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Publicité dans les trams : la justice donne raison à TaM

Rame de tramway bleue de la ligne 1 du réseau TaM à Montpellier

Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté le référé déposé par Cityz Média contre TaM. La justice valide à ce stade l’attribution du marché publicitaire des bus et tramways de la métropole à son concurrent Metrobus. L’afficheur évincé devra aussi verser 2 000 euros à la société publique locale au titre des frais de justice.

Un premier revers judiciaire pour l’afficheur évincé

C’est TaM elle-même qui a annoncé la nouvelle dans une communication diffusée le vendredi 24 juillet. Le juge des référés du tribunal administratif de Montpellier a confirmé « la régularité de la procédure conduite » pour l’attribution de la concession publicitaire du réseau de transports de la métropole. La requête de Cityz Média est rejetée. L’entreprise est par ailleurs condamnée à verser 2 000 euros à TaM pour couvrir ses frais de procédure.

Pour l’exploitant des transports montpelliérains, cette décision vaut validation de sa méthode. La société publique locale y voit la confirmation d’un processus mené dans les règles.

« Cette décision confirme que la procédure a été conduite dans le respect du droit applicable et des règles fixées pour l’ensemble des candidats. »

TaM, communication du 24 juillet 2026

Quinze ans de contrat et 750 000 euros par an en jeu

Le dossier remonte au mois de juin. Cityz Média, anciennement Clear Channel France, exploitait les espaces publicitaires des bus et tramways montpelliérains depuis 2010. Fin juin, l’entreprise apprend par courrier que la concession passe aux mains de Metrobus. Son président Didier Quillot déplore alors d’avoir été informé six jours seulement avant l’échéance du contrat. « Nous considérons qu’il y a des irrégularités », expliquait-il dans les colonnes de Midi Libre en annonçant sa requête en référé.

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Le grief principal porte sur l’absence de second tour de négociation, une étape prévue selon lui dans les règles de consultation. Une seconde offre déposée le 11 juin n’avait pas infléchi la décision de TaM. Le dirigeant pointait aussi une redevance annuelle minimale garantie identique des deux candidats, à hauteur de 400 000 euros, pour contester les critères ayant départagé les offres.

L’enjeu financier est loin d’être anecdotique. L’exploitation des supports publicitaires du réseau représente environ 750 000 euros de chiffre d’affaires annuel. Didier Quillot évoquait également des conséquences sur l’emploi et sur les sous-traitants locaux, dont la société Affichage de la Gardonnenque.

Metrobus, un poids lourd adossé à Publicis

Le nouveau titulaire du marché n’est pas un inconnu. Créée en 1949 pour exploiter la publicité du métro parisien, Metrobus appartient au groupement Mediatransports, adossé au groupe Publicis. La régie commercialise les espaces publicitaires de la RATP et d’une cinquantaine de réseaux de transports en France. JCDecaux détient par ailleurs un tiers de son capital.

Le duel entre les deux afficheurs a des allures de revanche. En 2025, Cityz Média avait ravi à Metrobus le marché des bus d’Île-de-France, un contrat majeur du secteur. Un an plus tard, la régie parisienne reprend la main dans la capitale héraultaise. TaM a justifié son choix par un « avantage économique global » supérieur : des recettes garanties plus élevées et un meilleur partage de la valeur générée par l’exploitation des supports, au bénéfice de la collectivité.

Une bataille qui n’est pas forcément terminée

Le rejet du référé ne clôt pas définitivement le contentieux. La décision du juge valide la procédure à ce stade. Un recours au fond reste juridiquement envisageable pour l’afficheur débouté, qui n’a pas encore indiqué s’il comptait poursuivre le bras de fer.

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Pour les voyageurs, rien ne change concrètement : les publicités continueront d’habiller rames et bus au fil des campagnes. Le support ne manque pas d’attrait pour les annonceurs. La fréquentation du réseau progresse régulièrement, comme en témoigne le bilan du Bustram, qui a gagné 20 % de voyageurs en un an. Les quatre lignes de tramway et les dizaines de lignes de bus irriguent chaque jour l’ensemble de la métropole.

La décision illustre plus largement le poids de la justice administrative dans les dossiers de mobilité montpelliérains. Fin juillet, la cour administrative d’appel de Toulouse a de son côté placé le contournement ouest de Montpellier en sursis, le temps que l’État complète une étude d’impact jugée insuffisante. Les grands chantiers des déplacements de la métropole se jouent désormais autant devant les juges que sur le terrain.