Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Vols à la roulotte : 17 résidences visées à Montpellier

Voiture a la vitre brisee dans un parking souterrain de residence a Montpellier

Une série de vols dans des voitures a mis les parkings souterrains montpelliérains sous tension pendant tout le mois d’août. Un homme de 20 ans, sans domicile fixe, a été interpellé mardi 18 août dans le secteur de l’Observatoire. Il doit être jugé ce vendredi après-midi en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour plus de cinquante faits.

Une surveillance dans le secteur de l’Observatoire

Depuis les premiers jours du mois, la police enregistrait une nette recrudescence de vols à la roulotte à Montpellier. Les faits se concentraient sur les parkings en sous-sol de résidences privées et touchaient tous les quartiers de la ville. Quelques véhicules stationnés dans des parkings plus isolés ont également été visés.

Les enquêteurs de la brigade des atteintes aux biens du service local de police judiciaire ont fini par identifier un suspect. Comme l’homme ne disposait d’aucun domicile connu, les policiers ont reconstitué ses habitudes de déplacement pour déterminer où et à quelle heure le trouver. La surveillance a payé mardi 18 août vers 10 heures, rue Parlier, à deux pas du boulevard du Jeu-de-Paume.

Placé en garde à vue, le jeune homme a reconnu une grande partie des faits qui lui étaient présentés. D’après ce qu’a détaillé la police, ses passages concernent les parkings de dix-sept résidences disséminées dans plusieurs secteurs de la ville. Son pic d’activité se situe autour des 10, 11 et 12 août.

Le suspect a été interpellé rue Parlier, dans le secteur de l’Observatoire, à Montpellier.

Des lunettes de soleil aux paquets de gâteaux

Le mode opératoire ne variait guère. Le suspect brisait une vitre latérale ou un déflecteur pour se glisser dans l’habitacle. Il fouillait ensuite méthodiquement la boîte à gants, les vide-poches et le coffre.

READ  FISE 2026 : violences à Montpellier, cinq policiers blessés

L’inventaire du butin frappe par sa banalité. L’essentiel tient dans ce qu’un automobiliste abandonne derrière lui sans y penser : une paire de lunettes de soleil sur le tableau de bord, un briquet, un paquet de cigarettes, une sacoche glissée sous le siège, la monnaie du vide-poche. Viennent ensuite les objets à valeur marchande immédiate, ceux qui se revendent sans question dans une boutique de matériel d’occasion. Smartphones, tablette, consoles, enceintes nomades, chargeurs, jusqu’à un appareil photo avec ses pieds de caméra. Le suspect repartait parfois avec des cartes de fidélité ou des badges ouvrant l’accès aux résidences. Il lui est même arrivé d’emporter un paquet de gâteaux.

Rien n’était trié. Tout ce qui traînait dans un véhicule pouvait finir dans ses poches, avant d’être écoulé dans des magasins de matériel d’occasion de la ville. Au préjudice des objets dérobés s’ajoutent les dégradations, souvent plus coûteuses pour les victimes que le contenu volé lui-même.

Deux autres affaires lui sont reprochées sur la même période. Il aurait dérobé un téléphone portable au domicile de son ex-compagne et une console de jeux dans une résidence étudiante, en commettant des dégradations dans les deux cas.

Empreintes, ADN et vidéosurveillance

L’identification doit beaucoup aux techniciens de la police technique et scientifique. Empreintes digitales et traces génétiques ont été prélevées sur chaque véhicule fracturé, sans exception, avant d’être comparées entre elles. C’est ce travail de fourmi qui a fait apparaître des concordances entre des plaintes déposées dans des quartiers sans lien apparent.

Les enquêteurs ont complété ces éléments par l’exploitation des images de vidéosurveillance et par l’analyse de données téléphoniques. Ce recoupement patient a permis de relier une cinquantaine de plaintes éparses à une seule et même personne.

READ  Les maires de l'Hérault racontent les violences subies, l'État promet d'agir

Le même rapprochement a fait ressortir des dossiers plus anciens, ouverts à Montpellier à l’automne 2025. Le jeune homme vient de l’est de la France et son nom apparaît aussi dans des procédures enregistrées à Besançon et à Belfort. Une centaine de faits pourraient au total lui être imputables. Le parquet de Montpellier n’en a retenu qu’un peu plus de cinquante lors de son défèrement, jeudi. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée contre lui.

Un phénomène qui progresse dans l’Hérault

Cette affaire s’inscrit dans une tendance de fond. Le bilan départemental de la délinquance pour 2025 recensait 6 404 vols dans les véhicules dans l’Hérault, contre 6 100 un an plus tôt. Une hausse d’environ 5 % qui tranche avec le recul des cambriolages, passés de 5 038 à 4 858. Les vols de véhicules eux-mêmes reculent sur la même période, de 2 779 à 2 604.

Le secteur de l’Observatoire n’en est pas à son coup d’essai. En février dernier, cinq hommes y avaient déjà été interpellés en quelques heures, rue Henri-Guinier puis près de la place Salengro, alors qu’ils fouillaient des voitures ou tentaient d’en démarrer une sans clé.

« Les chiffres baissent […] les habitants et les victimes ont l’impression que cela ne baisse pas, pourtant nous mettons plus de policiers sur le terrain avec de nombreuses patrouilles, dont pédestres, dans les zones impactées. »

Benoît Desmartin, directeur interdépartemental de la police nationale de l’Hérault

Face à cette recrudescence, les policiers montpelliérains rappellent quelques réflexes simples :

  • ne laisser aucun objet apparent dans l’habitacle, en particulier les téléphones, ordinateurs, tablettes et espèces
  • ranger les papiers du véhicule et les pièces d’identité hors de vue
  • vérifier de ne pas être suivi au moment de franchir la porte du garage de sa résidence
  • signaler tout comportement suspect dans les sous-sols aux forces de l’ordre
READ  Agresseur sexuel de commerçantes : le GSO félicité à Montpellier

Les victimes d’un vol à la roulotte peuvent engager la démarche depuis chez elles grâce au dispositif de plainte en ligne du ministère de l’Intérieur, avant de finaliser leur dépôt au commissariat. Un réflexe utile pour les assurances, même quand le préjudice paraît dérisoire.

La sécurité du quotidien reste un sujet sensible dans plusieurs quartiers de la ville. Aux Grisettes, la municipalité avait engagé des travaux d’éclairage en urgence pour répondre au sentiment d’insécurité des riverains. Sur le front routier, les services de police avaient aussi mis fin en août à une course-poursuite à 175 km/h dans les rues montpelliéraines.