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Patrick Bruel au Zénith Sud : Delafosse veut l’annulation

Façade du Zénith Sud de Montpellier, salle exploitée par Montpellier Events

Le maire de Montpellier ne veut pas voir Patrick Bruel sur scène dans sa ville. Dans un message publié vendredi 21 août sur X, Michaël Delafosse a estimé que le chanteur, visé par 32 plaintes pour des faits de violences sexuelles, n’était « pas le bienvenu » à Montpellier. Son concert du 29 octobre au Zénith Sud figure pourtant toujours à l’affiche de la salle, places en vente.

Une prise de parole que le maire avait jusqu’ici évitée

La formule est sans ambiguïté. « Je le dis clairement : il n’est pas le bienvenu à Montpellier ; nous sommes du côté des femmes qui courageusement prennent la parole », a écrit l’édile socialiste sur son compte X. Le message a été publié quarante-huit heures après la révélation du maintien de la tournée d’automne du chanteur.

Michaël Delafosse encadre son propos d’une précaution juridique explicite. Il rappelle qu’il revient à la justice de trancher, avant de qualifier les faits décrits par les plaignantes.

« S’il appartient à la justice, dans le respect des droits de la défense, de déterminer les suites des plaintes déposées à l’encontre de Patrick Bruel, les paroles des femmes qui ont déposé plainte doivent être entendues. Elles relatent un comportement de prédateur sexuel, faisant de lui un véritable docteur Jekyll et mister Hyde. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole

C’est la première fois que le maire s’exprime personnellement sur le sujet. En mai dernier, quand il demandait déjà la suspension de la tournée, la position avait été transmise à la presse par son entourage sans qu’il ne prenne la parole lui-même.

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Au Zénith Sud, la date du 29 octobre est toujours en vente

Le concert est programmé à 20 heures, dans une salle de 6 300 places située à cinq minutes du centre-ville. Sur le site officiel de l’équipement, la fiche de l’événement « Alors regarde 35 » reste accessible ce samedi soir, avec un tarif affiché de 55 à 89 euros et un lien de réservation actif.

La comparaison avec le reste de la programmation est parlante. Deux spectacles d’octobre, celui de la chanteuse NEJ’ le 17 et la comédie musicale « Grease is the Word » le 18, portent la mention « ANNULÉ » assortie des modalités de remboursement. Rien de tel sur la page du chanteur, dont le texte de présentation invite toujours le public à « quelques soirées exceptionnelles dès l’automne 2026 ».

La situation montpelliéraine se distingue de celle de Chartres sur un point. Le Zénith Sud et le Corum sont exploités par Montpellier Events, une société d’économie mixte au capital de 15,8 millions d’euros dont le siège se trouve au Corum, qui gère ces deux équipements pour le compte de la Métropole. Or Michaël Delafosse préside cette même Métropole depuis juillet 2020, en plus de son mandat de maire.

Une quinzaine de maires ont déjà pris position

Montpellier n’ouvre pas le bal. À Chartres, où la tournée doit démarrer le 2 octobre, le maire divers droite Ladislas Vergne a déclaré jeudi sur RTL qu’il était « hors de question » d’accueillir l’artiste, en précisant qu’aucun contrat n’avait été signé ni aucun argent versé par la commune.

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Son homologue de Caen, Aristide Olivier, juge dans un communiqué que le chanteur « aurait dû, de sa propre initiative et en responsabilité, décider de suspendre ou d’annuler sa tournée dans l’attente du jugement ». À Tours, l’écologiste Emmanuel Denis réclame l’annulation de la date prévue tout en assurant respecter la présomption d’innocence.

Le mouvement remonte au printemps. Une quinzaine de communes, de la capitale à Marseille en passant par Lyon, Nantes, Lille, Reims, Brest, Amiens, Nancy, Laval, Toulon et Saint-Étienne, avaient réclamé dès mai que l’artiste et ses producteurs renoncent à la tournée. Le chanteur avait alors rayé de son calendrier les dates de juin à septembre. Les 35 concerts programmés entre le 2 octobre et le 21 novembre dans 32 villes tiennent toujours.

Où en est le dossier judiciaire

Le compteur s’établit à 32 plaintes. Les faits dénoncés vont du harcèlement sexuel au viol, avec des qualifications intermédiaires d’agression sexuelle et de tentative de viol. Quatre de ces procédures ont débouché sur une mise en examen du chanteur de 67 ans. Dans quatre autres, il relève du statut intermédiaire de témoin assisté.

Le juge a allégé son contrôle judiciaire fin juillet, à la demande de la défense, en levant l’interdiction de quitter la France. Le parquet a contesté cette décision devant la cour d’appel. Une avocate qui représente plusieurs plaignantes, Me Myriam Guedj-Benayoun, a annoncé mercredi qu’une plainte supplémentaire venait d’être déposée. Le chanteur conteste en bloc les accusations depuis les premières révélations et reste présumé innocent.

Les associations féministes locales saluent un soutien tardif

À Montpellier, la sortie du maire reçoit un accueil favorable teinté de réserve. Interrogée par France 3 Occitanie, Vigdis Morisse-Herrera, présidente de l’association « Les Tricoteuses Hystériques », note que ce silence prolongé signifie que le sujet n’était « peut-être pas une priorité » pour l’élu, tout en approuvant sa position.

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Le débat dépasse largement l’Hérault. Vendredi, David Pelicot, fils de Gisèle Pelicot, a publié sur Instagram un texte interpellant les hommes restés silencieux, des fans de la première heure aux professionnels de l’industrie musicale. Sa mère avait été longuement ovationnée à la Comédie du Livre de Montpellier en mai. Une pétition réclamant l’annulation de la tournée, lancée à la mi-avril par des collectifs féministes, dépasse désormais 61 000 signatures.

Reste une inconnue. Ni Montpellier Events ni le producteur du spectacle n’ont communiqué sur les suites données à la déclaration du maire. À deux mois de la date, le sort du concert du 29 octobre dépend d’eux.