Trois syndicats d’hôtesses et stewards d’easyJet ont déposé un préavis de grève courant du 7 août au 2 septembre. À Montpellier, quatre lignes de la compagnie orange peuvent être touchées, à commencer par la liaison quotidienne vers Londres-Gatwick. Aucune date de mobilisation n’est encore arrêtée.
Un préavis ouvert sur près d’un mois
Les syndicats SNPNC-FO, UNAC-CFE-CGC et UNPNC-CFDT ont annoncé mardi 4 août le dépôt d’un préavis commun. Le texte couvre l’ensemble des personnels navigants commerciaux d’easyJet France, toutes bases confondues, du 7 août à 00h01 au 2 septembre à 23h59.
« Le préavis est volontairement ouvert afin de couvrir l’ensemble de la période », précisent les trois organisations dans leur communiqué commun. Aucune journée de débrayage n’y figure. La loi du 19 mars 2012 impose aux navigants de déclarer leur intention de faire grève quarante-huit heures avant le départ, si bien que les « dates clés » seront annoncées dans ce délai seulement.
Le dépôt intervient après l’échec d’une réunion de la dernière chance avec la direction, le 23 juillet. Une première alerte sociale, lancée le 24 juillet, avait été suspendue quelques jours en raison des incendies de Gironde pour ne pas gêner les retours de vacances des sinistrés.
Quatre lignes easyJet au départ de Montpellier
La compagnie britannique occupe une place solide sur la plateforme héraultaise. Elle y exploite cet été quatre destinations directes :
- Londres-Gatwick, toute l’année, jusqu’à trois vols par jour en pointe estivale
- Bâle-Mulhouse, toute l’année
- Palma de Majorque, de mars à octobre
- Manchester, de mars à octobre, ligne inaugurée le 30 mars et absente du programme montpelliérain depuis 2011
Sur le mois en cours, les programmes de vols publiés créditent easyJet d’une soixantaine de départs de Montpellier. Cela en fait le quatrième transporteur de l’aéroport derrière Transavia, Air France et Volotea. La compagnie ne fait toutefois pas figurer Montpellier parmi ses bases françaises, implantées notamment à Paris, Lyon et Nice. Le préavis vise pourtant l’ensemble des navigants d’easyJet France, toutes bases confondues. easyJet emploie 1 800 salariés en France et a fermé sa base de Toulouse en avril 2025.
Le contexte local ajoute à la sensibilité du dossier. Montpellier-Méditerranée a accueilli 1 686 000 passagers en 2025, soit un recul de 6,1 % sur un an, avant de miser sur un programme estival record de 39 destinations pour se refaire une santé. La plateforme table aussi sur sa zone d’activités Aéropole, qui vise 2 000 emplois à terme. Un mois de perturbations tomberait au pire moment de la saison.
Des plannings au cœur du conflit
Les représentants du personnel dénoncent « l’instabilité chronique des plannings, les changements de dernière minute, les trippings imposés », ces enchaînements de vols sur plusieurs jours vers d’autres bases européennes, ainsi que des rotations jugées particulièrement pénalisantes. Ils alertent la direction « depuis près d’un an » sans obtenir de réponse « concrète et engageante ».
« La situation est inédite. Les gens n’ont aucun planning fixe. Ils sont changés pour à peu près tout et n’importe quoi, ils sont envoyés aux quatre coins de l’Europe. »
William Bourdon, secrétaire de section SNPNC-FO chez easyJet
Les revendications sont chiffrées. Les syndicats réclament un plafond de trois changements de planning par mois et par salarié, l’arrêt des trippings sans accord explicite de l’intéressé, une prime spécifique sur les vols de nuit et une révision des procédures à bord. Ils se disent prêts à lever le préavis si la direction bouge.
La compagnie propose, le syndicat démonte
easyJet se dit « profondément déçue » de ce préavis, « malgré les mesures que nous avons proposées pour répondre à leurs préoccupations ». La direction rappelle que des négociations sont déjà programmées en septembre et appelle les syndicats à renoncer à un mouvement « contre-productif en cette période particulièrement importante de l’année pour nos passagers ».
Le SNPNC-FO a détaillé ces propositions dans un communiqué publié le 5 août : création d’un poste de Crew Roster Support Partner, préférences volontaires entre courts et longs trajets, réduction « dans la mesure du possible » des transitions matin-soir, extension des échanges de rotations, support managérial le week-end, boîte mail dédiée et forum bimensuel. Le syndicat n’en retient qu’une seule comme une avancée réelle, le poste dédié aux plannings. Il qualifie le reste de « mesurettes ».
Reste à mesurer la portée réelle du mouvement. Le précédent appel à la grève chez easyJet, lancé pour le lundi de Pâques en avril, avait eu des conséquences très limitées sur le trafic.
Vos droits si votre vol est annulé
Un vol au départ de France relève du règlement européen sur les droits des passagers, quelle que soit la compagnie. Point décisif ici : selon la fiche officielle de Service-Public, l’indemnisation ne peut être refusée qu’en cas de grève de personnels extérieurs à la compagnie, les contrôleurs aériens par exemple. Une grève des salariés du transporteur lui-même n’ouvre donc pas de porte de sortie.
Le barème démarre à 250 € pour les vols de 1 500 km ou moins. Les quatre lignes easyJet de Montpellier passent toutes sous ce seuil, de Palma (460 km) à Manchester (1 180 km) en passant par Bâle-Mulhouse (525 km) et Gatwick (900 km). L’indemnité tombe si la compagnie prévient au moins deux semaines avant le départ, hypothèse peu probable avec des dates de grève dévoilées quarante-huit heures à l’avance.
En cas d’annulation, la compagnie doit proposer un réacheminement ou rembourser le billet sous sept jours, au choix du passager. Elle doit aussi prendre en charge repas, communications puis hôtel si le départ est reporté au lendemain. En cas de refus, le médiateur Tourisme et Voyage puis la Direction générale de l’aviation civile peuvent être saisis. Les voyageurs concernés ont intérêt à surveiller leurs mails et l’application de la compagnie dès le 7 août, puis à vérifier l’état de leur vol la veille du départ.















