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Menottée dans le tram : la vidéo qui secoue Castelnau-le-Lez

Agents de la police municipale en opération dans une rame de la ligne 2 du tramway de Montpellier

Plus de 1,5 million de vues sur Facebook en quelques jours. Une vidéo filmée le 21 juillet vers 14 h 45 dans une rame de la ligne 2 du tramway montre deux policiers municipaux de Castelnau-le-Lez menotter au sol une jeune femme qui refusait de se soumettre à un relevé d’identité. La mairie assume l’intervention et soutient son agent, blessé selon elle d’une morsure à la cuisse. Un collectif montpelliérain a saisi l’Observatoire des libertés publiques de la Ligue des droits de l’Homme.

Une interpellation filmée par les passagers

La scène se déroule à l’arrêt Notre-Dame-de-Sablassou, à Castelnau-le-Lez, dans une rame en direction de Jacou. Sur les images, un policier municipal tient déjà ses menottes à la main quand il s’approche d’une jeune femme assise. Elle répète « Vous me laissez tranquille » puis « Je n’ai rien fait ! Non je n’ai pas à sortir ». Des passagers protestent. L’une d’elles filme.

Le ton monte. L’agent tente à plusieurs reprises de saisir la passagère par le bras. Elle s’agrippe à son siège. Les policiers interprètent ce geste comme une résistance active. Suivent une clé de bras, une immobilisation sur la banquette d’en face, une première menotte au poignet, puis une mise au sol. C’est à ce moment que la jeune femme aurait mordu l’un des agents à la cuisse. La blessure n’apparaît pas clairement à l’écran. Un bilan médical l’attesterait.

Maintenue au sol en position latérale, la jeune femme hurle. L’agent s’emporte alors avec des mots devenus le symbole de la polémique : il la traite de « connasse » tout en achevant le menottage. En se relevant, il constate qu’une passagère filme. « Ben oui, vous lui faites mal ! » lui répond cette dernière, appuyée par d’autres voyageurs.

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Tout commence sur le quai de Sablassou

L’affaire débute quelques minutes plus tôt, sur le quai. Les deux agents abordent une femme au visage entièrement dissimulé pour lui rappeler l’interdiction de se couvrir le visage dans l’espace public. Assise à proximité, la jeune femme de la vidéo prend sa défense en invectivant les policiers : « Il y a des violeurs dehors et vous n’avez que ça à faire ! ».

Les agents estiment ces propos constitutifs d’un tapage injurieux. Ils lui demandent alors de justifier de son identité. Elle refuse et monte en courant dans la rame qui arrive. Les policiers l’y suivent. « Nous devons vérifier votre identité pour constater un tapage injurieux », explique l’un d’eux dans la vidéo, avant de mettre fin à la discussion : « Bon madame, c’est bon ! On va faire notre intervention ».

Relevé d’identité, menottage : ce que dit le droit

Trois textes encadrent cette intervention. Le relevé d’identité d’abord : l’article 78-6 du code de procédure pénale autorise un policier municipal à demander à une personne de justifier de son identité quand il constate personnellement une infraction qu’il est habilité à verbaliser. En cas de refus, l’agent doit en rendre compte à un officier de police judiciaire, qui peut ordonner de lui présenter la personne sur-le-champ.

Le tapage injurieux ensuite : cette contravention de 3e classe, prévue par l’article R. 623-2 du code pénal, est punie d’une amende pouvant atteindre 450 euros. Le menottage enfin : l’article 803 du code de procédure pénale ne l’autorise que si la personne est considérée comme dangereuse pour elle-même ou pour autrui, voire susceptible de prendre la fuite. C’est précisément sur ce point que se concentrent les critiques, la jeune femme étant restée assise durant l’essentiel de l’échange.

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La suite s’est jouée rapidement : la passagère a été présentée à un officier de police judiciaire dès 15 h 10, soit moins d’une demi-heure après les faits. Pour la morsure reprochée, elle s’expose à des poursuites pour violences sur un agent dépositaire de l’autorité publique, un délit passible de plusieurs années d’emprisonnement.

Le maire de Castelnau-le-Lez soutient son agent

Face à la viralité des images, la commune n’a pas tardé à réagir. Julien Miro, le maire de Castelnau-le-Lez, dont les premières semaines de mandat sont marquées par un discours de fermeté, assume totalement l’intervention de sa police municipale.

« Je soutiens pleinement mon agent qui est intervenu pour faire respecter la loi et a été mordu à la cuisse durant l’intervention. Le respect des forces de l’ordre n’est pas négociable. »

Julien Miro, maire de Castelnau-le-Lez

Les autorités assurent que l’usage de la force était « strictement nécessaire et proportionné » face au refus répété de la passagère. La présence des agents dans les rames n’a rien d’exceptionnel : la police municipale castelnauvienne mène régulièrement des opérations de sécurisation sur la ligne 2 entre les stations Charles-de-Gaulle et Sablassou, pour faire respecter le règlement de TaM et prévenir les incivilités. La commune a musclé son dispositif ces derniers mois avec une brigade de nuit et un réseau de 113 caméras de vidéoprotection.

Un collectif saisit la Ligue des droits de l’Homme

La polémique dépasse désormais Castelnau-le-Lez. Le collectif Cause Commune Montpellier, qui a relayé la vidéo, demande des explications à la collectivité tout en se gardant de conclure sur ce qui a précédé les images.

« Filmer la police est un droit, c’est aussi par ces images que s’exerce le contrôle citoyen. La police municipale doit rendre des comptes comme toute institution investie d’un pouvoir sur les citoyens. »

Cause Commune Montpellier, collectif citoyen

Le collectif a saisi l’Observatoire montpelliérain des libertés publiques et des pratiques policières, adossé à la Ligue des droits de l’Homme. Il rapproche cette séquence d’une autre polémique récente dans la métropole : celle d’une brigade de sécurité privée mandatée par la Métropole, filmée lors d’une interpellation musclée dans le quartier de l’Aiguelongue.

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La vidéo de l’interpellation, relayée par le collectif Cause Commune Montpellier sur Facebook

Reste la question judiciaire. L’appréciation du caractère injurieux des propos tenus sur le quai comme celle de la proportionnalité du menottage reviendront le cas échéant aux magistrats. Dans les rames de la ligne 2, où TaM fait déjà parler d’elle sur d’autres dossiers, les usagers garderont en tête ces images qui continuent de circuler massivement sur les réseaux sociaux.