Face à la vague de chaleur qui s’installe sur le département, la préfète de l’Hérault a signé un arrêté autorisant les entreprises du bâtiment et du paysage à démarrer leurs chantiers dès 6 heures du matin. La mesure vise à protéger les salariés les plus exposés aux fortes températures. Elle restera en vigueur jusqu’au 15 septembre.
Un arrêté préfectoral pour travailler aux heures les plus fraîches
La décision émane de la préfète Chantal Mauchet. Son arrêté permet aux entreprises du BTP et du paysage de déroger aux règles habituelles sur le bruit, qui interdisent normalement les activités économiques bruyantes entre 20 heures et 7 heures. L’idée est simple : boucler le plus gros du travail avant que le thermomètre ne s’emballe.
Le dispositif ne s’applique pas en continu. Il se déclenche automatiquement dès que Météo-France place le département en vigilance canicule orange ou rouge. L’Hérault se trouve pour l’instant en vigilance jaune, un niveau qui pourrait grimper dans les prochains jours selon les prévisions.
Concrètement, un chantier pourra ouvrir à l’aube plutôt qu’en pleine fournaise de l’après-midi. Les entreprises adaptent ainsi leur planning aux créneaux les plus supportables, quitte à décaler l’ensemble de la journée de travail vers le petit matin.
« La situation météorologique actuelle dans l’Hérault, niveau de vigilance canicule jaune susceptible d’évoluer ces prochains jours au niveau orange, nécessite de prévoir en anticipation les mesures d’adaptation voire de restriction d’activités pour les salariés exposés aux fortes chaleurs. »
Préfecture de l’Hérault, communiqué
Ce qui change selon le niveau de vigilance
Les horaires autorisés varient selon la couleur de l’alerte. Deux régimes distincts s’appliquent aux chantiers, du lundi au vendredi.
- En vigilance orange, les travaux sont permis de 6 heures à 21 heures. Une attention renforcée est demandée entre 12 heures et 16 heures, aux heures les plus étouffantes.
- En vigilance rouge, les chantiers ne peuvent avoir lieu que de 6 heures à 12 heures. Tout travail est interdit entre 12 heures et 21 heures.
Une exception vaut dans les deux cas. Les chantiers situés à moins de 100 mètres d’un établissement sensible, comme une crèche, un hôpital ou une structure médico-sociale, restent soumis aux horaires classiques pour préserver la tranquillité des riverains fragiles. En alerte rouge, seules les interventions urgentes liées à la sécurité des personnes et des biens échappent à la suspension de l’après-midi.
Des salariés en première ligne face à la chaleur
Les travailleurs du bâtiment et du paysage comptent parmi les professions les plus vulnérables aux fortes chaleurs. Exposés au soleil, à l’effort physique et à la réverbération des matériaux, ils cumulent les facteurs de risque. La préfecture rappelle qu’il revient à l’État d’adapter la réglementation pour préserver leur santé durant ces épisodes exceptionnels. Chaque été, les malaises et les coups de chaleur recensés sur les chantiers rappellent la gravité de l’enjeu.
L’arrêté héraultais s’inscrit dans un cadre national durci. Un décret du 27 mai 2025 a renforcé les obligations des employeurs en cas de chaleur intense : mise à disposition d’eau potable fraîche, aménagement des postes de travail, information et formation des équipes. Le texte a aussi doté l’inspection du travail de nouveaux pouvoirs, dont une mise en demeure lorsqu’un employeur néglige la prévention. Les entreprises peuvent consulter les mesures de prévention détaillées par les services de l’État.
Le sujet dépasse le seul confort de travail. Cet été, l’Hérault a déjà basculé en vigilance rouge face au risque d’incendie, entraînant la fermeture de forêts et de parcs. Après un mois de juin déjà rythmé par plusieurs alertes canicule, les autorités s’attendent à voir ces vagues de chaleur se répéter jusqu’à la fin de la saison. Sur les chantiers montpelliérains, la course contre la montre thermique ne fait sans doute que commencer.













