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Protection de l’enfance : Montpellier consulte les parents jusqu’au 25 septembre

Cour d'une école maternelle de Montpellier avec jeux pour enfants

La Ville de Montpellier veut écrire son plan de protection des enfants accueillis dans ses écoles et ses centres de loisirs. Une consultation en ligne est ouverte jusqu’au vendredi 25 septembre. Sur la plateforme municipale, de nombreux parents y décrivent leur défiance envers l’encadrement du périscolaire.

Une consultation ouverte depuis le 24 août

Le formulaire est accessible sur participer.montpellier.fr depuis le 24 août. Intitulée « Accueil des enfants au périscolaire et en ALSH municipaux », la démarche doit alimenter un plan d’action municipal destiné à garantir un accueil « exemplaire, protecteur et respectueux des droits des enfants et des jeunes ».

La consultation est portée par Michaël Delafosse et par Tasnime Akbaraly, adjointe déléguée à la Ville éducative, à la Réussite scolaire et à la Petite enfance. Chaque jour, des milliers d’enfants fréquentent les structures éducatives, de loisirs, sportives et culturelles municipales. La Ville assume un contexte lourd pour justifier la démarche.

« Cette responsabilité est d’autant plus criante dans un contexte national et local marqué par la révélation de situations de violence […] et la libération de la parole des enfants qu’il convient d’apprendre à recueillir. »

Ville de Montpellier, page de présentation de la concertation

Participer suppose de créer un compte ou de se connecter. La municipalité prévient que le volume attendu de contributions empêchera toute réponse individuelle. Un avertissement encadre aussi les publications : « Pour la sécurité de tous, toute publication citant nommément du personnel ou un établissement sera automatiquement masquée. » Les noms d’écoles et d’agents apparaissent effectivement remplacés par des astérisques dans les messages mis en ligne.

Soixante-deux messages et une défiance qui revient

Ce samedi 12 septembre, 62 messages figuraient sur la page publique de la concertation, réponses à d’autres parents comprises. La lecture de ces contributions donne un aperçu de ce que la Ville va devoir traiter. Un thème domine : les familles disent ne pas savoir qui encadre leurs enfants pendant la pause du midi et à la garderie du soir.

« Nous ne connaissons quasiment pas les animateurs qui s’occupent pourtant de nos enfants chaque midi et à la garderie : seuls les référents nous sont présentés, sans information sur les équipes ni leur formation. »

Contribution d’un parent sur la plateforme de concertation de la Ville de Montpellier

Les demandes reviennent d’un message à l’autre, souvent formulées comme des mesures concrètes :

  • une formation obligatoire des animateurs aux violences sexuelles et aux besoins de l’enfant selon son âge
  • la vérification systématique des antécédents judiciaires avant chaque recrutement, voire l’accès des familles aux attestations d’honorabilité
  • un organigramme des équipes affiché et envoyé aux parents à chaque rentrée
  • la fin de la précarité des postes d’animateur, avec des équipes stables sur une même école
  • l’interdiction du téléphone portable pour les adultes dans l’enceinte scolaire
  • la possibilité pour un agent de signaler un comportement anormal sans craindre de représailles
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Plusieurs parents élargissent le sujet aux conditions de travail des ATSEM et des accompagnants d’élèves en situation de handicap. D’autres réclament une cloison devant les toilettes des maternelles ou dénoncent le système d’inscription aux accueils de loisirs, qui sature dès l’ouverture des réservations. Quelques messages saluent au contraire des équipes qu’ils jugent stables et à l’écoute.

Un plan né des affaires du printemps

La démarche ne sort pas de nulle part. En février, la municipalité a écarté un animateur du périscolaire qui intervenait à l’école maternelle Jean de La Fontaine et à l’école élémentaire Jules-Verne, dans le quartier des Beaux-Arts. Les familles n’ont appris la mesure que fin juin, ce qui avait provoqué la colère des parents convoqués en mairie. En mars, un autre animateur scolaire de la ville a été mis en examen pour viol et agressions sexuelles sur des fillettes, dans une école comme dans un centre de loisirs. À la fin de l’été, deux animateurs du centre de loisirs de Prades-le-Lez ont à leur tour été suspendus, dans cette commune du nord de la métropole.

L’association Une école, un avenir, qui accompagne les familles montpelliéraines, réclamait dès le 10 avril la transparence complète sur le parcours de l’agent mis en cause, l’information de l’ensemble des familles potentiellement concernées, un audit indépendant et une politique de prévention associant des acteurs spécialisés. Ces exigences d’information et de contrôle reviennent dans les contributions mises en ligne depuis août.

La Ville rappelle de son côté les mesures prises depuis son installation, fin mars. Elle s’est entourée d’un réseau local de spécialistes qu’elle présente comme des experts du « dépistage des violences faites aux enfants », avec des réunions engagées dès avril. Une conférence intitulée « Prévention des violences faites aux enfants » a été organisée avec le CHU le 5 mai au centre Rabelais. Un formulaire de signalement destiné aux familles est en ligne depuis le 22 juin, aux côtés d’une page « Je suis en danger ». Les psychologues du pôle Petite Enfance accompagnent les familles et des réunions d’échanges ont eu lieu courant juin.

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Le plan attendu en conseil municipal début 2027

La clôture de la consultation grand public est fixée au vendredi 25 septembre. Le recueil se poursuivra jusqu’à la mi-octobre auprès des agents des écoles et des partenaires éducatifs, dans le cadre des conseils d’école et d’une instance locale mise en place par la Ville.

Viendra ensuite le temps de l’analyse. Les principaux enseignements et l’avancement du plan seront présentés aux partenaires éducatifs entre octobre et novembre. Le document finalisé doit être soumis au conseil municipal début 2027, près d’un an après la suspension de février révélée aux familles à la fin du mois de juin. Les contributions restent visibles en ligne. Chacun peut encore déposer la sienne sur la plateforme municipale jusqu’à la date butoir.