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Grippe A et Covid : un foyer après la fête de Mauguio

Les arènes de Mauguio, théâtre des courses camarguaises de la fête votive

Vingt-cinq tests respiratoires écoulés en trois jours dans un seul cabinet. À Mauguio, un médecin généraliste constate depuis le milieu de la semaine une vague de grippe A et de Covid chez des patients qui sortaient presque tous de la fête votive. Un épisode inattendu en plein mois d’août, à dix jours de la rentrée scolaire.

Une boîte de tests vidée en trois jours

Le Dr Philippe Rouquette a repris ses consultations mercredi, au retour de ses congés. Il n’a pas mis longtemps à repérer que quelque chose clochait. Courbatures, fièvre grimpant parfois jusqu’à 40 °C, fatigue massive, toux : les mêmes signes revenaient de patient en patient, avec une installation brutale.

En trois jours, le praticien a utilisé la totalité d’une boîte de vingt-cinq tests combinés, qui dépistent d’un coup la grippe A, la grippe B et le Covid. Un rythme qu’il juge sans rapport avec ce qu’on observe habituellement au mois d’août.

« Depuis que je suis rentré de vacances, mercredi, je vois beaucoup de patients qui ont des symptômes de grippe A ou de Covid. »

Philippe Rouquette, médecin généraliste à Mauguio, dans Midi Libre

Le signal se lit aussi au comptoir des pharmacies de la commune, où des clients se présentent masqués et où les ventes d’autotests repartent. Rien d’affolant à ce stade : aucune hospitalisation n’a été signalée et la prise en charge reste classique, entre repos, paracétamol et sirop contre la toux. Les personnes vaccinées contre la grippe lors de la campagne de l’hiver dernier sont en principe protégées.

Neuf jours de fête votive, puis les symptômes

Le point commun de la plupart des malades saute aux yeux : ils ont fréquenté la fête votive de Mauguio ou côtoyé quelqu’un qui y était. La manifestation s’est tenue du 8 au 16 août, soit neuf jours d’abrivado, de bandido, de courses camarguaises, de défilés et de bals dans les rues de cette commune de 16 522 habitants, voisine de Montpellier. La municipalité avait bâti une édition dense, avec une journée à l’ancienne le 10 août, un déjeuner au pré et une soirée de clôture inédite le dimanche 16.

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Course camarguaise dans les arènes de Mauguio le 13 août 2026, pendant la fête votive (TorilTV)

Le scénario de transmission raconté par les patients est limpide. Un Melgorien de 25 ans, aujourd’hui installé au nord de Montpellier, a fait la fête le vendredi et le samedi soir. Les premiers symptômes sont apparus le mardi suivant et l’ont cloué au lit deux jours pleins. Sa mère, qui n’avait pas mis un pied aux festivités, s’est contentée de croiser son fils ce même mardi : elle a été rattrapée par la fièvre le vendredi.

Rien d’étonnant sur le plan épidémiologique. Une fête de rue concentre pendant plusieurs soirées des milliers de personnes en contact rapproché, souvent tard dans la nuit, dans des conditions idéales pour la circulation de virus respiratoires. La chaîne se prolonge ensuite dans les familles, une fois les festivités terminées.

Localisation : Mauguio, à une douzaine de kilomètres à l’est de Montpellier

Des indicateurs nationaux pourtant au plus bas

Ce foyer local détonne avec le tableau d’ensemble. Dans son bulletin hebdomadaire portant sur la semaine du 10 au 16 août, le réseau Sentinelles estime le taux d’incidence des infections respiratoires aiguës à 32 cas pour 100 000 habitants en France hexagonale. Un niveau stable et même inférieur à ce qu’on relève d’ordinaire à cette période de l’année.

La part attribuée au Covid en médecine de ville est plus basse encore, à 2 cas pour 100 000 habitants. Les régions où l’activité est la plus soutenue sont la Bretagne, Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. L’Occitanie ne figure pas dans cette liste.

Cet écart entre le terrain et les statistiques n’a rien de contradictoire. Les réseaux de surveillance reposent sur des médecins volontaires dont beaucoup sont en congés au mois d’août. Une bouffée de cas circonscrite à une commune de 16 000 habitants se dissout aussi dans une moyenne régionale. Un foyer post-festif ne fait pas une épidémie. Il se voit en revanche très bien depuis un cabinet.

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Ce que cela change à dix jours de la rentrée

Le calendrier donne à cet épisode une résonance particulière. Les élèves de l’académie de Montpellier reprennent le chemin des classes le mardi 1er septembre. D’ici là, les fêtes votives se succèdent dans les villages de l’Hérault. Les virus attrapés pendant l’été circulent ensuite dans les salles de classe et les bureaux.

Les réflexes tiennent en peu de choses : rester chez soi tant que la fièvre dure, se laver les mains, porter un masque en présence de personnes fragiles et tester en cas de doute plutôt que de mettre la fatigue sur le compte des excès de la semaine. Pour les plus de 65 ans et les personnes immunodéprimées, un rappel vaccinal reste possible auprès du médecin traitant ou du pharmacien.

Cet épisode rappelle enfin que l’été héraultais n’est pas une parenthèse sanitaire. La métropole avait déjà connu cette année un cas autochtone de dengue à Sète, tandis que les nuits tropicales à répétition pèsent sur les organismes fragiles. La surveillance renforcée des virus respiratoires, elle, ne reprendra qu’à l’automne.