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Le groupe montpelliérain Altrad visé pour fraude fiscale

Bureau couvert de documents financiers devant un immeuble de bureaux en construction au coucher du soleil

Le fleuron industriel de Montpellier se retrouve dans le viseur de la justice. Le groupe Altrad, géant mondial du BTP dont le siège se trouve dans la capitale héraultaise, fait l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet national financier pour fraude fiscale aggravée. Des perquisitions ont visé ses locaux montpelliérains la semaine dernière.

L’information a été rendue publique lundi 22 juin par le Parquet national financier (PNF), qui a confirmé à l’AFP l’existence d’une procédure pénale. Une affaire qui éclabousse l’une des plus belles réussites économiques de la métropole, à quelques jours d’un autre rendez-vous très attendu pour son propriétaire. Après le placement en redressement judiciaire de la librairie Sauramps, le tissu économique local fait de nouveau parler de lui.

Une cinquantaine d’enquêteurs au siège montpelliérain

Selon le PNF, l’enquête a été ouverte mi-avril après une plainte de l’administration fiscale. Elle porte sur deux qualifications lourdes : fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée. Ces infractions placent le dossier au sommet de l’échelle pénale en matière financière.

Les opérations menées la semaine dernière ont été d’ampleur. Le parquet évoque une cinquantaine d’enquêteurs mobilisés dans divers lieux en France, dont le siège du groupe à Montpellier. Ces perquisitions marquent une accélération nette d’une procédure jusqu’ici discrète.

Un montage présumé via un hub à Dubaï

D’après les premiers éléments rapportés par la presse, le montage aurait consisté à faire sortir des sommes considérables de la marge du groupe. Le mécanisme reposerait sur les nombreuses filiales internationales d’Altrad, articulées autour d’un hub financier basé à Dubaï. Les montants évoqués oscillent entre 350 et 400 millions d’euros qui auraient échappé au fisc français.

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Ces informations restent à ce stade des hypothèses de travail. Le PNF ne les a pas confirmées et l’enquête préliminaire vise précisément à établir la réalité des faits. La présomption d’innocence demeure entière pour le groupe et ses dirigeants.

Altrad coopère et minimise

Du côté de l’entreprise, on confirme la perquisition tout en relativisant sa portée. L’avocat du groupe assure que l’opération s’est déroulée sans heurt et qu’elle prolonge un différend déjà ancien avec le fisc.

« L’entreprise a fait l’objet d’une perquisition liée à un contentieux ancien avec l’administration fiscale. Elle s’est déroulée sereinement dans un esprit de coopération. »

Christophe Ingrain, avocat du groupe Altrad

Le conseil de l’industriel a ajouté que le groupe ne ferait « pas de commentaire supplémentaire » à ce stade. Une posture mesurée pour une entreprise habituée aux feux de la rampe. Altrad, spécialiste des services à l’industrie du BTP et de la fabrication d’échafaudages, a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires d’environ 6 milliards d’euros et emploie 65 000 salariés à travers le monde.

Mohed Altrad, un patron déjà rattrapé par la justice

Cette enquête n’est pas le premier démêlé judiciaire de Mohed Altrad. Le fondateur du groupe, figure emblématique de la réussite montpelliéraine, avait été reconnu coupable en décembre 2022 par le tribunal correctionnel de Paris d’avoir noué un pacte de corruption avec l’ancien patron de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte. Il avait alors écopé de 18 mois d’emprisonnement avec sursis et de 50 000 euros d’amende. Les deux hommes doivent être rejugés en appel en septembre.

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L’homme d’affaires est aussi connu des Montpelliérains pour une autre raison. Mohed Altrad préside le Montpellier Hérault Rugby, qui affronte le Stade Toulousain en finale du Top 14 ce samedi au Stade de France. Le calendrier place le patron sous une double lumière, sportive et judiciaire, dans la même semaine. De quoi alimenter les conversations bien au-delà des terrains, dans une ville où le nom Altrad reste associé depuis des années aux plus grands succès.

Pour l’heure, la procédure suit son cours et aucune mise en examen n’a été annoncée. Le PNF dispose désormais des éléments saisis lors des perquisitions pour poursuivre ses vérifications. La suite dira si ce contentieux fiscal débouche sur un procès ou se solde par un classement.