Un homme de 26 ans a été retrouvé sans vie mercredi 29 juillet sur la banquette arrière d’une voiture stationnée rue du Mas de Brousse, tout près de la gare Sud de France à Montpellier. La propriétaire du véhicule rentrait de vacances avec ses deux filles. Le jeune homme, sans domicile fixe, s’était réfugié dans l’habitacle surchauffé pendant la canicule.
Une découverte macabre au retour de vacances
La scène s’est déroulée vers 15h20, mercredi 29 juillet. Une Héraultaise de 44 ans descend du train en gare Sud de France, de retour de vacances avec ses filles de 13 et 17 ans. La famille rejoint ensuite sa voiture, restée stationnée plusieurs jours rue du Mas de Brousse, dans le quartier neuf qui borde la gare. Le secteur, en plein développement autour de la gare inaugurée en 2018, mêle immeubles récents et rues résidentielles.
En s’approchant du véhicule, la conductrice aperçoit un individu assis sur la banquette arrière. L’homme ne réagit pas. Les sapeurs-pompiers de l’Hérault, alertés dans la foulée, ne peuvent que constater le décès à leur arrivée. La police technique et scientifique s’est ensuite déplacée pour effectuer les premiers relevés.
Très choquées, la mère et ses deux adolescentes ont été prises en charge. Deux d’entre elles ont rencontré un psychologue, d’après ICI Hérault.
Un jeune sans-abri connu des associations
La victime se prénommait Clément, révèle Métropolitain. Ce jeune homme de 26 ans vivait dans la rue. Les bénévoles qui effectuent des maraudes à Montpellier le connaissaient bien. Il avait trouvé refuge dans cette voiture pour s’abriter, alors que les températures atteignaient les 40 degrés en journée dans la capitale héraultaise.
Un habitacle fermé exposé au soleil se transforme pourtant très vite en fournaise, avec des températures intérieures largement supérieures à celles mesurées dehors. Pendant l’épisode caniculaire, plusieurs lieux frais restaient accessibles aux Montpelliérains pour se protéger de la chaleur.
« Ce sont des sans-abri jeunes qui sont décédés ces dernières semaines ici. Pour Clément, c’est trop jeune pour mourir. »
Un bénévole d’une association d’aide aux sans-abri, auprès de Métropolitain
Une autopsie ordonnée par le parquet de Montpellier
Les premières investigations écartent l’intervention d’un tiers. Aucune trace de coups n’a été relevée sur le corps. La thèse de la mort naturelle est privilégiée par les enquêteurs. L’enquête en recherche des causes de la mort a été confiée au service local de police judiciaire de la DIPN 34.
Le parquet de Montpellier a ordonné une autopsie, pratiquée au CHU de Montpellier. Elle devra établir les causes précises du décès ainsi que sa date exacte. Les enquêteurs cherchent aussi à comprendre comment le jeune homme s’est retrouvé à l’intérieur d’un véhicule qui ne lui appartenait pas. L’examen devra aussi déterminer depuis combien de temps le corps se trouvait dans l’habitacle.
Des décès de sans-abri qui se multiplient
Ce drame allonge une liste déjà lourde. Plusieurs personnes sans domicile fixe sont mortes à Montpellier et dans les communes voisines depuis le début de l’année. Les victimes de ces dernières semaines avaient entre 19 et 40 ans, selon les associations locales. Parmi elles figurait notamment un jeune homme surnommé « Piou Piou », mort à 24 ans.
Fin décembre déjà, un sans-abri était décédé dans les rues de la ville, la piste de l’hypothermie ayant alors été envisagée par la police. Au froid de l’hiver succède désormais la chaleur écrasante de l’été, tout aussi meurtrière pour les plus fragiles. Les bénévoles poursuivent leurs maraudes de jour comme de nuit. La précarité des personnes à la rue avait déjà marqué l’actualité montpelliéraine après l’agression d’un couple de sans-abri dans le tramway, dont les auteurs ont été condamnés.















