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Grève du 31 mars à Montpellier : 80 enseignants devant le rectorat, le bilan de la mobilisation

Près de 80 enseignants se sont rassemblés devant le rectorat de Montpellier ce mardi 31 mars pour dénoncer les suppressions de postes dans l’Éducation nationale. À l’échelle du pays, le ministère annonce 9,68 % de professeurs grévistes tandis que les syndicats revendiquent un taux trois fois supérieur. Dans l’Hérault, de nombreuses écoles sont restées fermées.

Cinq organisations syndicales (FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD) avaient appelé à cette journée de mobilisation, premier temps fort d’une semaine d’actions contre les 148 suppressions de postes prévues dans l’académie de Montpellier.

80 enseignants devant le rectorat : colère froide et slogans sans ambiguïté

Le rassemblement a débuté à 13h30 devant le rectorat de la capitale héraultaise. Des enseignants venus de Sète, de Lodève et de la métropole de Montpellier ont convergé pour exprimer leur opposition aux coupes budgétaires. Les pancartes ne laissaient aucune place au doute : la suppression de postes concentre l’essentiel de la colère.

Jessica Boyer, secrétaire départementale du SNALC de l’Hérault, a rappelé que les classes françaises comptent en moyenne 24 élèves, contre 18 dans la moyenne européenne. Un écart que les suppressions ne feront qu’aggraver selon les manifestants.

« Arrêtons de supprimer des postes. Nos classes sont les plus chargées d’Europe. »

Jessica Boyer, secrétaire départementale du SNALC 34

Parmi les témoignages recueillis, Laure, professeure au lycée Jules Guesde de Montpellier, a pointé l’inclusion scolaire sans moyens adaptés. Sabine Raynaud, représentante du Snudi FO premier degré, a évoqué les 450 places manquantes en instituts médico-éducatifs dans l’Hérault : des enfants aux troubles sévères se retrouvent en classe ordinaire sans accompagnement suffisant.

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Des chiffres de mobilisation qui opposent ministère et syndicats

Le ministère de l’Éducation nationale a communiqué un taux de grévistes de 7,56 % tous personnels confondus et de 9,68 % parmi les seuls enseignants. Le premier degré (maternelles et élémentaires) a été le plus mobilisé avec 13,2 % de grévistes, contre 7,18 % dans le second degré. Dans les collèges, le taux grimpe à 9,7 %. En lycée général, il tombe à 4,94 %.

Les syndicats contestent ces chiffres avec vigueur. Le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire, revendique 25 % de professeurs grévistes au niveau national. Le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, estime la mobilisation autour de 30 % dans les écoles. Des pointes à 30 % ont été signalées dans les académies de Lyon, Créteil et Normandie.

Attention : ces écarts sont habituels. Le ministère ne compte que les déclarations formelles de grève tandis que les syndicats intègrent les enseignants mobilisés qui n’ont pas fait de déclaration préalable.

148 postes en moins à Montpellier : le détail des coupes

L’académie de Montpellier figure parmi les plus touchées avec 148 suppressions de postes à la rentrée 2026. Le détail inquiète : 65 postes en lycée et 15 en collège dans le département. Le rectorat justifie ces ajustements par la baisse démographique : 1 818 élèves en moins attendus dans le premier degré héraultais, pour une prévision de 92 690 inscrits contre 94 508 en 2025.

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray invoque un « déclin démographique vertigineux » pour expliquer ces réductions. Les syndicats rétorquent que les effectifs par classe restent trop élevés pour que la baisse d’élèves se traduise mécaniquement par des suppressions. À Montpellier, 14 classes doivent ouvrir à la rentrée prochaine contre 16 fermetures, soit un solde négatif de deux classes.

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Des communes comme Frontignan et Lunel avaient prévenu les familles en amont. Plusieurs écoles sont restées portes closes ce mardi, obligeant les parents à s’organiser en urgence pour la garde de leurs enfants.

Une semaine d’actions qui ne fait que commencer

La journée du 31 mars ne constitue que le premier volet d’une semaine de mobilisation allant jusqu’au 3 avril. Les syndicats prévoient des actions avec les parents d’élèves, les associations et les collectivités locales. L’intersyndicale dénonce des choix budgétaires « court-termistes » qui aggravent la situation d’un service public qu’elle qualifie d’« exsangue ».

Au total, 4 000 postes d’enseignants sont menacés sur l’ensemble du territoire à la rentrée 2026 : 1 891 dans le premier degré public et 1 365 dans le second degré. La mobilisation héraultaise, bien que modeste en effectifs (80 personnes devant le rectorat), reflète un mécontentement profond qui dépasse largement le cercle des manifestants. Les enseignants non grévistes expriment souvent les mêmes inquiétudes dans les salles des professeurs.

Prochaine échéance : les syndicats appellent à poursuivre les actions tout au long de la semaine. Des rassemblements sont prévus dans plusieurs villes de l’académie jusqu’au 3 avril.