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Voies de tram interdites aux taxis : la colère monte à Montpellier

Le parvis et le tramway devant la gare Saint-Roch à Montpellier

Depuis le début du mois de juillet, les chauffeurs de taxi de Montpellier ne décolèrent pas. La Métropole a intensifié les contrôles sur le parvis de la gare Saint-Roch et le boulevard du Jeu de Paume, où la circulation leur est interdite. Verbalisation à la clé et une clientèle d’affaires que la profession redoute de voir filer.

Des contrôles renforcés autour de la gare Saint-Roch

La scène se répète depuis quelques jours. Sur le parvis de la gare Saint-Roch, chaque véhicule qui s’aventure sur l’espace réservé au tramway est arrêté par la police. Livreurs, ambulances et taxis passent au crible des patrouilles.

Le lieu n’a rien d’anodin. Les quatre lignes de tramway de la ville s’y croisent, ce qui en fait l’un des carrefours les plus fréquentés de la capitale héraultaise. Pour sécuriser ce nœud jugé dangereux, la Métropole a choisi de multiplier les opérations de contrôle.

Jusqu’ici, livreurs et taxis traversaient le parvis, voire y stationnaient, malgré l’interdiction. Ce temps semble révolu. Les chauffeurs assurent que cette pratique était tolérée depuis des années. La collectivité, elle, balaie l’argument.

Quatre points de permis et des courses plus chères

Pour la profession, la note peut vite grimper. Un taxi surpris sur les voies de tram s’expose à une amende et à un lourd retrait de points sur le permis de conduire.

« Si on vient à circuler à cet endroit et qu’on croise une patrouille de police, ce sera verbalisation et quatre points de permis. C’est ça qui nous dérange parce qu’on a des besoins de desserte des hôtels et des personnes à mobilité réduite qu’on ne peut pas décemment laisser descendre et terminer à pied. »

Xavier Renard, chauffeur de taxi à Montpellier

Le surcoût se répercute sur les clients. Pour rejoindre certains quartiers sans emprunter les axes désormais surveillés, il faut allonger le trajet. Xavier Renard cite l’exemple d’une course vers Grabels.

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« Pour une course de 28 à 30 euros, c’est un Monsieur qui devra payer sept à huit euros de plus », détaille le chauffeur. Un client venu voir ses parents âgés de 80 ans résume la nouvelle donne à sa façon. « Avant il y avait un accès quasiment direct à la gare, maintenant les rues sont surchargées, il y a des bouchons partout. C’est devenu très complexe. »

Les hôteliers montent au créneau

Peu après le rappel des règles, le Syndicat des Taxis Locataires a alerté les hôteliers du centre-ville. Plusieurs établissements se trouvent en zone piétonne, difficilement accessible pour un véhicule. La crainte est double : perdre du temps et perdre des clients.

« 60 % de nos chiffres d’affaires, c’est la clientèle d’affaires. On a besoin de servir cette clientèle, de la prendre ici au pied de la gare, de la déposer au pied de l’hôtel. »

Frédéric Bénito, président du Syndicat des taxis locataires de Montpellier

Du côté des professionnels de l’hébergement, l’inquiétude est la même. Camille Galtier, président du Club Hôtelier du Grand Montpellier, redoute une clientèle d’affaires qui se lasse des détours à répétition.

« À partir du moment où vous êtes défrayés pour votre déplacement, vous avez l’usage de prendre votre taxi au pied de l’hôtel pour vous rendre à votre rendez-vous, explique-t-il. S’il faut faire plusieurs tours de ville, je ne sais pas si les entreprises continueront à jouer le jeu. » Un signal d’alarme dans une ville qui mise sur le tourisme d’affaires et les congrès.

La Métropole dément toute tolérance

Interrogée, la Métropole de Montpellier tient une ligne ferme. Selon elle, il n’y a jamais eu la moindre tolérance sur le parvis de la gare et sur le boulevard du Jeu de Paume. Les contrôles ne feraient donc qu’appliquer une règle déjà en vigueur.

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La collectivité assure toutefois ne pas vouloir laisser la profession dans l’impasse. Des réunions techniques doivent se poursuivre avec les fédérations de taxi afin de trouver des solutions d’accès alternatives, notamment pour la desserte des hôtels et des personnes à mobilité réduite.

Le dossier s’ajoute à un été déjà chargé pour la mobilité montpelliéraine, entre les importants travaux sur le réseau de tramway et les tensions récurrentes autour du partage de la voirie. Après avoir été mise en cause dans un accident de trottinette à Lattes, la Métropole se retrouve une nouvelle fois sommée d’arbitrer entre sécurité et fluidité des déplacements. Les prochaines réunions diront si un compromis est possible avant la rentrée.

Le parvis de la gare Saint-Roch et le boulevard du Jeu de Paume, au cœur du conflit.