie a connu une année exceptionnelle, avec 113 cas importés et 89 cas autochtones de chikungunya, soit des personnes contaminées sans avoir voyagé, directement piquées en métropole. Du jamais-vu : on comptait zéro cas autochtone en 2024.

Dans ce bilan régional, l’Hérault s’est retrouvé en tête avec 82 personnes contaminées, devant le Gard et ses 57 cas. Un classement que le département n’a aucune envie de conserver. Le moustique tigre, lui, est solidement installé dans la métropole montpelliéraine, des quartiers résidentiels aux jardins du centre.

Comment se protéger près de chez soi

La maladie est rarement mortelle mais elle n’a rien d’anodin. Le chikungunya provoque une forte fièvre et des douleurs articulaires parfois intenses, qui peuvent entraîner une incapacité prolongée. Face à un virus pour lequel il n’existe pas de traitement spécifique, la prévention reste l’arme principale.

L’ARS Occitanie le martèle : la lutte se joue d’abord au pied de chez soi, en privant le moustique des points d’eau stagnante où il pond ses larves.

« Le dispositif de surveillance renforcée repose sur la mobilisation de tous : professionnels de santé pour détecter et signaler rapidement les cas confirmés, vigilance des voyageurs exposés à ces virus et sensibilisation des citoyens aux gestes simples de prévention pour éviter la prolifération des moustiques près de chez eux. Chacun peut agir ! »

Agence régionale de santé Occitanie

Concrètement, l’agence rappelle quelques réflexes faciles à adopter dans les jardins, sur les balcons et les terrasses :

  • Éliminer tous les endroits où l’eau peut stagner
  • Changer l’eau des plantes et des fleurs au moins une fois par semaine
  • Vérifier l’écoulement et nettoyer gouttières, regards et caniveaux
  • Couvrir les réservoirs d’eau, bidons et petites piscines hors d’usage
  • Débroussailler, tailler les haies et ramasser les fruits tombés
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Les voyageurs de retour d’une zone à risque doivent aussi redoubler de prudence. Le chikungunya circule activement à Mayotte, où près de 1 000 cas ont été recensés depuis le début de l’année, ainsi qu’en Guyane. Une personne infectée qui se fait piquer dans l’Hérault peut, à son tour, contaminer un moustique local et amorcer une transmission sur place.

En cas de fièvre brutale accompagnée de douleurs articulaires au retour de voyage, le bon réflexe reste de consulter un médecin. Le chikungunya est une maladie à déclaration obligatoire : chaque cas signalé permet de déclencher une enquête et, si besoin, une démoustication pour éviter que le virus ne s’installe durablement dans la métropole.