Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Primes des commissaires : les policiers de Montpellier jettent leurs menottes

Menottes déposées au sol devant l'entrée d'un commissariat

Des menottes posées au sol, en tas, devant les commissariats de l’Hérault. Le syndicat Un1té a appelé les policiers du Gard, de l’Hérault, de l’Aude, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales à se rassembler devant leur service. À Montpellier comme à Béziers, c’était ce lundi 14 septembre à la mi-journée. En cause : une réforme qui revalorise les commissaires pendant que les gardiens de la paix attendent, eux, depuis des années.

Un geste symbolique devant les commissariats héraultais

Le mode d’action est le même partout. Les fonctionnaires déposent ou jettent leurs menottes devant l’entrée de leur service. Pour Un1té, ce geste traduit un ras-le-bol, pas une posture. À Montpellier, le rassemblement s’est tenu ce lundi à la mi-journée.

Le premier syndicat de la police nationale assume ce choix, que critique une organisation concurrente selon lui plus prompte à commenter la forme qu’à dénoncer le fond. Dans un tract diffusé le 10 septembre, Un1té écrit noir sur blanc que les collègues jettent leurs menottes et que ce n’est « ni une photo ni un slogan ». Une manière de recentrer le débat sur ce qui a déclenché la colère.

Une réforme des commissaires au cœur du conflit

Le point de départ se situe à Paris. Un comité social ministériel a adopté en juin des gains indiciaires que le syndicat chiffre jusqu’à 1 300 euros par mois au sommet du corps de conception et de direction, celui des commissaires de police. S’y ajoute une accélération de carrière permettant d’atteindre les plus hauts niveaux de rémunération en neuf ans.

READ  Drogue à Montpellier : 661 grammes saisis en quatre jours

Un1té affirme avoir voté contre, seul parmi les organisations représentées. Les représentants du syndicat ne contestent pas la revalorisation en elle-même. « C’est très bien pour les commissaires », concède Bruno Bartocetti, délégué du syndicat pour la zone sud. Ce qui passe mal, c’est l’argument budgétaire opposé à tous les autres corps. Bruno Mengibar, délégué départemental du syndicat dans l’Hérault, résume l’équation en une phrase : on explique aux policiers qu’il n’y a plus d’argent, sauf « pour certains, qui sont déjà les mieux payés ! ».

« Ce qui met le feu aux poudres, c’est l’indécence avec laquelle nous sommes traités »

Bruno Bartocetti, délégué Un1té pour la zone sud

Des primes sans commune mesure

L’écart se lit aussi dans les primes. Les commissaires perçoivent une prime de résultats et de performance qui peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an. Un gardien de la paix, selon Bruno Mengibar, « peut espérer au plus entre 300 et 500 euros de prime annuelle en trois ans ».

Le reste du tableau achève de nourrir l’amertume. Leur point d’indice est gelé depuis 2010, rappelle le délégué héraultais, qui ajoute qu’aucun véhicule n’a été commandé en 2025 ni en 2026. Les seuls engins neufs qui arrivent actuellement dans les services avaient été commandés avant les Jeux olympiques. Bruno Bartocetti avance de son côté le chiffre de 13 000 policiers blessés chaque année en France.

Ces fonctionnaires sont ceux qui arment les interventions du quotidien dans la métropole. Ce sont des CRS qui ont mené le 9 septembre l’opération de la cité Gély, avec 6,7 kg de cannabis et une arme longue saisis. Ce sont les enquêteurs montpelliérains qui travaillent sur la fusillade de l’Aiguelongue, où une quinzaine d’impacts de balles avaient été relevés fin août.

READ  Marche des Fiertés de Montpellier 2026 : le programme des 19 et 20 juin

Beauvau n’a rien lâché le 4 septembre

La séquence actuelle découle directement d’un rendez-vous manqué. Le 4 septembre, Laurent Nuñez recevait place Beauvau les syndicats représentatifs. Alliance, Un1té et UNSA Police en sont ressortis mécontents, faute d’avancée sur l’indemnité de sujétions spéciales de police, la fameuse prime de risque, qui n’a pas bougé depuis 2019.

« On a surtout le sentiment de sortir de là incompris », déclarait ce jour-là le secrétaire général d’Un1té, Grégory Joron. Le même midi, une centaine de policiers se rassemblaient à l’appel d’Un1té devant le commissariat de Paris Centre pour y jeter leurs menottes. Le patron d’Alliance, Fabien Vanhemelryck, réclamait de son côté un budget annuel supplémentaire compris entre 300 et 500 millions d’euros pour la police.

Nîmes, Sète et Perpignan mardi

Le calendrier occitan s’étale sur deux jours. Après Montpellier et Béziers ce lundi, des rassemblements sont prévus mardi 15 septembre du côté de Nîmes, de Sète, de Mende ou de Perpignan. Une action au Perthus, à la frontière espagnole, est également envisagée.

Cette date du 15 septembre est celle de la mobilisation nationale à laquelle Alliance a appelé ses adhérents, dans les rues de la capitale. L’UNSA Police a pour sa part fixé son propre rendez-vous au 29. Un1té, qui dit être dans l’action depuis le 16 juin, annonce aussi un boycott des instances du 17 septembre pour ses représentants des CRS, des services centraux et de l’Académie. Parmi ses revendications : hausse de l’ISSP, statut particulier pour les personnels de la police technique et scientifique, déplafonnement de la bonification de retraite.

READ  Œufs de Pâques dans les nids-de-poule : les motards de l'Hérault dénoncent l'état des routes