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Prison de Villeneuve : agression au poinçon, blocage jeudi

Coursive de détention vue derrière une grille de sécurité, illustration

Trois surveillants ont été blessés ce mercredi 26 août au petit matin au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, près de Montpellier. Un détenu du bâtiment B, armé d’un poinçon artisanal, s’en est pris successivement à quatre agents lors des ouvertures de contrôle. Le syndicat UFAP UNSa Justice annonce le blocage de l’établissement ce jeudi 27 août à partir de 6 heures.

Un poinçon artisanal sorti pendant les ouvertures de contrôle

Il est 6 heures ce mercredi matin quand les surveillants entament les ouvertures de contrôle, ce passage obligé qui consiste à vérifier chaque cellule au réveil. Un détenu affecté au rez-de-chaussée du bâtiment B sort alors de sa cellule, un poinçon artisanal à la main.

Selon le récit livré par l’UFAP UNSa Justice, l’homme menace un premier agent de le « crever » puis tente de le frapper avec son arme. Le surveillant bat en retraite jusqu’au poste central de circulation, poursuivi le long de la coursive. Il parvient à se retrancher derrière une grille.

L’alarme déclenchée, plusieurs collègues accourent en renfort. Le détenu frappe alors un deuxième agent en plein visage avec son arme. La pointe entaille l’arcade sourcilière et le sang coule aussitôt.

Un troisième agent frappé avec un objet en verre

La scène ne s’arrête pas là. Le détenu sort de sa poche un objet en verre et le fracasse sur le crâne d’un troisième surveillant. Le choc fait chuter l’agent, dont la tête heurte le poste central de circulation.

C’est un quatrième surveillant, affecté à l’infrastructure, qui met un terme à la scène. Il parvient à immobiliser l’agresseur alors qu’il vient d’encaisser à son tour deux piqûres au cou. Le syndicat rapporte les propos que lui aurait lancés son agresseur pendant l’intervention : « tu es mon fils, mets-toi à genoux je vais t’égorger ». Dans son communiqué, l’organisation salue une intervention « héroïque », menée « pour protéger ses collègues, au péril de sa propre intégrité physique ».

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Le mis en cause est « connu pour présenter d’importants troubles psychiatriques », précise l’UFAP UNSa Justice. C’est précisément ce point que les personnels dénoncent depuis des mois : la présence, dans une maison d’arrêt classique, de profils que les surveillants estiment relever d’une prise en charge médicale.

« Combien faudra-t-il encore d’agressions ? Combien faudra-t-il encore de collègues blessés ? Combien faudra-t-il encore de visages ouverts, de traumatismes et de vies mises en danger pour que la dangerosité de certains profils soit enfin réellement prise en compte ? »

Bureau local UFAP UNSa Justice du centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone

1 073 détenus pour 587 places théoriques

L’agression de ce mercredi tombe dans un établissement déjà saturé. Le 6 août, les syndicats recensaient 1 073 détenus pour 587 places théoriques et 178 matelas posés à même le sol. Le taux d’occupation dépasse ainsi les 180 %, l’un des plus élevés de France.

Marine Orengo, secrétaire locale de l’UFAP UNSa Justice, dénonçait alors « le bricolage permanent, les réorganisations de dernière minute et le rafistolage des effectifs ». Son homologue de FO Justice, Étienne de Sinno, pointait de son côté une prolifération de rongeurs dans les cours de promenade, qualifiée de « honte sanitaire intolérable ».

Le phénomène dépasse largement l’Hérault. Au 1er juillet 2026, les prisons françaises comptaient 89 446 détenus, un nouveau record historique. Villeneuve-lès-Maguelone concentre les effets de cette pression : cellules doublées ou triplées, journées de travail rallongées, tensions permanentes entre détenus.

Un été marqué par les incidents à « VLM »

L’agression au poinçon vient s’ajouter à une longue série. Depuis le début de l’été, les signalements se succèdent dans l’établissement héraultais :

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Ce n’est pas non plus la première mobilisation de l’année dans cette prison. Fin avril, l’UFAP UNSa Justice avait déjà lancé un appel au blocage après l’agression de quatre surveillants. La direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, dont dépend l’établissement, n’avait pas communiqué en fin de journée sur les suites données à l’incident de ce mercredi.

Ce que change le blocage de jeudi

Le mouvement débutera à 6 heures ce jeudi 27 août, « en soutien, en solidarité et en responsabilité » selon les termes employés par le syndicat. Un blocage consiste à empêcher l’accès des personnels à l’établissement, ce qui contraint la direction à fonctionner en mode dégradé pendant toute la durée de l’action.

Les familles attendues au parloir risquent de voir leur visite reportée. Les extractions judiciaires et médicales prévues dans la journée peuvent également être décalées, tout comme les activités et les promenades. La durée du mouvement n’a pas été précisée par l’organisation syndicale, qui réclame des sanctions à l’encontre de l’auteur des faits ainsi qu’une orientation adaptée pour les détenus présentant des troubles psychiatriques lourds.

Le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest de Montpellier

Le communiqué intégral de l’UFAP UNSa Justice revient sur le déroulé de l’agression et sur les revendications des personnels.