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Assassinat à la kalachnikov à Montpellier : le procès renvoyé à 2027

La cour d'appel de Montpellier, palais de justice héraultais

Ce devait être l’un des procès majeurs de cette fin d’année judiciaire à Montpellier. L’audience consacrée à l’assassinat d’Othmane Tafraouti, ce patron de bar abattu à la kalachnikov en janvier 2023, n’aura finalement pas lieu avant 2027. La cour d’assises de l’Hérault a prononcé ce lundi 15 juin un renvoi de huit mois.

Un report dicté par la santé d’un avocat

L’audience devait s’ouvrir ce lundi 15 juin et occuper toute la semaine devant la cour d’assises de l’Hérault. Elle se tiendra finalement du 22 février au 1er mars 2027. La juridiction a accédé à une demande de renvoi déposée à quelques jours de l’ouverture.

En cause, l’état de santé de Me Randall Schwerdorffer, l’avocat chargé de défendre l’un des principaux accusés. Le pénaliste bisontain a été victime d’une grave crise cardiaque qui a nécessité une intervention chirurgicale. Le président de la cour a estimé que la défense ne pouvait être assurée dans ces conditions.

« Me Randall Schwerdorffer a subi une crise cardiaque lourde. Il y a même eu une opération chirurgicale. À quelques jours de l’audience, il était compliqué pour lui de préparer cette défense. »

Le président de la cour d’assises de l’Hérault

Un assassinat en plein jour, à deux pas de l’Hôtel de police

Les faits remontent au matin du 3 janvier 2023. Vers 7 heures, Othmane Tafraouti sort du Patio, un bar de nuit qu’il était en train de racheter. Il monte dans sa Smart au toit rouge, garée avenue du Pont-Trinquat, à quelques mètres seulement de l’Hôtel de police de Montpellier.

La scène dure quelques secondes. Des rafales transpercent l’habitacle. La victime est touchée par neuf projectiles et meurt sur le coup. Les enquêteurs relèveront dix-sept impacts sur le véhicule. Âgé de 36 ans et originaire de Cavaillon, cet homme déjà propriétaire du bar L’Empire, dans le quartier des Prés-d’Arènes, comptait dix-sept condamnations à son casier, principalement pour des violences. L’enquête s’est rapidement orientée vers un règlement de comptes lié à une altercation survenue la nuit du réveillon dans l’un de ses établissements.

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Cinq accusés, un fugitif et un mandat d’arrêt

L’élucidation a été rapide. Plusieurs suspects étaient déjà surveillés par la police judiciaire de Montpellier dans le cadre d’un trafic de stupéfiants. Leurs véhicules étaient géolocalisés en temps réel et sonorisés. Les armes, dont la kalachnikov, ont été retrouvées dans le coffre d’une Clio. Les interpellations sont intervenues quelques minutes après le crime, ce qui rappelle les méthodes déployées dans d’autres dossiers de narcotrafic à Montpellier.

Cinq Montpelliérains devaient comparaître cette semaine. Leur situation, à la veille du procès renvoyé, se présentait ainsi :

  • Amine Hacheche, originaire d’Alès, ainsi que son frère Walid Hacheche : tous deux détenus
  • Yanis Igledlane, également incarcéré
  • Younès Boukour, qui devait comparaître libre et ne s’est pas présenté à l’audience : un mandat d’arrêt a été lancé contre lui
  • Ahmed El Maamar, en fuite et recherché depuis le 13 mars 2025

La cour a maintenu en détention les trois accusés incarcérés jusqu’à la nouvelle session. Le report prolonge donc d’autant leur détention provisoire, une contrainte lourde aussi pour les parties civiles qui attendent ce procès depuis plus de trois ans.

Un pénaliste réputé au cœur du dossier

L’absence de Me Schwerdorffer ne pèse pas par hasard sur ce calendrier. Ce ténor du barreau de Besançon a plaidé dans plus de 125 affaires d’assises. Il s’est notamment fait connaître en défendant Jonathann Daval, condamné pour le meurtre de sa femme, puis l’anesthésiste Frédéric Péchier, mis en cause dans une série d’empoisonnements. Sa défense d’Amine Hacheche dans ce dossier montpelliérain était très attendue.

Huitième agglomération de France, Montpellier voit régulièrement sa cour d’assises traiter des affaires de règlements de comptes sur fond de narcotrafic, à l’image du récent procès de la mort de Riyadh. Le dossier Tafraouti, instruit depuis plus de trois ans, illustre la durée des procédures criminelles complexes mêlant plusieurs co-accusés. La justice héraultaise se prononcera désormais dans huit mo

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