Le nom s’affiche sur les bennes de toute la métropole depuis des décennies. Le groupe familial montpelliérain Nicollin a annoncé ce vendredi 10 juillet son entrée en négociation exclusive avec le fonds américain Morgan Stanley Infrastructure Partners, en vue de lui céder le contrôle de son pôle Environnement. Une opération qui concerne 4 800 salariés et près d’un demi-milliard d’euros de chiffre d’affaires.
Le « N rouge » bientôt sous pavillon américain
Fondé en 1945, implanté dans la capitale héraultaise depuis 1967, le groupe fait partie du décor montpelliérain. Son « N rouge » habille les camions de collecte de la ville. Son histoire se confond avec celle du football local depuis un demi-siècle.
Aux termes de l’accord, Morgan Stanley Infrastructure Partners deviendrait l’actionnaire majoritaire de Nicollin Environnement. La famille conserverait une participation minoritaire ainsi qu’un rôle dans la gouvernance, aux côtés du fonds d’infrastructures de la banque américaine. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.
4 800 salariés et 450 millions d’euros concernés
Le périmètre de la vente est précis. Il porte sur Nicollin Environnement, qui regroupe la gestion des déchets, la propreté urbaine, la gestion de l’eau et l’assainissement. Ce pôle emploie 4 800 personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 450 millions d’euros, selon un porte-parole cité par l’AFP.
Le reste du groupe échappe à l’opération. Le pôle Services, qui couvre la propreté, la sécurité, la maintenance des bâtiments et les espaces verts, rassemble 7 200 employés pour 250 millions d’euros de recettes. Il demeure détenu exclusivement par la famille Nicollin. La part exacte que prendrait le fonds américain, tout comme le calendrier des négociations, reste à préciser.
Des mutations lourdes à financer
Pourquoi vendre une activité aussi ancrée localement ? La famille dit avoir « étudié plusieurs scénarios » avant de trancher. Sa conviction : le secteur des déchets et de l’eau réclame désormais des capitaux considérables.
Transition environnementale, décarbonation, électrification des flottes de camions, intelligence artificielle, modernisation des outils industriels : la liste des chantiers cités par le groupe est longue. Face à des collectivités toujours plus exigeantes, l’adossement à un investisseur international vise à sécuriser ces financements. Le groupe se veut rassurant sur le sort des équipes.
« Les équipes resteraient en place, les activités se poursuivraient normalement et les engagements pris auprès des clients, des collectivités et des partenaires demeureraient inchangés. »
Groupe Nicollin, communiqué du 10 juillet 2026
Un poids lourd des marchés publics locaux
L’opération intervient un an après un contrat majeur. À l’été 2025, cinq des six lots du marché de collecte des ordures ménagères de la Métropole, d’un montant global de 847 millions d’euros, ont été confiés au groupe pour huit ans. De quoi garantir une visibilité solide au futur actionnaire.
Au-delà de Montpellier, le savoir-faire s’est exporté à Nîmes, Béziers, Sète, Reims ou Limoges. La marque reste un acteur de premier plan de la propreté urbaine dans le sud de la France, ce qui explique l’appétit d’un fonds spécialisé dans les infrastructures. Le dossier des déchets locaux avait déjà nourri le débat lors de la concertation autour de l’usine Ametyst.
Aucun lien avec le feuilleton du MHSC
Reste une question que beaucoup de Montpelliérains se posent. Cette vente annonce-t-elle un désengagement progressif de la famille ? Le groupe balaie tout rapprochement avec le sport. L’opération n’a « pas de lien » avec la décision, prise la semaine précédente, de renoncer à revendre le MHSC, selon un porte-parole.
Laurent et Olivier Nicollin, aux commandes du groupe, restent donc à la tête du club de Ligue 2 fondé par leur père Louis voilà cinquante-deux ans. Sur le terrain de l’environnement, l’arrivée de Morgan Stanley ouvre une nouvelle page d’une aventure industrielle née dans les rues de Montpellier.















