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LGV Montpellier-Barcelone : les maires haussent le ton

Michaël Delafosse et Jaume Collboni signent la déclaration commune à l'hôtel de ville de Barcelone

Michaël Delafosse et Jaume Collboni ont signé lundi 20 juillet à Barcelone une déclaration commune pour réclamer l’achèvement de la ligne à grande vitesse entre Montpellier et la capitale catalane. Treize ans après l’arrivée du TGV espagnol à Perpignan, le chaînon manquant reste français et sa mise en service complète n’est pas espérée avant 2040.

Une signature solennelle à l’hôtel de ville de Barcelone

La scène s’est déroulée au Saló de Ciutat, le salon d’honneur de la mairie de Barcelone. Le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole y a retrouvé son homologue Jaume Collboni, également président de l’Aire métropolitaine de Barcelone, pour une rencontre bilatérale consacrée au rail et au jumelage entre les deux villes.

Rédigée en français et en catalan, la déclaration exige l’achèvement de la LGV reliant les deux métropoles. Le texte engage la collectivité montpelliéraine à porter cette voix commune auprès des organismes de l’État français, selon la note publiée par la mairie de Barcelone. La Région Occitanie et la Generalitat de Catalogne partagent cette position d’après les signataires.

« Ce projet représente un enjeu stratégique d’attractivité pour nos territoires respectifs, qui permettra à plus de deux millions de personnes de transiter entre les villes jumelles que sont Montpellier et Barcelone. »

Michaël Delafosse et Jaume Collboni, déclaration commune du 20 juillet 2026

Un chaînon manquant depuis 2013

Lancé en 1988 à Montpellier par la France et l’Espagne, le projet devait rapprocher les deux rives des Pyrénées à grande vitesse. Madrid a tenu sa part du contrat : les rames circulent entre Barcelone et Perpignan depuis 2013. Côté français, rien n’a été construit entre Montpellier et Perpignan depuis cette date.

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Le calendrier officiel de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan illustre l’ampleur du retard. La phase 1 entre Montpellier et Béziers, 52,3 kilomètres de ligne mixte estimés à 2 milliards d’euros, est déclarée d’utilité publique depuis février 2023 pour un démarrage des travaux avant fin 2029 et une mise en service à l’horizon 2034. La phase 2 vers Perpignan, 97,7 kilomètres et 4 milliards d’euros supplémentaires, n’est pas attendue avant 2040, soit plus de cinquante ans après le lancement du projet.

Carte du tracé de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan avec les phases 1 et 2
Le tracé et le calendrier de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan. © LNMP

Sur le terrain, les premières interventions préparatoires ont commencé entre la capitale héraultaise et Béziers, comme nous le racontions au sujet du premier tronçon de la LGV Montpellier-Perpignan. Le reste du dossier demeure suspendu aux arbitrages financiers de l’État et des collectivités.

Climat, fret et attractivité : les arguments des deux maires

Les signataires replacent le dossier dans une perspective européenne. La future infrastructure doit assurer la continuité du corridor ferroviaire entre la péninsule Ibérique, Paris et l’est du continent tout en libérant des capacités pour le fret comme pour les voyageurs.

L’argument climatique occupe une place centrale dans le texte. Les enjeux de la ligne « ne sont pas uniquement d’ordre économique mais également étroitement liés à notre engagement commun de placer la lutte contre le dérèglement climatique au centre de nos politiques publiques », écrivent les deux élus, qui rappellent les températures record enregistrées en Europe en juin 2026. La déclaration décrit une infrastructure « conçue pour servir plusieurs générations ».

Le plus ancien jumelage de Barcelone

Montpellier et Barcelone sont jumelées depuis 1963, le plus ancien accord de ce type encore actif pour la capitale catalane. La mobilisation ferroviaire commune ne date pas d’hier : une première rencontre des maires sur la grande vitesse s’était tenue à Barcelone le 16 octobre 2008. Elle avait donné naissance à un groupe d’intérêt de douze villes parmi lesquelles Béziers, Narbonne, Nîmes, Perpignan et Toulouse.

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Les deux élus ont salué la mémoire de Ricardo Bofill, l’architecte catalan du quartier Antigone. Ils souhaitent aussi renforcer leurs coopérations dans le sport, la culture et l’action climatique. Pour le maire de Montpellier, ce front transfrontalier s’ajoute aux chantiers ferroviaires locaux, dont la candidature de la métropole au SERM votée en juin.